Sports

Pour remporter l'Euro, le Portugal avait une patte de lapin: son président

Temps de lecture : 4 min

Marcelo Rebelo de Sousa, qui a pris ses fonctions en mars, a vu ses deux équipes de cœur remporter un trophée qu'elles convoitaient depuis plusieurs décennies.

François Hollande et Marcelo Rebelo de Sousa II FRANCISCO LEONG / AFP
François Hollande et Marcelo Rebelo de Sousa II FRANCISCO LEONG / AFP


Ce dimanche, les Portugais ont battu les Bleus (1-0 a.p.) en finale et remporté le tout premier Euro de leur histoire. S'il y a un fan de foot particulièrement heureux de voir Cristiano Ronaldo soulever la coupe au Stade de France, c'est bien le nouveau président du pays: Marcelo Rebelo de Sousa.

Cet inconditionnel du ballon rond aura vu ses deux équipes de cœur remporter un trophée attendu depuis plusieurs décennies. Le tout en quatre mois de mandat. Et si c'était lui, finalement, qui portait bonheur aux Portugais?

La Coupe du Portugal avec Braga

En finale de la Coupe du Portugal, comme c'est le cas aussi en France, c'est le président qui est chargé de remettre le trophée. Le conservateur élu pour rappel en janvier avec 52% des voix dès le premier tour, a donc assisté à sa première finale le 22 mai dernier en tant que chef d'État.


Coup de bol, Marcelo Rebelo de Sousa a eu le plaisir de remettre le trophée au capitaine de l'équipe dont il est un fan depuis tout petit: le Sporting clube de Braga. Une victoire aux pénalties contre Porto après un match de dingue (2-2 et 4-2 aux t.a.b).

Le président a beau avoir enfilé une cravate verte pour montrer sa supposée neutralité, affirmé en tant que «président de tous les Portugais», qu'il ne pouvait pas être supporter de Braga, cette situation a quand même bien fait rire les internautes...

Pas hyper crédible, en effet, dans la mesure où ce dernier avait déclaré «son amour éternel» pour le club qui l'a même nommé «guerrier d'honneur» en février dernier.

Cinquante ans après...

Ce succès est d'autant plus surprenant qu'au Portugal, les trois grands clubs généralement vénérés se nomment le Benfica Lisbonne, le FC Porto et le Sporting Portugal. Les mastodontes du pays ne laissent que quelques miettes aux autres équipes. Braga n'avait pas remporté la Coupe du Portugal depuis le 22 mai 1966, soit cinquante ans jour pour jour et une épopée achevée par une victoire face à Setúbal (1-0). Jeunot, le président était présent au stade.


Avant ce titre, le palmarès de Braga n'était donc pas bien épais: cette vieille Coupe du Portugal, la feu Coupe Intertoto et une Coupe de la Ligue. Le président avait à ce sujet évoqué sa souffrance dans une lettre intitulée «Être pour Braga à Lisbonne». Pendant la campagne, il s'était même fait tailler par un commentateur politique qui affirmait qu'un candidat présidentiel ne pouvait pas être supporter de Braga...


L'histoire du club du Nord du pays fait d'ailleurs plus penser à celle du Stade Rennais, qui attend un titre depuis quarante-cinq ans et a perdu trois finales de coupe en cinq saisons.

Comme l'équipe bretonne, Braga a perdu un bon paquet de finales (sept sur les onze disputées): quatre finales de Coupe du Portugal, deux défaites en Supercoupe du Portugal, une finale d'Europa League contre le Porto de Falcao. Le club a aussi terminé deuxième du championnat portugais en 2010 derrière Benfica.

À fond derrière la bande à Ronaldo

Avant ce dénouement de l'Euro 2016, la sélection portugaise n'a pas non plus vraiment eu de réussite au cours de son histoire. Les Portugais sont passés à plusieurs reprises tout près de remporter un premier trophée. Ce fut le cas avec Eusébio (3e au Mondial en 1966) ou lors de la finale de l'Euro 2004 perdue à domicile face à la Grèce (0-1) avec le tout jeune Cristiano Ronaldo et l'esthète Luís Figo.


Les Portugais n'ont surtout pas eu beaucoup de réussite contre la France en tombant à chaque fois en demi-finales. En 1984, ils avaient perdu à Marseille contre les Bleus après un match épique (2-3 après prolongations), en 2000 sur la main du peroxydé Abel Xavier (1-2 après prolongations), en 2006 après avoir pourtant poussé Zizou et ses potes dans leurs retranchements (0-1).


Pour Marcelo Rebelo de Sousa, assister au sacre de son équipe nationale à 77 ans, a quelque chose de magique. D'autant que ce dernier, qui a déjà assisté à plusieurs prestations de la sélection de Fernandos Santos dans cet Euro, était à fond derrière ses joueurs. Peut-être même un peu trop... Certains médias portugais lui ont reproché d'avoir utiliser un Falcon pour aller voir la demi-finale contre le pays de Galles à Lyon. Coût: 14.000 euros. Il a assuré qu'il paierait personnellement ce petit city-trip.

S'il fallait un dernier signe pour prouver que Marcelo Rebelo de Sousa est définitivement la patte de lapin du Portugal, on notera que le but de la victoire a été inscrit par Eder. Et devinez dans quel club le joueur âgé de 28 ans s'est fait connaître avant de rejoindre Swansea puis Lille? Braga. Ça ne s'invente pas.

Jacques Besnard Journaliste

Newsletters

J'ai redécouvert le football en regardant la Coupe du monde des femmes

J'ai redécouvert le football en regardant la Coupe du monde des femmes

Avec elles, aucune interruption intempestive pendant les matchs pour cause de faute supposée ou d'animosité.

Les salaires des footballeurs se justifient mieux économiquement que ceux des PDG

Les salaires des footballeurs se justifient mieux économiquement que ceux des PDG

Les stars du ballon rond et les grands patrons gagnent presque les même salaires. Il est pourtant mieux vu de toucher 100 millions d'euros par an quand on est footballeur que quand on est PDG.

Non, les (vrais) alpinistes ne rêvent pas de l'Everest

Non, les (vrais) alpinistes ne rêvent pas de l'Everest

Les amoureux de la montagne et de ses sommets vertigineux abandonnent peu à peu l'ascension de l'Everest ou du Mont Blanc au profit de riches touristes, novices en la matière.

Newsletters