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Il faut réapprendre à apprécier ces moments que l'on passe seul

La solitude, cette préoccupation majeure, pourtant pleine de bienfaits | Bert Kaufmann via Flickr CC License by

La solitude, cette préoccupation majeure, pourtant pleine de bienfaits | Bert Kaufmann via Flickr CC License by

La tâche est de moins en moins aisée en ces temps de contact permanent. Pourtant, prendre du temps pour soi, rien qu'à soi reste toujours aussi salvateur.

Alors que partir en vacances seul devient de plus en plus courant, il n’est jamais mauvais de rappeler les vertus d'une tranche de solitude. Selon une enquête Ifop réalisée pour la Fondation de France en juillet 2015, 80% des Français avouent ainsi que la solitude est devenue une préoccupation majeure. Une crainte justifiée puisque, selon la même étude, un Français sur huit souffre d'être seul. Il faut néanmoins différencier la solitude de l’isolement, sa version subie sur le long terme. Des critères à la fois quantitatifs et qualitatifs sont à considérer.


Pendant longtemps, la psychologie sociale définissait la solitude d’un point de vue physique et spatial. L’omniprésence des moyens de communication numériques nous oblige aujourd'hui à reconsidérer la question en profondeur, explique Scott Campbell, professeur de télécommunication à l’université du Michigan pour The Conversation. Quitte à se demander s’il est encore vraiment possible expérimenter la solitude, et par conséquent de l’étudier?

Sherry Turkle, professeur au MIT, est loin de faire l’unanimité avec son dernier essai, Reclaiming Conversation, une critique acerbe du monde numérique et de la dégradation des relations en tête à tête. Désormais, déplore-t-elle, on ne subit plus de moment où on est seul. Potentiellement, internet nous permet de ne jamais l’être. Un vrai problème, car être seul a ses mauvais côtés (problèmes de santé), mais aussi ses bons côtés (la créativité). «Dans la solitude, nous nous trouvons nous-mêmes. Nous nous préparons à entamer une conversation.»

Connectés partout

Derrière ce phénomène, on retrouve le diktat de la disponibilité, l’impératif social d’être connecté. Selon une étude de Common Sense Media, une association américaine à but non-lucratif, 80% des adolescents indiquent regarder leur smartphone une fois par heure. 72% ressentent le besoin de répondre immédiatement à un message.

Le phénomène risque même de s’accentuer en raison de la multiplication des nouveaux outils mobiles, comme les montres connectées ou les lunettes Google Glass. Des objets du quotidien remplissent le rôle du téléphone portable, et invisibilisent notre connexion permanente… au risque de jouer avec sa vie et celle des autres, comme lorsqu’on répond à un texto au volant. Robert Campbell n’hésite pas à qualifier ces technologies de «seconde peau» plus que d’«une innovation».

Hervé Magnin,  psychothérapeute et auteur de La Positive Solitude, mesure la difficulté à faire de cet état de solitude un moment heureux. «Il faut avoir une certaine estime de soiaffirme-t-il dans l'Express. Il faut s'entendre avec soi-même, se satisfaire de sa propre compagnie, ce n'est pas toujours facile, cela peut nécessiter un travail sur soi.» 

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