Sciences / Monde

Ils ont traqué la plus grande éruption volcanique islandaise en 200 ans

Temps de lecture : 2 min

En 2014, une expédition de sismologues a capté en Islande la genèse d’une éruption volcanique bien plus puissante que celle du célèbre Eyjafjöll.

Vue aérienne du l’éruption du volcan Bárðarbunga, en Islande, le 14 septembre 2014 | BERNARD MERIC/AFP
Vue aérienne du l’éruption du volcan Bárðarbunga, en Islande, le 14 septembre 2014 | BERNARD MERIC/AFP

Une éruption volcanique, ce n’est pas seulement une explosion au sommet d’une vaste montagne, de la lave qui coule sur les versants et un immense nuage de cendre. C’est aussi et surtout ce qu’il se passe en amont, sous terre. La preuve avec l’éruption du volcan islandais Bárðarbunga (31 août 2014-27 février 2015), rapporte Quartz: avant de sortir de terre, le magma s’est déplacé de 46 kilomètres.

Alertés mi-août 2014 par quelques mini-secousses, les sismologues de l’université de Cambridge sont partis à la traque du réveil de ce volcan qui n’avait plus rugi depuis 1910. Deux semaines plus tard, les voilà parés, avant tout le monde, à capter les premiers instants d’éruption et le «rideau de feu» de la taille de Big Ben, soit presque 100 mètres de haut, qui a éclaté.

«C’était une expérience absolument spectaculaire, réalise Robert Green, l’un des sismologues sur place, avant d’énumérer les étapes de ce voyage. Aller en Islande, disposer ses instruments dans une zone d’évacuation, être soudainement réveillé par un tremblement de terre, et dans la foulée être le premier groupe devant l’éruption au milieu de la nuit sous les lumières nordiques [...]. Voir la nature dans son absolue toute-puissance, c’est quelque chose que je n’oublierai jamais.»

30.000 mini-séismes

Grâce à des scooters de neige, des 4x4, des hélicoptères, l’équipe de recherche avait installé des technologies sismométriques de pointe pour guetter le moindre soupçon d’activité de la chambre magmatique; 30.000 mini-séismes, qui ont influé sur le trajet du magma, ont ainsi été détectés. C’est ce qui a permis de découvrir le lieu exact de l’explosion. Une découverte d’une telle précision que certains appareils ont dû être retirés à la hâte au vu de l’avancée fulgurante de la lave.

Si l’éruption de Bárðarbunga n’a pas laissé à quai 100.000 avions comme ce fut le cas pour Eyjafjöll en 2010, elle était dix fois plus puissante. Selon l’Index d’explosivité volcanique (IEV), on est passé du niveau «cataclysmique» (4) en 2010 au «niveau colossal» (6) en 2014. Toutes les deux minutes, Bárðarbunga produisait autant d’énergie que la bombe nucléaire larguée sur Hiroshima, le 6 août 1945. Preuve qu’il ne faut pas se fier aux apparences ni à la grandeur du panache de fumée, qui dépend du lieu où intervient l’explosion: si le magma rencontre en amont une calotte glaciaire, le nuage de fumée sera plus massif et montera bien plus haut.

Cette aventure, qui fait l’objet d’une exposition du 4 au 10 juillet à la Royal Society, à Londres, a permis de parfaire les systèmes de prévention des éruptions dans cette zone très menacée.

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