Monde

Donald Trump retweete régulièrement des comptes suprémacistes blancs et néonazis

Temps de lecture : 2 min

Un tweet récent avec une étoile de David et des billets a causé l'indignation, mais ce n'est pas la première fois que Trump s'associe à des comptes racistes et antisémites.

Le candidat à l'investiture républicaine Donald Trump lors d'un meeting à Raleigh en Caroline du Nord, le 5 juillet 2016 | Sara D. Davis/Getty Images/AFP
Le candidat à l'investiture républicaine Donald Trump lors d'un meeting à Raleigh en Caroline du Nord, le 5 juillet 2016 | Sara D. Davis/Getty Images/AFP

Le 2 juillet, le manager du compte Twitter officiel de Donald Trump a posté une image d'Hillary Clinton avec une étoile à six branches ressemblant fort à une étoile de David, des piles de billets de banque et le message suivant: «candidate la plus corrompue de tous les temps».

Etoile de shérif ou étoile de David

Bien que Trump a expliqué que l'étoile était une «étoile de shérif», des journalistes ont trouvé que cette image avait initialement été créée et diffusée par un utilisateur de Twitter ouvertement raciste et antisémite, avant de refaire surface dans un forum néonazi en ligne.

«A gauche: la déclaration de l'équipe de Trump expliquant qu'ils ont obtenu l'image de l'étoile d'un utilisateur de Twitter. A droite: une autre image venant de cet utilisateur.»

L'ancien leader du Ku Klux Klan, David Duke, qui a déjà appelé à voter Trump, a retweeté l'image d'Hillary Clinton (en rajoutant des commentaires antisémites) et a ensuite expliqué à Buzzfeed que, selon lui, il s'agissait bien d'une étoile de David, pas d'une étoile de shérif.

Comme le rappelle un article de The New Republic, ce n'est pas la première fois que le compte Twitter de Donald Trump est associé à des suprémacistes blancs. En novembre, le candidat républicain avait retweeté des fausses statistiques expliquant que 81% des victimes blanches de meurtres aux États-Unis étaient tuées par des noirs. Il s'agissait d'un chiffre faux et dans sa biographie, l'utilisateur qui avait tweeté ces statistiques évoquait Adolf Hitler avec admiration. Trump s'était alors défendu en disant qu'il lui était impossible de vérifier toutes les statistiques.

Au moins 75 retweets

En janvier, il avait aussi retweeté une image anti Jeb Bush postée par un compte intitulé @WhiteGenocideTM, soit «génocide blanc», le cri de ralliement des racistes qui pensent que les blancs sont en danger aux États-Unis. Selon une analyse du site Fortune en janvier, le candidat républicain avait alors retweeté au moins soixante-quinze utilisateurs qui suivent les comptes les plus influents regroupés sous le hashtag #WhiteGenocide (génocide blanc).

Les membres de ces groupes racistes et néonazis interprètent ces retweets comme des «clins d'oeil», des signes que Trump est avec eux. En général, le milliardaire nie ensuite soutenir ces extrémistes sans les condamner clairement, avant de se déclarer victime du «politiquement correct». Dans l'affaire de l'étoile de David, l'ancien directeur de campagne de Trump, Corey Lewandoski, qui est désormais analyste sur CNN, a déclaré que les critiques du tweet représentaient les «extrêmes du politiquement correct».

Une situation «dangereuse»

Le président de la Chambre des représentants, le républicain Paul Ryan, a admis que l'image était antisémite, tout comme il avait admis que le commentaire de Trump sur un juge d'origine mexicaine était raciste. Pourtant, Ryan n'a pas dit qu'il arrêterait de soutenir Trump. C'est la position dans laquelle se retrouvent de nombreux autres leaders républicains.

Pour Jamelle Bouie dans Slate.com, cette situation est dangereuse car des idées et des symboles autrefois complètement tabous lors des présidentielles s'immiscent désormais dans le discours politique «normal».

«En ce moment, Trump est en train de montrer à ses loyaux fans suprémacistes blances qu'on peut nier l'humanité de certaines personnes et continuer à prospérer en politique».

Slate.fr

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