France

INFOGRAPHIE. Loi Travail: quatre mois de bataille des chiffres entre le pouvoir et les syndicats

Camille Malnory, mis à jour le 05.07.2016 à 19 h 16

Petit retour sur les différences de comptage entre les organisateurs des manifestations anti-loi Travail et les autorités.

La manifestation du 5 juillet. PHILIPPE LOPEZ / AFP.

Les manifestants contre la loi Travail ont battu pour la dernière fois le pavé, ce mardi 5 juillet, partout en France, avant une pause estivale. Les chiffres viennent de tomber à Paris et, encore une fois, on constate un écart substantiel entre ceux des autorités et ceux des syndicats: la préfecture annonce entre 6.500 et 7.000 personnes, contre 45.000 pour la CGT, soit un ratio de six manifestants pour les syndicats pour un manifestant selon la police. Au niveau national, la préfecture annonce 30.000 manifestants, tandis que les syndicats n'ont encore publié aucune totalisation des différents cortèges.

Durant les trois mois de lutte contre la loi El-Khomri, des disparités plus ou moins importantes sont apparues entre les différents comptages, comme le montre l’infographie récapitulative ci-dessus.

Selon un de nos précédents articles faisant état de ces mêmes disparités sur les manifestations se déroulant depuis 2002, un ratio de 2 est quelque chose de courant dans ce type d’événements. Ici, il a été quasi-constamment plus haut: 3 pour la plupart des manifestations exceptées celle du 9 mars et celle du 26 mai, où le ratio se rapprochait de la moyenne habituelle. Le pic du 14 juin –jour où le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, avait annoncé une mobilisation «énorme», et où les organisateurs ont fait part de près d’un million de manifestants, contre 80.000 d’après la préfecture– a d’ailleurs beaucoup fait parler de lui, remettant en cause les systèmes de comptage. Pour Les Décodeurs du Monde, les différentes manières de procéder des organisateurs sont à revoir, car elles ne peuvent donner un chiffre probant. L’une des méthodes, consistant à établir un ratio entre la population et la surface, avait déjà été utilisée en 2013-2014 par la Manif pour tous et sèchement critiquée.

Si les chiffres donnés par la police sont également à prendre des pincettes –car revus un peu à la baisse–, ils sont en général plus proches de la réalité. La préfecture utilise un appareil de comptage manuel, actionné par tranche de dix manifestants. Une marge d’erreur est toujours possible, mais ce système a été approuvé par des experts mandatés par le gouvernement dans une tentative d’établir la meilleure méthode de comptage. La guerre du «Qui a le vrai chiffre?» n'est pas prête de finir.

Camille Malnory
Camille Malnory (28 articles)
Journaliste
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