France

Après l'attaque de Nice, tristesse partout, unité nulle part

Temps de lecture : 3 min

Si la gauche insiste surtout sur la résistance des Français face au terrorisme, des élus de droite, Alain Juppé en tête, estiment déjà que l'attaque aurait dû être évitée.

Montage Slate.fr d'après Twitter
Montage Slate.fr d'après Twitter

La tristesse partout, mais l'unité nulle part. Les réactions de la classe politique française à l'attaque qui a fait au moins 84 morts sur la promenade des Anglais à Nice, jeudi 14 juillet, reflètent un paysage politique fracturé, qui fait dire au blogueur Abou Djaffar que «l’hystérie qui s’est emparée d’une partie de la classe politique ce matin se passe de commentaires» ou à l'AFP que les politiques se sont livrés à une véritable «surenchère».

Les premières réactions du gouvernement, en plus du deuil, ont particulièrement mis l'accent sur la force ou la résistance des Français face aux attentats.

Anne Hidalgo, la maire de Paris, évoque sans surprise une solidarité toute particulière en souvenir des attentats du 13 novembre dernier.

Plusieurs personnalités politiques qui ne font plus partie du gouvernement, comme Christiane Taubira, ou sont dans l'opposition, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, évoquent également une France forte, elle qui a pourtant subi trois vagues d'attentats meurtriers en un an.

Outre l'expression d'un deuil profond, plusieurs politiques n'hésitent pas à parler «d'attentats islamistes» et de «radicalisation», alors même que la tuerie n'a pas été revendiquée –et ne l'est toujours pas à l'heure où nous écrivons ces lignes. François Hollande a lui parlé dans son intervention de «menace du terrorisme islamiste» pesant sur la France, sans attribuer explicitement l'attaque à cette mouvance. Nicolas Sarkozy, son adversaire au second tour de 2012, a été plus explicite, estimant qu'«au travers de Nice, c'est la France qui a été directement visée hier soir par le terrorisme islamiste». Marine Le Pen a elle pointé «le fondamentalisme islamiste».

L'attentat de Nice est devenu très rapidement une affaire politique, avec une avalanche d'attaques à mots plus ou moins couverts et de récupérations politiques. Le président de la région Paca et ancien maire de Nice, Christian Estrosi, regrette ainsi que François Hollande ait annoncé «la levée de l'état d'urgence» pour le rétablir après la tuerie. Il accuse également le président de la République d'être resté sourd à ses demandes répétées de renforts policiers. Le maire RBM de Béziers, Robert Ménard, affirme même faussement que la levée d'urgence et l'attentat ont eu lieu le même jour.

De son côté, Eric Ciotti, président du conseil général des Alpes-Maritimes et député LR, a appelé au micro de France Info à la mise en place un état d'urgence permanent et à l'utilisation par la France d'«armes de guerre». Sur le même créneau, on retrouve Henri Guaino, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l'Elysée et député des Yvelines, pour qui il suffit de «mettre à l'entrée de la promenade des Anglais un militaire avec un lance-roquette et puis il arrêtera le camion de 15 tonnes, voilà c'est tout!» Même Alain Juppé, favori de la primaire à droite de novembre, a estimé sur RTL que «si tous les moyens avaient été pris», l'attentat «n'aurait pas eu lieu».

La gauche, le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, en tête, n'a d'ailleurs pas manqué de réagir en manifestant son dégoût envers les «récupérations politiques».

Camille Malnory Journaliste

Newsletters

Retrait des voyageurs

Retrait des voyageurs

Site classé

Site classé

Jacques Chirac, l'homme qui n'assumait pas d'être de droite

Jacques Chirac, l'homme qui n'assumait pas d'être de droite

On a voulu faire passer l'ancien président pour un radical de Corrèze mais son inconscient est de droite. Pour le meilleur et pour le pire.

Newsletters