Monde

Pourquoi le Royaume-Uni a une Première ministre qui veut rester dans l’Union européenne

Temps de lecture : 2 min

Theresa May prendra mercredi 13 juillet la place de David Cameron pour négocier la sortie du pays de l'UE. Un paradoxe, puisque la députée s’est opposée au Brexit.

Theresa May le 11 juillet 2016. CHRIS RATCLIFFE / AFP
Theresa May le 11 juillet 2016. CHRIS RATCLIFFE / AFP

Mercredi, David Cameron franchira le portail en fer finement ciselé du 10 Downing Street pour un dernier adieu. Il cédera alors son poste de Premier ministre à Theresa May, une députée souvent associée au camp des eurosceptiques, mais qui s’est néanmoins exprimée pendant la campagne référendaire contre le Brexit. Ce qui aboutit à ce paradoxe, remarqué par la radio américaine NPR:

«C’est de l’humour anglais: le Royaume-Uni s’apprête à avoir une nouvelle Première ministre qui a voté pour que le pays reste dans l’Union européenne.»

Plusieurs raisons à cela. Il y a d’abord la débandade du plus saillant des tenants du Brexit, Boris Johnson, qui a décliné la fonction. Cinq autres candidats se sont proposés, mais trois ont été écartés par le parti. Restaient deux femmes, Andrea Leadsom, ministre de l’Énergie, farouche militante du Brexit, soutenue par le parti d’extrême droite Ukip, et Theresa May. Les adhérents tories devaient se prononcer pour choisir l’une des deux, mais lundi, la première s’est retirée de la course, après n’avoir rassemblé que 25% des suffrages des députés conservateurs, contre 60% pour sa rivale.

«Il n’y a pas d’alternative au Brexit»

Andrea Leadsom avait été très critiquée pour avoir affirmé qu’être mère lui donnait un «avantage» sur sa concurrente, qui n’a pas d’enfants. «Je pense réellement qu'être mère signifie que vous avez un intérêt réel dans l'avenir de notre pays, que les enjeux sont tangibles», avait-elle ajouté dans une interview dont le Times a fait ses gros titres.

Que la Grande-Bretagne se dote d’une Première ministre opposée au Brexit quelques semaines seulement après un vote consacrant la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne peut sembler paradoxal. Mais cela ne veut pas dire que le choix du Brexit ne sera pas respecté.

Theresa May l’a déjà promis: «Il n’y a pas d’alternative au Brexit. Et nous allons le réussir.» Et cela ne veut pas non plus dire que c’est un mauvais choix: pour réconcilier le pays, et apaiser les craintes de ceux qui ont voté «remain» («rester»), quoi de mieux, finalement, que de confier le processus du Brexit à une opposante très modérée?

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