Monde

Proche de Trump, Newt Gingrich veut expulser les musulmans «qui croient en la charia»

Temps de lecture : 2 min

Après l'attentat à Nice, l'ancien speaker a annoncé qu'il faudrait tester tous les musulmans pour voir s'ils croient «en la charia».

John Sommers II / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
John Sommers II / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Après l'attentat du 14 juillet à Nice, le candidat républicain Donald Trump a repris ses critiques habituelles en cas d'attaque terroriste: il a accusé Hillary Clinton d'avoir «créé Daech avec sa stratégie stupide» au Département d'État, et accusé Barack Obama d'accueillir trop de réfugiés syriens potentiellement terroristes.

Il a notamment déclaré sur Fox News qu'il serait «très extrême en matière de contrôle des papiers», et qu'il n'accepterait personne venant de «nations terroristes», une idée floue dans la mesure où de nombreux terroristes viennent de pays comme la France, la Belgique ou la Tunisie, pas nécessairement la Syrie ou l'Irak.

Mais le commentaire le plus controversé de l'après attentat est venu de Newt Gingrich, un ancien speaker républicain de la Chambre des représentants qui était sur la liste potentielle des vice-présidents de Trump. Il a déclaré sur Fox News:

«La civilisation occidentale est en guerre. Franchement, on devrait tester chaque personne ici qui est d'origine musulmane. S'ils croient en la charia, ils devraient être expulsés.»

Une telle loi serait incompatible avec la constitution américaine qui interdit le fait de discriminer les gens en fonction de leur religion.

Gingrich a aussi suggéré, comme l'avait déjà fait Trump, que toutes les mosquées américaines soient surveillées, et que le fait de regarder un site pro-Daech ou pro-terroriste devienne passible de prison.

Amalgame

L'autre problème avec la déclaration de l'ancien speaker sur la charia, c'est qu'elle révèle qu'il ne comprend pas vraiment ce que ce mot veut dire. Comme le précide Jeffrey Goldberg dans The Atlantic:

«Parmi les pays qui combattent Daech, il y a plusieurs pays majoritairement musulmans, dont certains sont gouvernés par la loi islamique [la charia]».

Dire qu'il faut expulser les musulmans qui «croient en la charia» est absurde dans la mesure où il existe plusieurs interprétations de la charia, certaines fondamentalistes, certaines plus progressistes. Mais chez de nombreux républicains aux États-Unis, «charia» est simplement devenu synonyme d'islamisme et de terrorisme. Ce manque de nuance est contre-productif, explique Jeffrey Goldberg:

«Attaquer la charia de manière si générale revient à insulter les musulmans qui ne soutiennent pas Daech et qui sont dégoûtés par le terrorisme djihadiste.»

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