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Aux États-Unis, des villes ont un taux d’homicide digne du Moyen Âge

Temps de lecture : 2 min

Il était moins dangereux de vivre dans l’Angleterre du XIVe siècle qu’à Washington en 2015.

"Crime Scene Do Not Cross" tape | Tex Texin via Flickr CC License by
"Crime Scene Do Not Cross" tape | Tex Texin via Flickr CC License by

On évoque régulièrement le taux d’homicide aux États-Unis, surtout quand on parle du deuxième amendement de la Constitution, qui permet aux Américains de porter une arme à feu (même si cette interprétation est le fruit d’un long travail de la NRA).

Reste qu’en se concentrant sur les chiffres de 2014 on se rend compte que les États-Unis ont un taux d’homicide particulèrement élevé. Quand des pays comme la France, l’Italie, l’Angleterre et l’Allemagne ont un taux qui est de 1 pour 100.000, celui des États-Unis est quatre fois plus élevé, selon les dernières données des Nations unies, mises à disposition par la Banque mondiale.

Un chiffre tellement élevé qu’en se plongeant dans les données recueillis par Max Roser, un économiste d’Oxford, le Washington Post a ainsi découvert que «c’est plus ou moins équivalent au taux d’homicide en Italie en 1912, ou celui de l’Angleterre au XVIIe siècle».

Washington Post

Régler les querelles

Et si l’on commence à regarder ville par ville, ça devient parfois encore plus effrayant:

«Le taux d’homicide à Los Angeles en 2015 est similaire à celui de l’Angleterre quand Shakespeare était en vie. Vivre à Chicago aujourd’hui revient à vivre en Italie en 1700 au niveau des meurtres. Le taux d’homicide de Washington [en 2015] était plus élevé que celui de l’Angleterre de Chaucer [un poète anglais du XIVe siècle]. Baltimore avait le taux d’homicide le plus élevé des villes américaines [en 2015], avec 55 homicide pour 100.000 habitants. Le même taux que celui de l’Italie de Dante [fin du XIIIe-début du XIVe siècle].»

Le quotidien américain reconnaît bien volontiers que la comparaison est pour le moins étrange puisqu’il s’agit déjà de mesurer des villes américaines modernes (plus denses) à des pays européens qui mélangent zones urbaines et rurales, et les statistiques n’étaient probablement pas très bien tenues à l’époque:

«Malgré cela, ces chiffres fournissent un contexte utile pour comprendre la façon dont le crime et les meurtres fonctionnent aujourd’hui aux États-Unis. Une raison probable aux taux d’homicide est qu’il n’y avait pas de système légal robuste en place pour aider les citoyens à régler leurs querelles. En l’absence d’un tel dispositif, ils réglaient leurs problèmes eux-mêmes. On peut faire un parallèle avec certaines zones où la criminalité est élevée aujourd’hui. Des gangs de criminels ne peuvent pas aller voir la police quand ils doivent régler un problème avec des organisations rivales. Donc ils règlent ce problème eux-mêmes avec des conséquences sanglantes et souvent tragiques.»

Slate.fr

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