Santé

Best of du Forum «Bon appétit»

Temps de lecture : 4 min

CONTENU SPONSORISÉ. Mardi 28 Juin avait lieu à Paris le Forum «Bon appétit», organisé par Danone. Une journée de conférences et d’ateliers pour explorer les liens entre santé et alimentation.

Le Forum «Bon Appétit» du 28 juin 2016.
Le Forum «Bon Appétit» du 28 juin 2016.

L’alimentation créé du lien social. Voilà en substance ce qu’explique Thierry Marx, en ouverture du Forum «Bon appétit», mardi 28 juin à Paris. Le chef étoilé, parrain de l’événement, raconte comment l’alimentation peut être primordiale pour la reconstruction d’un individu, ce qu’il expérimente avec Cuisine Mode d’Emploi(s). cette dense et conviviale journée: discussions, partage et analyses sur les liens entre alimentation, santé et mode de vie.

Un modèle français?

Entre conférences et «innovation talks», le Forum «Bon appétit» montre d’abord clairement que le «bien manger» est bien plus qu’une affaire de nutriments. Car même si les humains ont besoin de nourriture pour vivre, «nous mangeons des choses plus compliquées que des aliments», souligne le sociologue Jean-Pierre Poulain, en introduction de la première grande thématique de la matinée, le bien manger à la française. «Nous mangeons des plats organisés dans une combinatoire qui s’appelle un repas», souligne d’abord le chercheur. L’alimentation, c’est aujourd’hui «un système technique», mais aussi «un événement social» et «un fait politique».

D’ailleurs, comme le résume le sociologue Claude Fischler, un certain modèle français existe toujours (horaires de repas uniformes, mais aussi différentes conditions: temps, espace, convives, syntaxe), même si certaines forces le font évoluer: mondialisation, numérisation, plus de consommation nomade et plus de ces fameuses «alimentations particulières»… Les chercheurs du panel sont unanimes: on individualise de plus en plus la moindre décision concernant notre assiette. Mais comme le souligne la sociologue Anne Dupuy, cela n’est pas forcément incompatible avec la commensalité, le fait humain de manger tout ensemble. On peut par exemple très bien manger ensemble, mais pas la même chose…

Bon appétit, bonne santé

Le grand enjeu de cet évènement, c’est bien sûr l’immense et riche lien entre la santé et l’assiette. C’est précisément ce qu’abordent Christine Cherbut, Directrice scientifique alimentation et Bioéconomie à l’Inra et ses intervenantsLe gastroentérologue Harry Sokol explique par exemple les interactions entre microbiote de l’intestin (l’ensemble des micro-organismes qui y vivent) et alimentation… Comme nous ne sommes pas tous égaux face à notre microbiote, ces recherches peuvent être des pistes pour une médecine préventive et thérapeutique personnalisée.

«Apporter la santé par l’alimentation du plus grand nombre»: telle est bien aussi la mission de Danone, réaffirmée par Jean-Philippe Paré, son directeur général Recherche et Développement et Qualité, face aux questions de quatre étudiants passionnés par les aspects scientifiques, sociétaux et économiques de l’alimentation. « Nous faisons de la nutrition médicale qui s’adresse aux patients. De la nutrition fonctionnelle pour le confort, l’équilibre. Mais le plus difficile, c’est la prévention. Faire comprendre que si vous mangez tel produit pendant vingt ans, cela aura tel effet », explique-t-il.

Tout au long du Forum «Bon appétit», divers résultats montrent que les consommateurs ont de plus en plus conscience de ce lien entre alimentation, santé, mais aussi environnement. Depuis les années 2000, les Français s’inquiètent beaucoup plus des risques alimentaires, les plaçant juste derrière les accidents de la route et bien avant le risque nucléaire. La crise de la vache folle et la fraude à la viande de cheval n’y sont pas pour rien.

S’y ajoutent les préoccupations de la génération Y, bien plus soucieuse de sa santé et de son environnement que les précédentes . Les enquêtes citées par Pascale Hébel, Directrice du pôle Consommation et Entreprise du CREDOC, traduisent cette évolution: «en 2007, le premier mot qui sortait pour exprimer la qualité d’un aliment c’était goût (suivi de prix, fraîcheur et esthétique). En 2015, c’est bio (suivi de produits bruts: légume, fruit, viande, poisson)».

Pour mieux manger, le local à l’honneur

Pour encourager des pratiques alimentaires plus saines, le colloque souligne l’importance des initiatives locales destinées à lutter contre la malnutrition et l’obésité. Thibault Deschamps, Président de l’Association FLVS (Fédérons les villes pour la santé) met ainsi en avant le bilan du programme « Vivons en Forme » lancé il y a dix ans à destination des enfants pour améliorer les pratiques alimentaires et encourager l’activité physique et sportive. Dans les 250 villes impliquées, le surpoids et l’obésité des enfants, y compris dans les catégories défavorisées, ont diminué de 7% à 48% selon les villes.

Damien Conaré, Secrétaire général de la Chaire Unesco Alimentations du monde, cite deux actions innovantes: à Belo Horizonte, le maire de la ville a voulu donner aux habitants pauvres un accès à une nourriture saine tout en sortant de la pauvreté les agriculteurs péri-urbains. Il a permis à ceux-ci d’approvisionner des restaurants populaires, des marchés urbains et des cantines scolaires. La réussite de Belo Horizonte a servi de modèle au programme Faim Zéro lancé dans tout le pays. Plus proche de nous, la ville de Montpellier, à l’occasion d’un nouvel appel d’offres, a attribué début 2016 l’approvisionnement en pain bio des cantines scolaires à un réseau de boulangeries solidaires qui utilise de la farine locale et emploie des travailleurs en réinsertion.

Et demain?

Et puis l’alimentation est aussi un formidable territoire d’innovations. En témoignent des «talks» organisés pendant cette journée, permettant un dialogue en plus petit comité: l’un par exemple avec Baptiste Bernier, co-fondateur du Foodlab de VOLUMES Coworking, ou un autre avec Mathieu Goncalves, co-fondateur d’Algama, qui propose une alimentation «alternative», avec des micro-algues.

Citons aussi le très intéressant atelier de Raphaël Haumont, chercheur en chimie, Directeur du laboratoire de cuisine moléculaire de l’Université d’Orsay. Ce dernier travaille sur «la cuisine du futur» (nouvelles structures, textures et émotions culinaires, nouveaux outils, «nourriture embarquée»…). Eaux végétales, cryoconcentration, lyophilisation, encapsulation végétale: tout cela pourrait faire partie de notre nourriture de demain.

Pour clore cette journée de réflexion, les experts analysent des grandes tendances de l’alimentation: digitalisation, végétarisme, rapport au gaspillage… Globalement, «les consommateurs ont besoin d’être rassurés», affirme Céline Laisney, fondatrice de AlimAvenir, cabinet de conseil en prospective, en analysant les tendances émergentes, qui préfigurent peut-être l’alimentation de demain. Ainsi, «le locavorisme est le premier facteur de réassurance, il permet de s’assurer de la provenance de son alimentation, d’avoir une consommation responsable».

Alors, que mangerons-nous demain? Comment? Les insectes vont-ils vraiment atterrir dans nos assiettes? Jusqu’à la clôture de l’événement, les points de vue se confrontent. Rendez-vous en 2025 pour confronter prospective et réalité de cette «alimentation du futur.»

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