Égalités / Économie

Au travail, les femmes ne savent pas dire non

Temps de lecture : 2 min

Elles accomplissent bien plus que leurs collègues masculins toutes les petites tâches que personne ne veut faire, et qui ne mènent à aucune promotion.

 Husband & Wife Walk . . . (to divorce court) |Keoni Cabral via Flickr License by

Un jour, Linda Babcock, professeur d'économie, a réalisé qu’elle passait beaucoup de temps dans les réunions de son université. Dans les réunions, et à faire tout un tas d’autres tâches que ses collègues masculins ne voulaient pas faire, et qui n’apportent pas grand chose à la carrière d’un chercheur, au contraire des articles publiés dans des revues par exemple.

Linda Babcock a donc entrepris, avec quatre autres collègues, de vérifier s’il y avait là une tendance générale au monde du travail. Et son étude, résumée par Forbes, est parlante: oui, les femmes passent beaucoup plus de temps que les hommes à effectuer un travail qui ne leur permettra pas d’obtenir une promotion. À remplir toutes les petites tâches invisibles pour lesquelles il n’existe souvent ni remerciements, ni grand discours.

Biais

Et ce qui est intéressant, c’est qu’une fois de plus, ce ne sont pas seulement les hommes, mais aussi les femmes, qui elles-mêmes ont intériorisé que c’était à elles de faire ces tâches. Dans un groupe composé d’hommes et d’une seule femme, les femmes vont avoir tendance à se proposer en premier. Mais dans un groupe composé majoritairement de femmes, celles-ci vont avoir tendance à attendre que d’autres femmes se déclarent avant elles, souffrant donc des mêmes biais cognitifs.

Tandis que pour les hommes, c’est l’inverse qui se produit: dans un groupe composé uniquement d’hommes, les hommes se dépêchent de proposer leur aide. Ce qui n’est pas le cas quand une ou plusieurs femmes sont présentes... et montre bien que les hommes s’imaginent aussi que c’est aux femmes d’effectuer ces tâches.

Pour corriger ces biais, une seule solution, conseillent les chercheuses: les responsables et managers doivent en devenir conscients. Et moins compter sur les femmes pour faire ce que personne ne veut faire.

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