Monde

Sa photo est devenue le symbole de Black Lives Matter

Temps de lecture : 2 min

Jonathan Bachman, photographe américain, revient sur l’instant où il a vu cette femme tenant tête aux policiers et appuyé sur le déclencheur de son appareil à Bâton-Rouge.

La photo prise par John Bachman d’Iesha Evans lors d'une manifestation pacifique le 10 juillet 2016 à Bâton-Rouge en Louisiane | Capture d’écran Twitter
La photo prise par John Bachman d’Iesha Evans lors d'une manifestation pacifique le 10 juillet 2016 à Bâton-Rouge en Louisiane | Capture d’écran Twitter

Il est impossible d’avoir manqué cette image, devenue virale en l’espace de quelques heures: une femme, bien campée sur ses deux pieds, face à deux policiers surarmés venu l’arrêter. Cette photo, prise à Bâton-Rouge, en Louisiane, lors d’une manifestation pacifique après la mort d’Alton Sterling, on la doit à Jonathan Bachman, photographe freelance basé à La Nouvelle-Orléans. Après un premier déplacement à Bâton-Rouge, quelques jours plus tôt, où il est mis au courant de la tenue d’une manifestation, il y revient le dimanche 10 juillet pour couvrir l’événement pour Reuters. C’est la toute première fois qu’il couvre une manifestation.

Ils sont environ 200 à bloquer l’Airline Highway, la route qui fait face au quartier général de la police, nous explique par téléphone Jonathan Bachman. «Tout à coup, [les policiers] sont sortis du quartier général, harnachés de l’équipement anti-émeute pour évacuer les manifestants sur le côté de la route et ils n’ont eu aucun problème à faire bouger tout le monde, ils étaient bien plus nombreux», raconte le photographe.

Résistance pacifique

Quelques échanges un peu virulents éclatent entre les manifestants et les policiers qui les empêchent de réoccuper la route:

«J’étais en train de prendre des photos quand j’ai tourné la tête et vu cette femme, toujours sur la route, et qui se tenait à peu près à six mètres du cordon de policiers. J’ai cru entendre: “Tu vas être arrêtée si tu ne bouges pas.” J’avais vu des arrestations avant, je savais que la police ne plaisantait pas.

Je me suis mis sur le côté parce que, si je me mettais sur la route, comme elle, je risquais d’être arrêté également. Tout s’est passé très vite, ça a duré moins de 20 secondes. La femme était très calme, pacifique, elle n’a pas résisté. Les policiers qui l’ont arrêtée n’ont pas été agressifs ni violents envers elle.»

Si Jonathan Bachman se doute que sa photo a une forte valeur symbolique, il ne s’attendait pas à ce qu’elle devienne virale. «J’ai pris cette photo parce qu’elle représentait une résistance pacifique. On y voit une femme vêtue d’une robe face à deux policiers, casqués et armés. Le contexte est aussi très particulier avec la tuerie qui a eu lieu à Dallas il y a quelques jours. Je pense que c’est le contraste entre les deux qui est particulièrement parlant.»

L’identité de cette femme a rapidement été découverte. Il s’agit d’une New-Yorkaise d’une trentaine d’années, Iesha Evans, venue à Bâton-Rouge apporter son soutien à la manifestation contre les violences policières envers la population afro-américaine. Depuis, elle est considérée comme un symbole du mouvement Black Lives Matter. Quand à Jonathan Bachman, il dit rester humble face au succès de sa photo: «Pour l’instant, je n’ai pas eu le temps de trop y penser, je dirais juste que c’est une leçon d’humilité.»

Camille Malnory Journaliste

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