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Pour Blair, les armes de destruction massive n’étaient qu’un prétexte pour envahir l’Irak

Temps de lecture : 2 min

La correspondance de Tony Blair et George W. Bush après le 11-Septembre vient d’être publiée, révélant une stratégie d’envahissement de l’Irak dès 2001.

Tony Blair et Georges W. Bush entretenaient une correspondance qui a été déclassifiée le 6 juillet 2016 | Saul Loeb/AFP
Tony Blair et Georges W. Bush entretenaient une correspondance qui a été déclassifiée le 6 juillet 2016 | Saul Loeb/AFP

«Je vous soutiendrai quoi qu’il arrive.» C’est ce qu’a écrit en toutes lettres Tony Blair, ancien Premier ministre travailliste britannique, à l’ex-président américain George W. Bush à propos de sa stratégie envers l’Irak et le gouvernement de Saddam Hussein après l’attentat du 11 septembre 2011.

Le contenu de la correspondance entre les deux chefs d’État (que l’on peut retrouver sur le site du Telegraph) a été déclassifié dans le cadre du rapport Chilcot, commandé en 2009, au moment du retrait des troupes britanniques du sol irakien, par le successeur de Tony Blair, Gordon Brown, afin d’étudier les raisons qui avaient poussé le pays à suivre l’opération «Liberté irakienne» de Bush. Publié le mercredi 6 juillet après des mois de querelles avec le bureau du Cabinet britannique, il pose un constat radical: il n’existe aucune justification.

«L’action militaire n’était pas le dernier recours»

«Le Royaume-Uni a choisi d’envahir l’Irak avant que tout désarmement pacifique soit épuisé. L’action militaire n’était pas le dernier recours», peut-on lire dans le dossier. En effet, après l’entrée en Afghanistan des troupes américaines en octobre 2001, Tony Blair évoque directement une action en Irak: il écrit à Bush que le pays représente «une menace en raison de ses armes de destruction massive, biologiques et chimiques». Et ce, alors qu’il sait que les services secrets britanniques «n’établissent pas de liens entre le 11-Septembre et l’Irak».

Peu après l’invasion de l’Irak par les troupes américaines soutenues par l’Australie et le Royaume-Uni, Tony Blair écrit que «les armes de destruction massive sont la justification immédiate mais renverser le régime de Saddam Hussein est le vrai aboutissement». Blair évoque aussi, dès 2002, la possibilité d’étendre l’intervention à d’autres pays, jugés à risque, notamment l’Iran, la Syrie et le Yémen.

Après la publication du rapport Chilcot, très attendu des familles des 179 soldats britanniques tués en Irak, Tony Blair a présenté ses excuses en conférence de presse, déclarant que l’engagement en Irak était la décision la plus difficile qu’il ait jamais prise. «Je l’ai prise de bonne foi. J’en endosse l’entière responsabilité. J’éprouve plus de peine, de regrets et d’excuses que vous pouvez imaginer.» Les suites de ces révélations ne sont pas encore connues. Certains parlent déjà d’une possible condamnation pour «crime de guerre» à l’encontre de l’ancien Premier ministre.

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