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Pourquoi internet a cru que Manuel Valls démissionnait

Temps de lecture : 2 min

Et beaucoup regrettent que cela soit faux.

Extrait de l'article fake annonçant la démission de Manuel Valls.
Extrait de l'article fake annonçant la démission de Manuel Valls.

L’ambiance est plus tendue que jamais au sein de l’exécutif. Le Premier ministre Manuel Valls est vilipendé pour avoir utilisé l’article 49-3 de la Constitution pour faire passer en force la très contestée Loi Travail sans débat parlementaire. Des députés PS ont même émis l’idée de lancer une motion de censure à son égard, quitte à renoncer à leur appartenance au parti. D'autres ont publiquement souhaité sa démission, comme Karine Berger ou Yann Galut.

C’est dans ce climat de fragilité qu’un étrange article est apparu en ligne ce mercredi 6 juillet au matin. Signé par le Scan Politique du Figaro, son titre a interpellé de nombreuses personnes immédiatement: «François Hollande renonce à la loi travail. Manuel Valls démissionne dans la foulée»:

D’une longueur de 8.600 signes, choses rare pour des articles écrits à chaud, on peut y lire que le président renonce à la très controversée loi travail et «s’exprimera ce soir sur France 2, devant les Français, pour expliquer cette décision». Plus incroyable encore, Matignon aurait annoncé la démission de Manuel Valls. L’article cite même des rumeurs relayées par le JDD et le Figaro il y a quelques mois, évoquant des menaces de démission de la part du chef de gouvernement.

Évidemment, la nouvelle a vite fait le tour des réseaux sociaux, parfois prise au sérieux.

Sauf que les deux informations principales de ce papier sortent de nulle part, et pour cause: tout est faux, Manuel Valls ne démissionne pas.

Et il suffit de l’adresse URL de l’article pour comprendre qu'il ne s'agit pas d'un article du Figaro. À la place de l’habituel nom de domaine «www.lefigaro.fr», le site indique «www-lefigaro.com»:

Le reste de la page est identique à celles du Scan, et l’article en entier semble fiable, le détail de l’analyse étant sourcé vers des médias comme Le Monde ou Le Parisien. C’est ce qui a poussé Le Figaro à publier un tweet pour démentir les informations et expliquer que le site est un fake.

Si on tente d’en savoir un peu plus sur l’origine du site, on peut utiliser le site DomainTools, pour savoir qui a créé la fameuse page. Mais il s’avère que l’auteur de la page est passé par une entreprise australienne dans le Queensland qui protège l’identité de ses clients.

La première personne à avoir relayé l'article sur Twitter, HacMania, a elle-même retweeté son propre tweet pour assurer une plus grande diffusion (technique permise par Twitter depuis peu). Si l'on en croit ses autres tweets, il apparaît que l'utilisateur est un fervant opposant à la Loi Travail.

L’annonce de ce fake a déçu beaucoup de monde sur internet, et continue d'en faire rêver d'autres.

Vincent Manilève Journaliste

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