France

«Des attaques, il y en aura d’autres, durant l’Euro 2016, le 14-Juillet, le Tour de France...»

Temps de lecture : 2 min

Un mois avant l'attentat de Nice, l'expert militaire Michel Goya estimait que la France n'a pas fait grand-chose pour prévenir de nouvelles attaques.

La police scientifique évacue un corps sur la promenade des Anglais, le 15 juillet 2016, après l'attentat terroriste commis à Nice. BORIS HORVAT / AFP.
La police scientifique évacue un corps sur la promenade des Anglais, le 15 juillet 2016, après l'attentat terroriste commis à Nice. BORIS HORVAT / AFP.

«Qu’avons-nous fait et que faisons-nous vraiment pour vaincre l’ennemi? La réponse est simple: rien ou pas grand-chose.» Tels étaient les propos tenus sur son blog le 16 juin, un mois avant l'attaque au camion qui a fait au moins 84 morts lors du feu d'artifice du 14-Juillet à Nice, par Michel Goya, colonel à la retraite, ancien directeur de recherches à l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire (IRSEM) et docteur en histoire contemporaine:

«[La France] est visiblement une cible facile, coincée entre le souci de ne pas créer de dissensions internes en pointant le caractère "islamique" de l’ennemi, de ne pas fâcher les amis, parfois personnels, des pétromonarchies, l’absence totale de vision et d’autorité de ses gouvernants et la faiblesse, pour de multiples raisons internes ou budgétaires, des instruments à leur disposition pour protéger les Français et châtier leurs ennemis. Ce n’est pas l’Etat d’urgence qu’il fallait déclarer mais l’urgence d’un Etat.»

Il critiquait une réaction politique qui s'est bornée selon lui à «un Etat d’urgence permanent, une succession de lois dont certaines assez étranges et de beaux discours» et se demandait si le «ministère [de l'Intérieur] est même adaptable tant il paraît rigide et incapable d’accepter la critique». Avant de conclure:

«Des attaques, il y en aura d’autres et des très violentes, durant l’Euro 2016, le 14 juillet, le tour de France ou rien de tout cela car c’est trop évident. On ne pourra de toute façon pas protéger tout le monde et on ne pourra protéger, la preuve encore hier, tous les protecteurs.»

Fin octobre 2015, le même Michel Goya avait publié un post intitulé «Le jour après la grande attaque», où il expliquait que des attaques terroristes de grande ampleur pourraient prendre «la forme d’un commando venu de Libye éclatant en cellules autonomes de massacre au cœur de Marseille ou d’une équipe de snipers frappant les foules parisiennes une nuit du nouvel an… ou tout autre procédé pourvu qu’il soit stupéfiant».

En mars 2016, le même, après les attaques terroristes survenues à Bruxelles, estimait que «nous sommes dans la position du grand mou qui prend des gifles de la part des petites frappes de la cour d’école, ne fait rien mais promet à chaque fois, avec ses voisins tout aussi mous, que c’est la dernière.»

Dans une tribune publiée sur le Figaro la veille du 14-Juillet, il pointait que les soldats français avaient fait l'objet d'un très fort, et discutable, engagement dans la lutte contre le terrorisme sur le sol hexagonal:

«Comme, lorsqu'on ne sait pas quoi faire en France, on peut toujours montrer des soldats, on les a engagés par milliers, non pas sur l'ennemi mais dans les rues de France, comme s'il s'agissait de policiers. Cette opération, dévastatrice pour les capacités de nos armées, a au moins le mérite de montrer nos soldats.»

Newsletters

Avec Monique Villemin, un personnage-clé de l'affaire Grégory disparaît

Avec Monique Villemin, un personnage-clé de l'affaire Grégory disparaît

La grand-mère du petit garçon est décédée le 19 avril à l'âge de 88 ans. A-t-elle emporté le secret dans sa tombe?

Ensemble

Ensemble

Lentement mais sûrement pas

Lentement mais sûrement pas

Newsletters