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Quand ils vieillissent, les singes aussi deviennent ronchons et plus solitaires

Un mâle adulte portant un jeune | Karyn Sig  via Wikimédia CC License by

Un mâle adulte portant un jeune | Karyn Sig via Wikimédia CC License by

Ils veulent de moins en moins d’amis quand ils deviennent vieux.

C’est une situation que beaucoup de monde a dû connaître: devoir forcer sa grand-mère ou son grand-père à aller à la rencontre d’autres personnes de son âge, dans des clubs ou lors de soirées qui leurs sont dédiés. Ces derniers rechignant à chaque fois quand il faut se sociabiliser.

Et bien si l’on en croit une étude publiée dans Current Biology et relayée par le site Scientific American, les singes font la même chose quand ils rentrent dans le troisième âge. Selon des scientifiques du centre de recherche sur les primates de Göttingen en Allemagne, nos cousins éloignés deviennent plus exigeants en matière de sélection sociale, et préfèrent rester avec des proches qu’ils connaissent plutôt que de faire de nouvelles connaissances. «La recherche donne des indices sur une possible explication évolutive du changement de nos propres préférences sociales quand nous vieillissons à travers les années», écrit le Scientific American.

Flemme sociale ou instinct parental?

Pour arriver à de telles conclusions, les chercheurs ont observé une centaine de macaques de Barbarie (que l’on trouve habituellement en Afrique du Nord) en les confrontant à la fois à des images de singes, qui leur sont familiers ou non, mais aussi à trois objets différents. Les macaques avaient devant eux un jouet en forme d’animal, un cube transparent avec des paillettes dans un liquide, et un tube rempli d’appâts. Il s’est avéré que, si les macaques les plus jeunes étaient intéressés par les trois objets, les plus vieux avaient des réactions bien différentes. Avec l’âge, les macaques plus âgés se désintéressent des objets futiles ou des personnes qu’ils ne connaissent pas ou peu pour privilégier leurs proches les plus intimes.

«Avec l’âge qui augmente, explique Laura Meling dans un communiqué de presse, les singes deviennent plus sélectifs dans leurs interactions. Ils ont moins d’amis et y investissent moins de temps. Il est néanmoins intéressant de voir qu’ils sont toujours intéressés par ce qui se passe dans leur propre environnement social.»

Cette recherche est très intéressante pour les humains. La sociologie a mené de nombreuses études sur l’évolution de la sociabilité des personnes âgées et il s’avère que, comme chez le singe, la vieillesse nous pousse à «choisir» ceux que l’on veut proches de nous. «La sélectivité qui augmente est souvent attribuée à la prise de conscience de notre propre mortalité, écrit Scientific American. Alors que la fin approche, nous donnons plus de valeur aux relations et aux expériences qui ont du sens.»

Néanmoins, pour les singes, l’espérance de vie est limitée, et donc les possibilités de vieillir comme les humains plus rares. Pour les auteurs de l'étude, ce resserrement social pourrait simplement s’expliquer par le besoin des parents de protéger leurs enfants contre les inconnus. Il se pourrait donc que les vieux singes soient tout de même moins ronchons que nous autres pauvres humains. 

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