Tech & internet / Monde

Theresa May, première sur la surveillance

Temps de lecture : 2 min

La future Première ministre britannique était jusque-là secrétaire d’État à l’Intérieur.

Theresa May, quittant le 10 Downing Street, le 12 juillet 2016. OLI SCARFF / AFP
Theresa May, quittant le 10 Downing Street, le 12 juillet 2016. OLI SCARFF / AFP

Un peu moins de vingt-six ans après Margaret Thatcher, une nouvelle femme va occuper le 10 Downing Street. Theresa May va succéder à David Cameron à la tête du gouvernement britannique, après le vote en faveur d’une sortie de l’Union Européenne qui a poussé l’ancien leader du parti conservateur à quitter son poste, et la lutte étrange qui s’en est suivi pour savoir qui allait prendre le relais.

Reste que l’arrivée de Theresa May ne fait pas vraiment que des heureux, et surtout pas du côté des associations de défense des libertés et de certains journalistes, qui gardent un assez mauvais souvenir de son passage au Home Secretary.

Dans un article consacré à la nouvelle cheffe du gouvernement britannique, le Guardian rappelle qu’elle est l’une des soutiens-clés du Snooper’s Charter (littéralement «charte des fouineurs»), un «gigantesque projet de loi sur la surveillance», comme le présentait Le Monde, et qu’elle «a été accusée de vouloir faire passer le projet de loi en vitesse au parlement un peu plus tôt cette année, avant de devoir faire un certain nombre de concessions sur la vie privée». Avant même sa présentation devant le Parlement, Theresa May avait été qualifiée de «méchante de l’internet» par l’association des fournisseurs d’accès à internet.

Plus besoin de mandat

En novembre 2015, le quotidien britannique était revenu en longueur sur la première version du texte présenté par Theresa May, et évoquait notamment le fait que les agences de renseignement allaient pouvoir suivre n’importe quelle personne sur internet sans avoir à demander un mandat. Dans Le Monde, on apprenait que l’historique de navigation devenait accessible sur simple demande par la police, qu’il légalisait la surveillance de masse pratiquée par le GCHQ, et que même les députés pourraient être surveillés.

Les médias spécialisés comme la version britannique de Wired avaient d’ailleurs tenu à mettre la secrétaire d’État à l’Intérieur devant ses contradictions, comme lorsqu’elle expliquait ne pas vouloir introduire de backdoors mais demandait aux entreprises de déchiffrer les messages elles-mêmes. Theresa May avait essayé de rassurer tout le monde en insistant sur le fait que ce texte n’était pas de la «surveillance de masse».

Le texte est actuellement en discussion au Parlement, mais ce n’est pas la première fois que Theresa May essaie de faire passer un tel projet de loi. Wired rappelait qu’en 2012 elle avait vu un plan similaire bloqué par Nick Clegg.

En 2014, le Parlement britannique avait déjà voté une loi sur la surveillance très critiquée en procédure accélérée, loi qu’elle avait défendue. «Sans cette loi, les enquêteurs britanniques ne pouvaient plus avoir recours à la surveillance électronique de suspects ni à leurs historiques de communication», l’ancienne loi ayant été rendue inapplicable par la CJUE, en raison notamment d’un spectre trop large. À l’époque, la journaliste britannique Liat Clark l’avait qualifiée de «doigt d’honneur à destination de l’Europe». Un problème que le Royaume-Uni ne devrait plus avoir aujourd’hui...

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