Sports

Euro 2016: le Portugal met fin au rêve français

Slate.fr, mis à jour le 10.07.2016 à 23 h 38

Les Bleus ont été privés d'un troisième titre majeur à domicile par un but d'Eder en prolongation.

FRANCK FIFE / AFP.

FRANCK FIFE / AFP.

Fin du match: le Portugal l'emporte (1-0 a.p.)

Terrible issue pour les Bleus. Un but d'Eder à dix minutes de la fin de la prolongation (110e) a offert son premier titre international au Portugal, à l'issue d'une finale crispante.

Fin des 90 premières minutes (0-0): Prolongation

On aura donc droit à trente minutes de plus. Les Français ont eu beau avoir de belles occasions comme sur une frappe de Sissoko à trente mètres, bien détournée par Rui Patricio, et sur une action de Gignac, qui s'était débarassé de Pepe, dans la surface de réparation avant de trouver le poteau, dans les arrêts de jeu, le score reste bloqué à 0-0.

Si les deux équipes en restent là à la fin des 120 minutes, les tirs au but devront les départager.

Mi-temps: 0-0, Ronaldo sorti sur blessure

Au terme d'une première mi-temps crispante, France et Portugal sont à égalité 0-0, avec un gros coup dur pour les Lusitaniens, qui ont dû essuyer la sortie de Cristiano Ronaldo dès la 25e minute sur blessure. Les Français ont globalement dominé, avec notamment la meilleure occasion pour Griezmann sur une tête superbement claquée en corner, mais ne sont pas du tout à l'abri de tomber dans le piège portugais.

L'objet de toutes les convoitises

En taille XXXL.

Temps idéal à Paris: 28° et... de la neige

La feuille de match distribué par l'UEFA 90 minutes avant le coup d'envoi contient un sacré scoop sur la météo à attendre pour le match: 28 degrés et... de la neige. Assez peu d'après-skis et de doudounes à signaler dans les travées du Stade de France, pourtant.

Un autre phénomène naturel, bien réel celui-là, règne en revanche sur le Stade de France: une invasion de papillons de nuit attirés cette nuit par les répétitions de la cérémonie de clôture. Faute de pouvoir utiliser de l'insecticide, l'UEFA s'en est remise, selon RMC, à des aspirateurs.

La tweet-story qui doit rassurer les Français

La Boucherie Ovalie est de retour. Après quinze jours d'absence de Twitter (et un exil en Corée du nord) après la finale de Top 14, nos bouchers préférés sont de retour et ils ont dressé un joli parallèle avec le Coupe du monde de rugby 2011 (cliquez ici pour lire toute l'histoire).

Et où le Portugal 2016 est en fait le XV de France 2011. Une équipe dont tout le monde se moque, qui sort des poules difficilement, avant de faire tomber les Gallois, que tout le monde aime, en demi-finale et d'affronter le pays organisateur en finale. Point positif pour les hommes de Deschamps, la Nouvelle Zélande avait alors gagné son tournoi.

Sans doute que les supporters français ne trouveraient rien à y redire cette fois-ci.

L'Espagne terre de vainqueurs?

La finale de l'Euro opposera bien le Portugal à la France, ce soir à 21 heures, mais l'Espagne (éliminée par l'Italie en huitièmes de finale, 2-0) aura peut-être sa part de responsabilité dans le résultat final. Et pas seulement en foot. Comme le note notre contributeur, Yannick Cochennec, sur Twitter, Andy Murray (qui vient de remporter le tournoi de Wimbledon, en tennis), et Antoine Griezmann ont tous deux quitté leur pays respectif pour aller se former de l'autre côté des Pyrénées.

«Jugé trop frêle pour les centres de formation français, le jeune de Mâcon a tenté l’aventure en Espagne où la Real Sociedad l’a accueilli», rappelle Eurosport pour le joueur français. Pour Andy Murray, en revanche, ce n'était pas un choix par défaut. L'Écossais ne voulait pas revivre les mésaventures qu'avait déjà vécues son frère, raconte L'Équipe Explore:

«Mais il y a autre chose. "Au Royaume-Uni, tout est payé, les joueurs sont gâtés et paresseux, écrit Andy dans Hitting Back. La plupart d'entre eux ne veulent pas devenir des joueurs de tennis professionnels et ça entraîne tout le monde vers le bas." Et puis il y a cette ambiance malsaine de jalousie permanente. "Quand on allait sur les tournois, les parents déblatéraient sur moi en espérant que je perde, simplement parce que j'étais un des meilleurs joueurs." Andy et sa mère ont donc atterri à l'académie Sanchez-Casal, à deux pas de l'aéroport de Barcelone.»

Murray vient à nouveau de remporter un tournoi dans son jardin. À Griezmann de l'imiter?

Le Portugal maximise ses chances en jouant en rouge

Quand on entend qu’une rencontre se joue avant d’entrer sur la pelouse, on pense d’emblée à l’échauffement, à la préparation mentale, aux mots que se glissent les joueurs dans le couloir… mais pas forcément à couleur des tuniques.

Selon une étude menée par la boutique en ligne ShopALike, mieux vaut porter un maillot rouge pour gagner l’Euro. 35,7% des vainqueurs de l’Euro depuis 1960 ont porté la couleur rouge. Une sélection sur deux de l’Euro 2016 a fait ce choix en début de tournoi. Et c’est celui des Portugais dimanche soir au Stade de France face à des Bleus parés, eux, de bleu. Les deux équipes arboreront ainsi leurs tenues Home.

Malgré tout, une seconde lecture plus attentive de l’étude permet de rassurer les coéquipiers de Griezmann. Voici la méthodologie précise: «Ce calcul (des plus scientifiques) considère que chaque équipe a une probabilité égale de gagner (1/24). La combinaison de caractéristiques (couleur, type de col, motifs ou non ndlr) ayant la plus grand probabilité de gagner est conditionné par l'occurrence de chaque caractéristique sur les maillots des précédents détenteurs du titres.»

Les cinq favoris de l’Euro ne comptent alors ni le Portugal, ni la France, mais l'Espagne, la Belgique, la Croatie, la Turquie et la Russie. Ces cinq nations cumulent les bons choix: le rouge, un col en V et des motifs. Ces trois éléments conjugués, la France ne disposait que d’une chance sur cinq de soulever le trophée et la Seleção d’une chance sur dix.

Les origines portugaises d'Antoine Griezmann

On estime à environ 1,4 million le nombre de personnes en France affichant des origines portugaises, qu'il s'agisse d'immigrés ou de descendants de la première ou deuxième génération. Parmi eux, un certain Antoine Griezmann, dont le grand-père maternel, Amaro Lopes, a fait carrière dans le football portugais des années cinquante, avant de s'installer en France. Le club lusitanien de Mâcon, la ville d'origine du joueur, organise d'ailleurs chaque année un tournoi qui porte le nom de son aïeul.

«Une affiche entre la France et n'importe qui d'autre a toujours paru la bonne façon de mettre fin à ce tournoi»

La présence de la France en finale, huit mois après les attentats du 13-Novembre, suscite un courant de sympathie notable dans la presse sportive, dont cet article du Guardian, publié il y a deux jours, fournit un assez juste résumé:

«L'Euro 2016 a sa finale. Une finale appropriée. À partir du moment où l'équipe de Didier Deschamps pouvait y parvenir, une affiche entre la France et n'importe qui d'autre a toujours paru la bonne façon de mettre fin à ce tournoi accueilli avec circonspection et organisé par un hôte volontaire quoiqu'un peu las, une nation encore officiellement en état d'urgence après une année sanglante et agitée.»

«Cristiano, Dimitri, Pepe, Antoine et les autres, faites-nous kiffer, putain.»

À quelques heures de la finale, les posts se multiplient pour expliquer ce qui nous attend et ce que cela représente pour tous les passionnés de foot. Mais parmi ceux qu'on a pu lire pour le moment, on s'est particulièrement attardé sur celui que les journalistes de So Foot ont publié sur leur compte Facebook. On l'a lu, puis relu une fois, deux fois, trois fois, parce qu'il résume en quelques lignes tout ce qui se passe ces soirs de matchs si particuliers, et ce que l'on risque de vivre devant sa télé, dans un bar, ou au stade (pour les plus chanceux).

«[Il y aura] des instants inoubliables et des moments gênants, des mains pour se cacher les yeux, des ongles rongés et des cheveux arrachés, des bousculades, des joies, des rabat-joie, des peines, des sourires qui valent tous les discours, des larmes qui perlent et des souffles que l'on retient, des soupirs, des mondes qui s’écroulent, des cris, de la fierté, des réseaux saturés, de la libération, des mauvais perdants et des losers magnifiques, des klaxons, des bisous, des demandes en mariage et des coups de cœur.

Aujourd’hui, il y aura de l’amour. Partout. Pour tout le monde. Pour les vainqueurs, pour les vaincus et pour ceux qui s’en cognent. 
Aujourd’hui, il y a une finale d’Euro.
Alors, Cristiano, Dimitri, Pepe, Antoine et les autres, faites-nous kiffer, putain. 
Une dernière fois. 
Et jusqu’à toujours.»

L'attente va être longue jusqu'à 21 heures.

«Je suis sûr que ce France-Portugal aurait été un grand soir pour toi»

Le 13 novembre 2015, la triple attaque suicide survenue à proximité du Stade de France coûtait la vie à un chauffeur de bus franco-portugais, Manuel Dias, venu emmener des supporters au match. Son fils Michael Dias lui rend hommage dans un beau billet publié sur le Huffington Post:

«Tu étais passionné de foot et je suis sûr que ce France-Portugal aurait été un grand soir pour toi. Né au Portugal mais ayant choisi la France comme pays d'adoption, tu étais la preuve incarnée que l'intégration est possible.»

«On pense forcément à lui, d’origine portugaise mais Français dans l’âme, qui adorait le foot», explique au journal L'Union sa fille, Sophie Dias, qui ajoute que la famille a été invitée au match par le ministère des Sports mais ne s'y rendra pas car le souvenir des événements est encore trop frais. En mars, Michael Dias avait déjà expliqué sur France Info qu'il ne souhaitait pas se rendre au Stade de France pour cette raison mais aussi car il déplore que les victimes du Stade de France soient oubliées.

En novembre dernier, il avait aussi lu une lettre à son père sur Canal+.

Pour les Bleus à domicile, jamais deux sans trois?

L’équipe de France de football dispute, ce dimanche 10 juillet, la finale de «son» Euro 2016 face au Portugal, à 21h au Stade de France. Il s’agit de la cinquième finale de grand tournoi des Bleus en un peu plus de trente ans, après leurs victoires en finale de l’Euro 1984 contre l’Espagne (2-0), de la Coupe du monde 1998 contre le Brésil (3-0) et de l’Euro 2000 contre l’Italie (2-1 a.p.) et leur défaite en finale de la Coupe 2006 contre cette même Italie (1-1 a.p., 3-5 t.a.b.).

Si elle l’emporte, la France réussira un étonnant triplé de victoires à domicile, après sa victoire lors de l’Euro 1984 (que les Espagnols, victimes en finale, estimaient volée à l’époque) et celle lors de la Coupe du monde 1998 (dont nous avons tenté d’évaluer l’impact sur la jeune génération de joueurs aujourd’hui âgée de 18 ans). Pour comparer, depuis le début des années 1980, aucun des grands pays de football européen qui a organisé un tournoi (l'Italie en 1980 et 1990, l'Espagne en 1982, l'Allemagne en 1988 et 2006, l'Angleterre en 1996, les Pays-Bas en 2000, le Portugal en 2004) ne l'a emporté.

Pour arriver en finale, la France a remporté deux courtes victoires au premier tour contre la Roumanie (2-1) et l’Albanie (2-0) avant de concéder un nul contre la Suisse (0-0). Elle a ensuite battu l’Irlande en huitièmes de finale au terme d’un match stressant (2-1) puis beaucoup plus facilement l’Islande en quarts de finale (5-2) avant de réaliser un exploit en sortant l’Allemagne championne du monde en demi-finale (2-0).

En l’absence de Karim Benzema, elle a bien sûr compté sur les performances d’Antoine Griezmann qui, avec six buts en six matchs, réalise la meilleure performance d’un attaquant français depuis Michel Platini en 1984 et est devenu la star médiatique de cet Euro, mais la compétition a aussi été marquée par la solidité de Hugo Lloris, les débuts de Samuel Umtiti, la montée en puissance de Paul Pogba, les buts décisifs de Dimitri Payet, ou encore les performances incertaines mais l’importance symbolique de l'ancien capitaine Patrice Evra.

Le Portugal, lui, a démarré diesel, avec aucune victoire lors du temps réglementaire dans les cinq premiers matchs: trois nuls au premier tour et une place de meilleur troisième, une qualification à la 117e minute contre la Croatie (1-0 a.p.) puis aux tirs au but contre la Pologne (1-1 a.p., 5-3 t.a.b.) et enfin une victoire plus nette contre le Pays de Galles en demi-finale (2-0). Critiqué pour son supposé jeu ennuyeux (qu’on qualifiera plutôt de pragmatique et efficace), elle a été sauvée au bon moment par les performances de sa star Cristiano Ronaldo et a vu aussi l'émergence de révélations, comme le jeune Renato Sanches.

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