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Amnésique, il a décidé de stocker sa mémoire sur internet

Temps de lecture : 2 min

Comment se souvenir quand on ne peut pas se rappeler quoi que ce soit?

«Depuis que l’on sait écrire, on externalise nos souvenirs» | _annamo via Flickr CC License by

Thomas Dixon est incapable de se souvenir de ce qu’il a fait hier, ou avant-hier, ou même le week-end précédent. «Dixon, 32 ans, souffre de troubles de la mémoire épisodique, une variante de l’amnésie qu’il doit à un accident, qui l’a laissé avec un grave traumatisme crânien il y a six ans, raconte BuzzFeed. S’il parvient à déterminer logiquement les événements de ces derniers jours – “Je n’étais certainement pas en Chine”– et se souvient de détails essentiels comme l’aménagement de sa maison, il n’a aucun souvenir immédiat de ce qu’il s’est passé depuis l’accident.»

Il a donc fallu qu’il soit inventif. Pendant longtemps, Thomas Dixon a utilisé Twitter pour se souvenir de ce qu’il faisait jour après jour, comme l’expliquait Fast Company en octobre 2014:

«Il utilise Twitter toute la journée pour y inscrire des détails dont il ne se souviendra probablement pas demain: de quoi parlait ce qu’il lisait, quel type de café il a commandé, à qui il a parlé. Même les détails de sa vie sexuelle, qu’il tweete en coréen pour éviter des moments embarrassants avec des personnes qui liraient par-dessus son épaule. Tout ça finit sur son compte Twitter, qu’il a paramétré en privé, et sur lequel il pourra s’appuyer plus tard, pour y faire des recherches et l’analyser.»

Mais, visiblement, Twitter ne répondait pas à tous ses problèmes (tout comme le journal intime papier qu’il avait tenu avant de basculer sur Twitter). Thomas Dixon a expliqué à BuzzFeed qu’il a finalement abandonné son compte et ses 29.000 tweets, «parce qu’il trouvait les capacités de recherche de Twitter [...] limitées», délaissant le réseau social pour une app qu’il a lui-même créée: Me.Mory.

Une façon de procéder certes hors du commun, mais, comme l’explique à Buzzfeed Tomás Ryan, un chercheur au MIT qui travaille sur la façon dont on se souvient et dont on oublie certaines choses, ce n’est pas parce que l’on a des smartphones que l’on s’appuie sur la technologie pour se souvenir de certaines choses: «Depuis que l’on sait écrire, on externalise nos souvenirs.»

Le chercheur ajoute que, si internet peut aider, il ne pourra jamais vraiment remplacer les souvenirs que l’on a en tête: «Ces notes et vidéos ou tout autre enregistrement n’incluent pas votre état émotionnel à ce moment-là, ni ce à quoi vous prêtiez attention à ce moment-là.»

Slate.fr

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