Monde / Culture

Comment la culture ninja est devenue un attrape-touristes

Temps de lecture : 2 min

La ninja-mania s’impose comme une arme touristique redoutable.

Un authentique maître ninja en 2002 au Japon | TOSHIFUMI KITAMURA/AFP
Un authentique maître ninja en 2002 au Japon | TOSHIFUMI KITAMURA/AFP

En France, il y a le Puy du Fou, antre fantasmée d’une certaine histoire de France. Au Japon, il y a Iga et Koga. Ces deux berceaux de la culture ninja sont devenus des sites touristiques. Car les étrangers sont devenus des ninja-maniaques. «Aujourd’hui, le Japon attire le monde grâce à sa culture geek et les ninjas y participent», observe Stephen Turnbull, un professeur de l’Université internationale d’Akita interrogé par le Guardian.

Sauf que ce que le tourisme contemporain livre de cette culture ancestrale en est une version détournée, déplore le professeur. Pour attirer les touristes, des ninjas d’origine étrangère sont désormais recrutés. La mission est simple: faire le spectacle, autrement dit se produire devant des caméras, intervenir, s’il le faut, à la radio, exceller sur le saut périlleux arrière, le lancer de shuriken ou la réalisation d’acrobaties en tout genre et qui plus est en costumes très colorés au lieu des traditionnelles tuniques noires. Une panoplie bien éloignée de la discrétion exigée d’un ninja.

«Un héros, spécialement à l’étranger»

Car les ninjas étaient des mercenaires-espions sévissant au Japon jusqu’au XVIIe siècle. «Les shoguns Tokugawa et les grands feudataires en firent leurs hommes de main pour les tâches peu glorieuses: agents de renseignements (les ninjas sont souvent représentés déguisés en paysans, en moines ou en artistes ambulants), voire assassins commandités», rappelle par exemple Le Monde.

Alors que le ninjutsu est une technique de manipulation des émotions de ses ennemis, ce sont les arts martiaux et le folklore qui ont été mis en évidence par la pop culture. Sa figure apparaît dès 1967 dans le cinquième opus de James Bond, On ne vit que deux fois. Le roman de la fin des années 1950 Shinobi, adapté en film en 2005 ou en jeux vidéo, a également contribué à cette renaissance (à la véracité historique limitée). Plus récemment, c’est le mastodonte Lego qui a lui consacré une série télévisée. Sans parler du manga best-seller Naruto ni des Tortues Ninja.

«Le ninja avait l’habitude d’être présenté comme quelqu’un de très menaçant et sombre mais, depuis qu’ils sont devenus davantage célèbres grâce aux dessins animés, aux jeux vidéo et aux romans, il est devenu un héros, spécialement à l’étranger», explique Yasaka Inagaki, le responsable de l’association touristique à Iga-Ueno, ville dont est originaire l’un des plus grands clans de ninja. Un bon filon.

Slate.fr

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