Santé / Égalités / France

Le «French kiss» est-il si Frenchy?

Temps de lecture : 2 min

Une bonne question à se poser en cette journée internationale du baiser.

Le roulage de pelle est loin de faire l’unanimité | Rolf Brecher via Flickr CC License by

«French kiss», «baiser à la française», «beso francés»... Selon les langues (!) notre façon d’embrasser, ici en France, est connue dans le monde entier. Mais ce baiser est-il seulement français?

Pourquoi galocher –mot officiel introduit récemment dans Le Petit Robertpour désigner le French kiss– est-il perçu comme une pratique française? Plusieurs explications tournent ici et . Une première légende accorde ce terme à un chercheur néerlandais, Theodor Van de Veld. Celui-ci aurait observé un couple breton, Monsieur et Madame Maraichin, qui passaient «des heures à mutuellement explorer et caresser la cavité intérieure de la bouche de l’autre, en y plongeant la langue le plus profondément possible». Une autre version accorde cette expression aux soldats américains revenus de France après la Première Guerre mondiale (certains parlent de la Seconde): devant les «pratiques sexuelles aventureuses» des «Frenchies», qui n’hésitaient pas à s’embrasser à pleine bouche en public, le «French kiss» est devenu un cliché outre-atlantique.

La réputation de la France, et en particulier de Paris, «capitale de l’amour», contribue aussi à cette appellation du «French kiss». Le plus célèbre d’entre eux, immortalisé par Robert Doisneau sur la place de l’Hôtel de Ville à Paris, est l’un des nombreux exemples qui véhiculent cette image du baiser langoureux «à la française». Dans une émission consacrée au baiser sur France Culture, une étudiante colombienne attribue au «beso francés» un «côté romantique», quand une Mexicaine évoque, elle, «un baiser que l’on déguste».

Stimulateur de l’acte sexuel

Le roulage de pelle est cependant loin de faire l’unanimité. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, nous Français, tout le monde n’est pas prêt à fourrer sa langue dans la bouche d’un(e) autre. Selon une étude de l’université d’Indiana, publiée en juillet 2015 dans la revue American Anthropologist, seulement 46% de la population mondiale serait adepte du «French kiss». Les chercheurs ont observé et interrogé des personnes originaires de pas moins de 168 cultures différentes. Et les grands gagnants du «French kiss» sont... les habitants du Moyen-Orient, qui affirment tous qu’un baiser c’est avec la langue.

Tout le monde n’est pas prêt à fourrer sa langue dans la bouche d’un(e) autre

Si l’étude ne révèle pas les habitudes des Français, elle confirme l’attachement des Européens à s’embrasser langoureusement. Ce n’est en revanche pas le cas des Africains, qui ne seraient que 13% à pratiquer le «French kiss», ni des Sud-Américains (19%). Même aux États-Unis et au Canada, où le baiser à la française a été popularisé dans de nombreux films hollywoodiens, les trois quarts des Américains ne mettent pas la langue.

Ont-ils raison? Peut-être, quand on sait que, lors d’un baiser, on échange environ 80 millions de bactéries, comme le révèle cette étude publiée dans le journal Microbiome. Mais si embrasser avec la langue reste une pratique sociale et culturelle, c’est aussi un stimulateur de l’acte sexuel que l’on retrouve seulement chez l’humain –à part les bonobos, les animaux ne pratiquent pas le «French kiss».

Dans un entretien accordé en 2010 à Psychologies Magazine, la neurobiologiste Lucy Vincent décrypte que, «lors du baiser, notre corps libère une hormone, l’ocytocine, qui nourrit l’attachement. De plus, le taux de testostérone augmente quand nous nous rapprochons pour nous embrasser: cette hormone étant très impliquée dans la motivation sexuelle, le baiser entretient certainement le désir».

C’est ce que nous vous rappelions dans cet article: «Vous avez trois fois plus de chances de conclure sur un rapport sexuel en embrassant avec la langue qu’en fermant la bouche.» Voilà peut-être la vraie raison d’être de ce «French kiss», si cher aux Français.

Camille Jourdan Journaliste

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