Sports

Seul le football n’offre pas de médaille de bronze à un Euro

Temps de lecture : 2 min

Depuis 1980, c’en est terminé des matchs pour la troisième place à l’Euro. Une anomalie qui dépasse le cadre du football.

Dirk Kuyt et Arjen Robben à la fin du match pour la troisième place de la Coupe du monde de football 2014 remporté 3-0 face au Brésil | FABRICE COFFRINI/AFP
Dirk Kuyt et Arjen Robben à la fin du match pour la troisième place de la Coupe du monde de football 2014 remporté 3-0 face au Brésil | FABRICE COFFRINI/AFP

12 juillet 2014. Le Brésil, ou plutôt son cadavre, assiste à une nouvelle mise à mort. Quatre jour après le blitz allemand (défaite 1-7) en demi-finale, le règlement de la Coupe du monde impose un second naufrage à la Seleção (0-3) face aux Néerlandais. Tout cela parce qu’il faut désigner un troisième –à qui le bronze? à qui la médaille en chocolat?

L’UEFA a délesté le Championnat d’Europe de football masculin de cette petite finale en 1980, vingt ans après la naissance du tournoi. Chez les footballeuses, elle a existé de 1987 à 1993. L’absence d’un vrai podium est en fait une des particularités de la compétition. Dans le monde du ballon rond premièrement, puisque la Coupe du monde, la Coupe d’Afrique des nations et la Copa America préservent «ce match de gala», mais aussi parmi les championnats d’Europe des autres sports collectifs (handball, basket-ball, volley-ball, hockey sur glace, hockey sur gazon, water-polo). Le rugby et le format classement par points du Tournoi des Six Nations sont à ranger dans une case à part.

L’évolution du format de l’Euro a favorisé la disparition de ce match pour l’honneur. Avant 1980, quatre équipes se battaient pour le titre, sur un format demi-finales-match pour la troisième place-finale. En 1980, huit sélections participent à l’Euro, et il fallait terminer en tête d’une des deux poules de quatre pour disputer la finale. Les deuxièmes de chaque poule se battaient alors pour la troisième place.

Traumatisme encore récent

Quatre ans plus tard, en France, alors que les demi-finales font leur retour, la rencontre pour la troisième place, organisée la veille de la finale, disparaît définitivement. Il devenait difficile de défendre ce match, selon l’instance, si ce n’est en invoquant l’esprit Coubertin. Peu de suspense, des joueurs encore traumatisés et/ou focalisés sur l’imminence de leurs vacances, des stades loin de faire le plein et des audiences télévisuelles décevantes. À écouter la star Arjen Robben, la troisième place décrochée par les Pays-Bas en 2014 n’a fait en réalité que réveiller des plaies encore béantes. «Ce groupe méritait mieux que la troisième place», lâche-t-il une fois la cérémonie achevée.

Si l’équipe de France venait à s’incliner face à l’Allemagne, ce jeudi 7 juillet, il s’agirait donc du dernier match de son Euro, et c’est sans doute mieux comme ça. Qui prendrait plaisir à manier le volant après avoir commis une faute éliminatoire en pleine épreuve du permis de conduire?

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