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L'Euro 2016, c'était le tournoi des fins de séries

Grégor Brandy, mis à jour le 11.07.2016 à 1 h 21

Le Portugal qui bat la France, la France qui bat l'Allemagne, l'Allemagne qui bat l'Italie...

Les Portugais soulevant le trophée pour la première fois de leur histoire. FRANCISCO LEONG / AFP

Les Portugais soulevant le trophée pour la première fois de leur histoire. FRANCISCO LEONG / AFP

Le Portugal a donc été sacré champion d'Europe après sa victoire contre la France (1-0), en finale de l'Euro 2016 au Stade de France. Un but d'Eder durant la deuxième mi-temps de la prolongation (109e) a permis à la sélection portugaise de remporter son premier titre dans un tournoi majeur, douze ans après une défaite amère en finale de l'Euro, chez elle, face à la Grèce (1-0).

Et au passage, le Portugal a suivi une drôle de loi des (fins de) séries, lors de cet Euro 2016 où tout ce que l'on pensait intangible dans ce sport a finalement commencé à ne plus être si déterminé d'avance.

Tout d'abord, parce que si les Portugais n'avaient jamais remporté de finale, ils n'avaient également jamais battu la France dans un tournoi majeur (Coupe du monde ou Euro). En 1984, les Français avaient battu les Portugais en demi-finale de leur Euro (3-2 après prolongation). Seize ans plus tard, c'est à nouveau au même stade que les coéquipiers de Luis Figo s'étaient arrêtés face aux Français sur un pénalty synonyme de but en or de Zinedine Zidane (2-1 après prolongation). En 2006, c'est toujours en demi-finale, mais cette fois-ci de la Coupe du monde, que la sélection portugaise s'était inclinée (1-0), à nouveau sur un pénalty de Zidane.

Pour continuer dans ces séries brisées, sachez que dans un tournoi majeur, la France ne s'était jamais inclinée au Stade de France. Lors de la Coupe du monde 1998, elle s'était imposée face à l'Arabie Saoudite en poules (4-0), avant de sortir l'Italie aux tirs au but en quarts de finale (0-0, 4-3, t.a.b.), la Croatie au tour suivant (2-1), puis d'être sacrée championne du monde face au Brésil (3-0). Dix-huit ans plus tard, les hommes de Didier Deschamps avaient à nouveau débuté leur tournoi sur une victoire dans ce même stade face à la Roumanie grâce à un but tardif de Dimitri Payet. Ils y avaient ensuite écarté l'Islande en quarts de finale (5-2) et restaient donc invaincus jusqu'à cette finale face au Portugal. Leur dernière défaite à domicile lors d'un grand tournoi remontait d'ailleurs à... l'Euro 1960, avec depuis dix-huit matchs sans défaite en grande compétition.

La France rompt la malédiction allemande

Mais avant d'arriver en finale, les Français avaient eux aussi mis fin à une mauvaise série, en battant l'Allemagne en demi-finale (2-0) pour la première fois dans un tournoi majeur depuis 58 ans et une victoire dans le match pour la troisième place de la Coupe du monde suédoise (6-3). Avant cela, les Français étaient tombés à trois reprises face à leurs voisins d'outre-Rhin. D'abord en 1982, dans une demi-finale sévillane restée mythique (3-3 a.p., 5-4 t.a.b.), puis au même stade, quatre ans plus tard, au Mexique (2-0), avant que la bande à Deschamps ne se casse les dents sur les futurs champions du monde, en 2014, au Brésil (1-0), en quarts de finale.

Les Allemands avaient d'ailleurs eux-mêmes mis fin à leur terrible série face à l'Italie au tour précédent. Avant cela, ils restaient sur quatre matchs nuls (1962, 1978, 1988, 1996) et quatre défaites (1970, 1982, 2006, 2012) face aux Transalpins.

Et lors de ce même match, les Allemands avaient également fait mentir leur réputation d'experts dans le domaine des tirs au but. Alors qu'ils n'avaient pas manqué un seul tir au but depuis la demi-finale de 1982, et un arrêt de Jean-Luc Ettori sur la tentative d'Uli Stielike, et qu'ils avaient ensuite enchaîné quatre séances de tirs au but sans rater la moindre frappe (21/21), Gianluigi Buffon avait repoussé le tir au but de Thomas Müller. Pire, alors qu'ils n'avaient raté que deux tentatives jusque-là en tournoi majeur, les joueurs allemands avaient manqué trois de leurs frappes (Müller, Özil et Schweinsteiger), sans que cela ne vienne perturber le résultat final (victoire 6-5 aux tirs au but).

Grégor Brandy
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