Monde

Les chiffres sont accablants: l’Irak est la capitale mondiale du terrorisme

Temps de lecture : 2 min

Le pays comptait en 2014 pour près d'un tiers des morts dues au terrorisme dans le monde. Un chaos engendré par la guerre menée par les États-Unis en 2003.

Une femme irakienne pleure le 7 juillet 2016 devant un mémorial dédié aux victimes. SABAH ARAR / AFP
Une femme irakienne pleure le 7 juillet 2016 devant un mémorial dédié aux victimes. SABAH ARAR / AFP

Dimanche, une voiture bourrée d’explosifs a fait au moins 292 morts à Bagdad, en Irak. Selon le Washington Post, c’était l’attaque la plus sanglante jamais perpétrée par Daech. Et pourtant, sur le moment, elle n’a ému presque personne, faisait remarquer il y a quelques jours le quotidien.

Pour tout un tas de raisons, et sans doute principalement parce que la guerre dure là-bas depuis des années, nous avons été rendus insensibles au sort des Irakiens. Cette forme d’insensibilité nous empêche de nous émouvoir, mais elle empêche de comprendre aussi ce qu'est le terrorisme, avance The Atlantic.

Et l'un de ces aspects, «c’est que si toutes les guerres ne produisent pas des groupes terroristes, des groupes terroristes émergent souvent de guerres». «Sans les guerres du Moyen-Orient, il n’y aurait pas d’État islamique», écrit Daniel Byman, professeur à la Georgetown University.

La faute aux États-Unis de George W. Bush

En 2014, l’année la plus récente pour laquelle nous avons des statistiques sur ce sujet, 78% des morts liés au terrorisme se sont produites dans seulement cinq pays: l’Irak, le Nigeria, l’Afghanistan, le Pakistan et la Syrie. Mais c’est l’Irak qui prend la tête de cette compétition macabre, avec plus de 9.900 morts, soit un tiers de toutes les victimes liées au terrorisme dans le monde.

Global Terrorism Database / Institute for Economics and Peace

Et le principal facteur de cette instabilité devenue chronique est parfaitement connu: c’est la guerre en Irak. Et indirectement, donc, les États-Unis de George W. Bush.

Et on pourrait même aller plus loin, et remarquer qu’in fine, cette guerre a aussi engendré des millions de réfugiés, conduisant tout droit au Brexit, comme le faisait remarquer ce jeudi 7 juillet le journaliste et spécialiste de l’international Anthony Bellanger. Au moment où un rapport accablant pour Tony Blair sur l'engagement britannique sur place est publié, il est triste de le constater: l’Irak est aujourd'hui la capitale mondiale du terrorisme, et la guerre de 2003 la principale responsable du chaos actuel.

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