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Jean-François Copé: Dédramatisons l'école

L'Education nationale, c'est le premier poste du budget de l'Etat, le premier employeur de France. Et surtout la première des priorités pour l'avenir de millions d'enfants et pour leurs parents. Et pourtant, à part lors de polémiques ponctuelles, comme celle déclenchée il y a quelques jours au sujet de la lutte contre l'absentéisme dans les lycées professionnels, on parle très rarement de l'école dans les débats politiques. Pourquoi? Parce que le sujet est souvent monopolisé par des spécialistes qui s'étonnent que les Français aient leur mot à dire sur ce thème.

Je suis sûr qu'à l'Assemblée nationale, la création d'une Commission des affaires culturelles et de l'éducation, présidée par Michelle Tabarot, va nous permettre d'aborder plus régulièrement les enjeux de l'école dans le débat parlementaire, notamment grâce à une meilleure évaluation sur le terrain des réformes qui sont lancées depuis Paris. Pour ma part, avec GénérationFrance.fr, je veux faire de l'école un sujet central du débat politique dans les prochaines années.

Je ne crois pas au «grand soir» de l'Education nationale, à la réforme qui changera tout du jour au lendemain. L'école, c'est le lieu de la transmission: par définition, il ne peut pas y avoir une rupture brutale, dans toutes les classes de toutes les établissements de France! C'est progressivement, établissement par établissement, que doit évoluer l'école. Il y a déjà eu la réforme du primaire, pour mettre l'accent sur les savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter. Luc Chatel vient de lancer la réforme des lycées. Il faut poursuivre cette avancée progressive, qui ne dépendra pas de moyens supplémentaires, mais de la confiance qu'on accordera aux équipes enseignantes, aux responsables d'établissements, aux recteurs... et bien sûr aux élèves.

A mon sens, une des priorités est de faire de l'école un lieu d'apprentissage de la confiance en soi. Aujourd'hui, l'école est surtout faite pour les bons élèves, par des anciens bons élèves. A l'école, on parle beaucoup de diplômes et de sanctions. C'est nécessaire. Mais on ne parle pas assez de métiers et de passions. Quand un enfant décroche dans les matières académiques, il est tout de suite pris dans une spirale négative et se sent alors déconsidéré. Or, chaque enfant a des qualités que l'école peut valoriser, sans baisser les exigences sur le socle fondamental des apprentissages.

Il n'y a pas qu'un seul modèle de réussite! Aux Etats-Unis, le niveau n'est pas meilleur qu'en France mais, au moins, les élèves apprennent à avoir confiance en eux: c'est un atout qui sert ensuite toute la vie et dans toutes les situations! Il faut progressivement faire évoluer les méthodes pédagogiques pour créer des dynamiques qui mettent les élèves en confiance. En donnant plus de place au travail en équipe, à l'expression orale, à la prise d'initiatives sur des projets!

Je crois qu'en «dédramatisant» l'école, on changera la perception du travail dans notre pays, afin qu'il soit davantage perçu comme un moyen d'accomplissement. Il faut aussi continuer les aménagements pour mettre fin au dogme du collègue unique. Aujourd'hui, il y a déjà des sections «sports-études» pour ceux qui ont une passion pour un sport. Il y a aussi des aménagements possibles pour ceux qui ont une fibre artistique, danse ou musique. Quid de ceux qui ont une passion pour une profession ou un métier. Pourquoi ne pas créer des sections «professions-études»?

Autre priorité: il faut une école plus ouverte sur l'international, sur l'économie et le monde professionnel, sur le numérique. On entend souvent crier au crime contre la langue française dès qu'on parle de faire de l'anglais une priorité. Mais dans notre monde globalisé, parler anglais couramment, ce n'est plus une option, c'est une nécessité. Au-delà de l'indispensable maîtrise de l'anglais, l'école doit aussi s'ouvrir à l'apprentissage d'autres langues d'avenir, le chinois ou l'arabe, comme je l'avais déjà proposé sur Slate.

L'école doit aussi mieux préparer l'avenir professionnel de nos enfants. Par forcément en leur apprenant un métier dès le plus jeune âge mais en leur donnant des perspectives sur le monde qui les attend après l'école... A cet égard, une refonte complète de l'enseignement de l'économie est indispensable, pour que les jeunes Français en acquièrent une vision réaliste et qu'ils ne soient pas systématiquement dans une attitude de méfiance à l'égard de l'entreprise.

L'école doit enfin s'ouvrir davantage sur le numérique. L'école de demain, c'est un poste d'ordinateur par élève, au collège et au lycée, pour profiter des possibilités offertes par le numérique: e-learning, cartables électroniques, simulations pour les cours de géographie ou de sciences..., mise en place d'échanges via Internet entre e-correspondants, lycéens français et étrangers.

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Comments

d'accord mais!

Pour une fois je vais complétement dans votre sens mais avant de se lancer ENCORE dans une commission, les députés doivent demander à la cour des comptes un AUDIT sur l'EN.
Rappel:
- Vous voulez la loi sur l'égalité des femmes dans les CA des entreprises et oui ce que vous n'arrivez pas à faire chez les politiques, vous l'imposez chez les autres, il est vrai que politique et contradiction ne font qu'un
- Concernant le vote sur la taxe de 10% aux banques, vous avez vite descendu les escaliers de l'assemblée pour ne pas répondre aux journalistes sur la TRES MAUVAISE EXCUSE DE M. J.F LAMOUR, au fait ce n'est pas vous qui avez écrit pas de langue de bois?
M. Coppé pour 2017 et pourquoi pas 2012 il va falloir que vous soyez plus crédible c'est à dire moins politico-politicar.
L'affaire Epad montre que les français n'acceptent pas tout et surtout les "embrouilles"
Bonne soirée

MAYOMBE

The marvellous world of… JFC !

« Pourquoi ne pas créer des sections «professions-études» ? »
C’est ce que sont sensés être les centres d’apprentissages…Il ne suffit pas de changer le nom, encore faudrait il arrêter de dévaloriser ces filières comme étant des voies de garages pour d’indécrottables crétins !

Combien d’entreprises ont une démarche de prospection et de parrainage d’élèves dans des sections spécialisées à l’école ?

Elles préfèrent le plus souvent attendre que des élèves cherchant un stage d’apprentissage viennent frapper à leur porte, car pensent elles : celui qui vient est celui qui en veut le plus.
Cependant certains élèves ne franchiront jamais leur porte, uniquement parce qu’ils ignorent jusqu'à leur existence, ce qui dans le cas contraire aurait pu changer l’existence de certains élèves.
.

« Mais dans notre monde globalisé, parler anglais couramment, ce n'est plus une option, c'est une nécessité. »
Vous avez raison Mr Copé, pour les maçons, les charpentiers, les forgerons, les bouchers, les boulangers, les égoutiers l’anglais est une nécessité, tout comme le chinois pour les mécaniciens et la langue de bois… pour les politiciens!

Le numérique.., doit rester une possibilité offerte par l’école, non une obligation tout comme devrait l’être les langues étrangères…
.

« L'école doit enfin s'ouvrir davantage sur le numérique. L'école de demain, c'est un poste d'ordinateur par élève, au collège et au lycée, pour profiter des possibilités offertes par le numérique: e-learning, cartables électroniques, simulations pour les cours de géographie ou de sciences..., mise en place d'échanges via Internet entre e-correspondants, lycéens français et étrangers. »
Cette vision fait abstraction du fait que tout le monde n’a pas forcement d’ordinateur, ou de connexion internet. Un abonnement Internet, ou un ordinateur, comme une télévision n’est pas une obligation, mais vous semblez l’oublier !

Alors que ferez-vous pour respecter ce qui fait de l’école publique, un lieu d’accès au savoir ne devant pas dépendre des moyens personnels et individuels des élèves et de leurs familles ?

Quid de la responsabilité parental de l’usage qui peut être fait d’internet par les enfants (adolescents) ???

Jen

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