Sports

En Pologne, l'extrême droite tente de surfer sur les succès de la sélection

Temps de lecture : 2 min

Elle a diffusé un photomontage raciste mettant en scène les joueurs de l'équipe nationale, éliminés d'extrême justesse en quart de finale.

Montage de la publicité de la marque Vistula et du détournement qui en a été fait par l'extrême droite polonaise.
Montage de la publicité de la marque Vistula et du détournement qui en a été fait par l'extrême droite polonaise.


Défaite de justesse en quart de finale par le Portugal (1-1, 3-5 t.a.b.), l'équipe de Pologne a réussi un beau parcours durant cet Euro, inédit pour elle depuis sa grande période des années 1970-1980. Mais ce parcours a aussi sa face sombre, comme l'a illustré un photomontage raciste qui a émergé dans les jours qui ont suivi la victoire du onze polonais sur la Suisse en huitièmes de finale.

Profitant de l’élan d’enthousiasme et de fierté nationale qui a envahi le pays, le mouvement ultranationaliste des «Jeunes Polonais» a voulu surfer sur la vague en récupérant, évidemment sans la moindre autorisation, la publicité officielle du couturier Vistula, dans laquelle les onze joueurs de l’équipe posaient dans des costumes de la marque. Le cliché a été transposé en noir et blanc –de manière à rappeler les photos «patriotes» et ultranationalistes qui circulaient dans les pays d’Europe centrale dans l’entre-deux-guerres, comme le rappelle l'édition polonaise de Vice– et on y a rajouté un brassard rouge et blanc au bras de l’attaquant du Stade Rennais Kamil Grosicki. Et surtout, un slogan sans équivoque, «Tous différents, tous blancs. Pologne, Euro 2016», qui parodie ouvertement ceux des mouvements antiracistes et adresse un appel, toujours selon les mots de Vice, à «ces mouvements qui affectionnent tout particulièrement le salut hitlérien et la Rome antique».

Ce qui n’empêche pas le mouvement, connu pour ses positions fascisantes, de se défendre d’être raciste, comme l’explique son porte-parole à Vice: il affirme que les «Jeunes Polonais» ont simplement voulu montrer qu’ils se réjouissaient du fait que l’équipe de Pologne restait composée de «vrais Polonais», entraînés «au pays» et non de citoyens naturalisés. Le Centre de surveillance des comportements racistes et xénophobes, qui a alerté l’opinion publique sur sa page Facebook dès la publication du montage, se demande quant à lui si, après avoir appelé de leurs vœux une «Pologne aux Polonais», les jeunes nationalistes n’iront pas jusqu’à souhaiter une Nouvelle nuit de cristal...

Aux sympathisants des mouvements d’extrême droite, des internautes n’ont pas omis de rappeler les faits d’armes des joueurs d’origine étrangère ayant fait partie de l’équipe nationale, au premier rang desquels l'attaquant d’origine nigériane Emmanuel Olisadebe, international polonais de 2000 à 2004. Ou encore d’exprimer leur consternation face à un détournement qui fait «honte aux joueurs», souvent eux-mêmes porte-paroles de campagnes antiracistes, à l’image du capitaine Robert Lewandowski ou de Jakub Blaszczykowski, buteur puis héros malheureux de la séance de tirs au but contre le Portugal.

Jakub Blaszczykowski dans un clip de l'UEFA contre le racisme.

De leur côté, la Fédération polonaise de football et la marque Vistula ont annoncé leur intention de porter plainte.

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