Culture

Les onze séries à regarder cet été (et celles qu’on attend le plus)

Nora Bouazzouni, mis à jour le 11.07.2016 à 15 h 30

Vous ne partez pas cet été, ou bien la maison de vacances a une bonne connexion internet? On a ce qu’il vous faut en cas d’ennui, d’insomnie ou de temps pourri.

«UnREAL», saison 2 actuellement sur Lifetime

«UnREAL», saison 2 actuellement sur Lifetime

1.BrainDead (CBS)Saison 1 en cours

 

Si The Good Wife vous manque, navrée mais la nouvelle série de ses créateurs, Robert et Michelle King n’a rien, mais alors rien à voir avec les péripéties d’Alicia Florrick. BrainDead, diffusée depuis le 13 juin sur CBS, serait plutôt un mix entre la méconnue et néanmoins géniale Alpha House (Amazon Studios) et Les Envahisseurs de la planète rouge (1953). Laurel Healy (Mary Elizabeth Winstead, vue dans Scott Pilgrim ou 10, Cloverfield Lane) est une réalisatrice de documentaires qui peine à financer ses films. Lors d’une brève visite à Washington, son père la convainc de travailler quelques mois au côté de son sénateur démocrate de frère (joué par Danny Pino, de Cold Case et Scandal) moyennant rétribution. Pendant ce temps, une météorite qui s’est écrasée sur Terre et laissée sans surveillance au Smithsonian à cause d’un shutdown gouvernemental laisse s’échapper des milliers de fourmis extraterrestres. Alertée par une électrice, la mort d’un scientifique et le comportement bizarre de ses collègues (ainsi que leur amour pour une chanson des 80s), Laurel va découvrir que le cerveau du personnel de la Maison-Blanche se fait grignoter par ces aliens.Le tout sur fond de satire politique, avec les apparitions télévisées des vrais Hillary Clinton, Bernie Sanders et Donald Trump. C’est drôle, léger et cynique (mention spéciale au résumé chanté).

2.Irresponsable (OCS)Saison 1 en cours

 

 

Première création tout droit sortie du département "Création de séries TV" de la prestigieuse Fémis, Irresponsable est une très chouette comédie française (enfin!) imaginée par Frédéric Rosset et co-écrite avec sa sœur Camille. Le pitch n’est pas très original, mais qu’importe, on se marre bien. Julien (Sébastien Chassagne, impeccable en branleur condescendant) a 31 ans. Lorsqu’il perd job et appart, il revient habiter chez sa mère, à Chaville, et se comporte comme un ado attardé persuadé que tout lui est dû. Un jour, il tombe sur Marie, son grand amour du lycée, qui avait déménagé du jour au lendemain sans plus jamais donner de nouvelles. Elle lui explique (attention, spoiler dévoilé dans l’épisode 1) qu’il a un fils (Theo Fernandez, Les Tuche), aujourd’hui âgé de 15 ans. Ambiance Les Beaux gosses de Riad Sattouf.

3.UnREAL (Lifetime)Saison 2 en cours

 

Difficile de faire court, tant il y a à dire sur cette satire imaginée par Sarah Gertrude Shapiro. Au côté de Marti Noxon (Buffy, Breaking Bad), elle dévoile les coulisses d’Everlasting, une émission (fictive) où un jeune et beau célibataire doit piocher parmi une dizaine de prétendantes. On y suit Rachel Goldberg (Shiri Appleby, vue dans Roswell, Girls), jeune productrice qui réintègre l’équipe après une dépression nerveuse, et son mentor, Quinn King (Constance Zimmer, Entourage, House of Cards), la boss du show, exigeante et glaciale. Shapiro connaît bien son sujet, puisqu’elle a produit une trentaine épisodes du Bachelor américain avant… de faire une dépression nerveuse.

L’originalité d’UnREAL tient en son parti pris, à mille lieues des parodies de téléréalité: dézinguer la «prod», entité cynique et toute-puissante prête à sacrifier l’humain sur l’autel de l’audimat, et tendre aux spectateurs le miroir de leur propre perversion.

4.Baroness van Sketch Show (CBC)Saison 1 en cours

 

Quatre femmes, une caméra, vingt-deux minutes. Impossible de pitcher le Baroness von Sketch Show puisque, comme son nom l’indique, il s’agit d’une succession de sketchs indépendants, dans la veine de Key and Peele, les parodies de Saturday Night Live ou Inside Amy Schumer –tout aussi féministe et politiquement incorrect, bien que plus subtil et légèrement plus british dans l’humour. La série canadienne a été créée et produite par Carolyn Taylor, Meredith MacNeill, Aurora Browne et Jennifer Whalen, qui jouent dans chaque saynette.

5.Wrecked (TBS)Saison 1 en cours

 

Jusqu'à Cougar Town, les séries diffusées sur TBS –principalement des sitcoms familiales– passaient totalement inaperçues. Mais ça, c'était avant. Depuis deux ans, la chaîne tente d'élargir et rajeunir son public (et marche sur les plates-bandes de NBC) avec l'émission Full Frontal with Samantha Bee et des séries comme Angie Tribeca, Search Party (bientôt) ou Wrecked.

Cette dernière, une parodie de Lost bien ficelée, est parfaite pour l'estivant en quête de légèreté. C'est court, rythmé, drôle. Selon votre dégré de sériphilie, certaines têtes vous diront (vaguement) quelque chose, surtout Rhys Darby, inoubliable Murray dans Flight of the Conchords et héros d'un épisode particulièrement marquant de l'ultime saison de X-Files. Bonne nouvelle: la série a déjà été renouvelée pour une deuxième saison.

6.The Expanse (Syfy)Saison 1 terminée

 

Génial space opera adapté des romans de Daniel Abraham et Ty Frank (sous le pseudo James S. A. Corey) par Hawk Otsby et Mark Fergus (scénaristes du chef-d’œuvre Les fils de l’homme), The Expanse se déroule au 23e siècle. Notre système solaire est alors divisé entre les planètes intérieures (colonisées par le Terre et Mars, puissance militaire indépendante avec qui les relations ne sont pas au beau fixe) et les planètes extérieures, comme la ceinture principale d’astéroïdes. Sur cette dernière, les «belters», qui en exploitent les ressources minérales, sont rationnés en air et en eau, et se sentent spoliés. Un policier (Thomas Jane), le capitaine d’un vaisseau (Steven Strait) ainsi qu’une sous-secrétaire adjointe aux Nations unies (Shohreh Aghdashloo) vont mettre au jour une conspiration qui menace l’avenir de l’humanité.

Une série qui devrait combler les nostalgiques de Battlestar Galactica. Attention: les accents des personnages et leurs dialectes rendent les dialogues complexes à suivre, sous-titres obligatoires.

7.The Durrells (ITV)Minisérie términée

 

1935, Bournemouth (Royaume-Uni). Louisa Durrell, veuve sans le sou, décide de quitter l’Angleterre pour l’île grecque de Corfou, où elle vivra pendant cinq ans avec ses quatre enfants. Au menu: humour caustique, paysages paradisiaques, naturalisme et péripéties en tous genres. Une minisérie en six épisodes qui fleure bon les vacances (et donne envie de tout plaquer pour retaper une vieille baraque grecque), adaptée des mémoires de Gerald Durrell, la Trilogie de Corfou.

Fun fact: trois des six épisodes ont été réalisés par Steve Barron, auteur de dizaines de clips, dont Take on Me, Africa et le cultissime Billie Jean.

8.The Girlfriend Experience (Starz, en replay sur OCS jusqu'au 19 juillet)Saison 1 terminée

 

Déjà explorée dans la très bonne série britannique Secret Diary of a Call Girl, où l’on suivait le quotidien de Hannah Baxter (Billie Piper), la prostitution (de luxe) fait son retour à la télé dans cette adaptation basée sur le film de Steven Soderbergh sorti en 2009, où l’actrice porno Sasha Grey tenait le rôle principal. Christine (incarnée par la petite-fille d’Elvis Presley, Riley Keough, vue dans The Runaways ou Mad Max: Fury Road) est étudiante en droit et stagiaire dans un grand cabinet d’avocats. Sur les conseils d’une camarade, elle devient escort girl pour financer ses études.

S’ensuit un véritable palais des glaces où les écrans (télé, ordinateur, téléphone) reflètent la double vie de l’héroïne et celle de ses clients, où le voyeur devient acteur, où l’on se regarde en train de baiser, se baiser ou se faire baiser –mais l’on ne sait plus vraiment par qui. Surtout, la série à l’esthétique glaciale et léchée, impeccablement réalisée, ne porte aucun jugement sur l’héroïne mais laisse, pour une fois, cette responsabilité au spectateur. Déstabilisant.

9.Le Bureau des légendes (Canal+)Saisons 1 et 2 terminées

 

Pari réussi pour Éric Rochant, puisque cette nouvelle saison surpasse la première. Certes, les choix et la voix-off de l’agent Malotru (Mathieu Kassovitz) donnent envie de lui coller quelques baffes, mais l’arc narratif autour de Phénomène (Sara Giraudeau, parfaite et qui joue la moitié du temps en farsi), partie en mission à Téhéran, éclipse l’antipathie de son collègue. La série donne davantage de place au terrain et creuse la psychologie des personnages un peu survolés l’année dernière, notamment Henri Duflot (Jean-Pierre Darroussin), patron de la DGSE parano et fataliste. Une saison 2 qui s’empare de l’actualité, avec l’apparition d’une organisation terroriste à la Daech, et se veut pleine de rebondissements. Accrochez-vous.

10.American Crime (ABC)Saisons 1 et 2 terminées

 

L’anthologie créée, écrite et réalisée par John Ridley (Oscar du meilleur scénario original pour 12 Years a Slave) est un bijou sur lequel il est difficile de trouver à redire, sur la forme comme sur le fond. Dans la première saison, ce sont les conséquences du meurtre d’un jeune vétéran et de l’agression de sa femme, à travers le point de vue des suspects, de leurs familles et celles des victimes. Dans la deuxième (qui rappelle la sordide affaire de Steubenville), un ado aux origines modestes accuse un de ses camarades, joueur dans l’équipe de basket de leur prestigieux lycée privé, de l’avoir violé. Outre les acteurs et actrices formidables (Felicity Huffman, Timothy Hutton, Regina King, Lili Taylor…) et la réalisation impeccable, les histoires racontées dans American Crime ont en commun les thématiques abordées: racisme, justice, privilèges, influence du milieu social, existentialisme.

Une série bouleversante avec, et c’est encore trop rare, un casting aux origines diverses et des personnages féminins incroyablement complexes.

11.Togetherness (HBO)Deux saisons et puis s'en va

 

À deux semaines du season finale de Togetherness, acclamée par la critique américaine, les frères Mark et Jay Duplass, ainsi que Steve Zissis, ont appris que HBO ne renouvellerait pas leur série. Les audiences et l’absence de nominations aux Emmys et autres Golden Globes (une obsession pour HBO, depuis que la chaîne a perdu son monopole) ont eu raison des tribulations de quatre amis quadras en pleine crise existentielle dans la cité des anges. Savourez donc les 16 épisodes de cette dramédie douce-amère, intime et touchante, il n’y en aura probablement pas d’autres.

Et bientôt…

Stranger Things (Netflix, tous les épisodes le 15 juillet)

 

Grosse ambiance 80s pour cette nouvelle série originale Netflix qui sort dans quelques jours, mix entre Les Goonies, Super8 et E.T. Le pitch: un jeune garçon disparaît sans laisser de trace. Partis à sa recherche, ses amis et sa mère (Winona Ryder, qui confirme son retour à la télé après la minisérie de David Simon Show Me a Hero, sur HBO) vont être confrontés à des forces surnaturelles et mettre en péril les expériences top secrètes du gouvernement. Sortez le pop-corn!

You’re the Worst (FXX, saison 3 le 31 août*)

La comédie romantique la plus cynique du moment (avec Catastrophe) est de retour cet été. L’occasion de rattraper votre retard si vous n’avez jamais entendu parler de You’re the Worst (on vous en vantait les mérites ici). Le pitch: Jimmy, écrivain misanthrope et Gretchen, chargée des relations publiques d’un groupe de rap, se rencontrent à un mariage. Ils couchent ensemble, convaincus qu’il ne s’agit que d’un coup d’un soir car ils sont bien trop cool pour les histoires d’amour. Évidemment, rien ne va se passer comme prévu. Mais oubliez les romcoms gnan gnan auxquelles on nous biberonne depuis l’enfance: la série de Stephen Falk est un sommet d’humour noir, avec une galerie de personnages toxiques, autodestructeurs et malheureux. À la fois hilarante, déroutante et sombre, on espère que YTW nous surprendra cette année encore.

The Get Down (Netflix, les six premiers épisodes le 12 août)

 

Attention, poids lourd. Après Martin Scorsese et son mégahypé Vinyl (pourtant annulée par HBO après une seule saison), un autre grand nom du cinéma s’essaie au petit écran. Dans The Get Down, Baz Luhrmann racontera la naissance du hip-hop, du funk et du disco dans le Bronx des années 70. Le réalisateur de Moulin Rouge, Roméo + Juliette et Gatsby le Magnifique a développé cette fresque socio-musicale pendant dix ans –contre cinq pour Scorsese. On espère que c’est bon signe.

* — Oui c'était le 31 juillet... Et puis la chaîne a décidé de reculer d'un mois. Retourner à l'article

Nora Bouazzouni
Nora Bouazzouni (20 articles)
Journaliste et traductrice
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