France

Quand Rocard couvait la deuxième génération de la seconde gauche

Frédéric Martel, mis à jour le 05.07.2016 à 17 h 38

Entrés en rocardisme à la fin des années 1980, Manuel Valls, Marisol Touraine ou Benoît Hamon étaient «jeunes rocardiens». Les clubs Convaincre et Forum ont été leur école. Raconter l’histoire de ces jeunes socialistes, c’est décrire de façon décalée le père de cette famille politique, Michel Rocard. Retour sur l’histoire de la pouponnière de la seconde gauche, aujourd’hui en deuil et désormais au pouvoir.

Michel Rocard aux États généraux du Parti socialiste, le 2 juillet 1993 à Lyon. PASCAL GEORGE / AFP.

Michel Rocard aux États généraux du Parti socialiste, le 2 juillet 1993 à Lyon. PASCAL GEORGE / AFP.

Être rocardien, à la fin des années 1980, c’est faire partie d’un club. D’une minorité. C’est le trotskisme du communisme ou le protestantisme du catholicisme, si l’on veut. Michel Rocard est alors, comme il l’a toujours été, «minoritaire»: il ne fait pas l’unanimité, contrairement à ce que pourraient laisser croire les hommages depuis sa mort, samedi 2 juillet 2016.

Un club, et même plusieurs. Les rocardiens «adultes» sont membres de «Convaincre»; les plus jeunes des clubs «Forum». Dans le premier groupe se retrouvent les compagnons de route du rocardisme, issus du PSU, de la CFDT ou de la revue Esprit, autrement dit la «seconde gauche». Jean-Paul Huchon, futur directeur de cabinet de Michel Rocard à Matignon (et futur président de la région Île-de-France), Yves Colmou, qui sera son chef de cabinet (et l’actuel conseiller politique de Manuel Valls) ou encore la ministre Marisol Touraine, le constitutionnaliste Guy Carcassonne, l’historien du socialisme Alain Bergounioux, le militant Tony Dreyfus ou le linguiste Pierre Encrevé animent ou font partie des clubs Convaincre.

Les plus jeunes, quant à eux, se réunissent autour d’un militant précoce: Manuel Valls. En 1986-1987, le patron des jeunes rocardiens a 24 ans. Fils d’un peintre catalan et né lui-même à Barcelone, il vient d’être naturalisé français. Il préside les clubs Forum qui rassemblent, à Paris, et dans des sections de province, les jeunes socialistes rocardiens. Parmi eux, l’histoire retiendra le nom de Benoît Hamon, futur ministre de Valls, mais aussi du député Olivier Faure, de deux candidats PS aux dernières élections régionales (Christophe Clergeau en Pays de la Loire et Christophe Castaner en Provence-Alpes-Côte d’Azur) et plusieurs figures clés de la vie politique locale (Jérôme Safar à Grenoble, François Blouvac à Nantes, etc). Tous ces jeunes rocardiens ont alors entre 20 et 25 ans. Aujourd’hui, Manuel Valls est Premier ministre et ses compagnons sont parmi les acteurs majeurs de la gauche française.

Comment peut-on être rocardien?

Comment peut-on être rocardien à vingt ans? À travers cette question se joue, pour une part, l’histoire de la gauche française. Et s’il est difficile de comprendre, en 2016, ces débats d’un autre temps, ils permettent de raconter autrement, et de manière décalée, la vie du père de cette famille politique, aujourd’hui en deuil: celle de Michel Rocard.

Un mot plus personnel ici, avant de poursuivre: j’ai avec le sujet que je traite une relation biographique. J’ai été membre des clubs Forum et Convaincre, et l’un des jeunes responsables d’un de ces groupes. Par la suite, à partir de 1993, Michel Rocard m’a demandé de devenir son collaborateur: j’ai voyagé avec lui, notamment à Sarajevo pendant la guerre ou en Roumanie après la chute du communisme, et ai suivi certains dossiers culturels, sociétaux ou internationaux pour lui. J’ai été et je reste encore aujourd’hui ce qu’on peut nommer un «rocardien».

Le bureau politique du PS, le 10 novembre 1993. Manuel Valls se trouve à droite de Michel Rocard. ERIC FEFERBERG / AFP.

Alors, pourquoi être rocardien à vingt ans? Je dirais qu’il y avait trois raisons principales –intellectuelles, économiques et politiques– qui pouvaient conduire les jeunes militants d’alors au «rocardisme». Si on met de côté les motivations qui étaient celles de la génération précédente (celle du PSA, du PSU et de Convaincre), les membres des clubs Forum partageaient une même matrice idéologique, une certaine vision de l’économie et une pratique politique.

On avait coutume de dire, dans le rocardisme de ces années, que la politique, pour Michel Rocard, c’était «les idées» alors que la politique, pour Français Mitterrand, c’était «les hommes». Je ne sais pas si cette distinction (reprise notamment par Jean Lacouture dans sa longue et belle biographie de Mitterrand) est pertinente mais il est clair que les «rocardiens» avaient la prétention d’être d’abord des «intellectuels». Le mot fera sourire, mais il est clair que les idées étaient au cœur de la bataille intellectuelle des deux gauches. Même si l’on sait depuis qu’«un homme politique est un intellectuel qui ne pense pas», selon la formule célèbre du grand théoricien américain Harold Rosenberg.

Pour les générations précédentes, tout avait commencé avec la guerre d’Algérie. On peut d’ailleurs penser que Michel Rocard avait été clairvoyant sur cette question puisqu’il avait quitté la SFIO en désaccord avec Guy Mollet alors que François Mitterrand était –oui, osons le mot– «mollettiste». Cette matrice «seconde gauche», c’était celle aussi du syndicalisme chrétien réformiste (la CFDT d’Edmond Maire principalement) et l’idéologie autogestionnaire et anti-totalitaire héritée du PSU.

Choisir son camp dans la bataille des idées

Pour la jeune génération, celle des clubs Forum, au contraire, le «rocardisme», c’était déjà autre chose. S’il conservait une certaine prétention intellectuelle, ses idées étaient encore celles de l’antitotalitarisme (c’est à dire, jusqu’en 1989, de l’anticommunisme), auxquelles s’ajoutaient clairement le rêve européen (Michel Rocard, bien avant Mitterrand, est un européen convaincu), le choix de la décentralisation (au fond, l’autogestion départementale et municipale) et, en fin de compte, le pari de la social-démocratie.

Entrer en rocardisme, dans les années 1980, c’était donc d’abord choisir un camp dans la bataille des idées. Pour beaucoup, l’essentiel tournait encore autour de la critique du totalitarisme: nous lisions la revue Esprit (celle de Paul Thibaud plus que celle d’Emmanuel Mounier), les livres des philosophes Claude Lefort ou Cornelius Castoriadis (par exemple la critique de Lefort contre la critique de Marx contre les droits de l’homme), Hannah Arendt sur le «système totalitaire» et, bien sûr, les classiques, de George Orwell à Soljenitsyne en passant par le Retour d’URSS d’André Gide. Le passé d’une illusion de François Furet, qui sera publié en 1995, représentera la synthèse la plus parfaite de ce débat.

Ce que le rocardisme a essayé d’inventer alors, c’est une gauche antitotalitaire et une social-démocratie à la française. La décentralisation apparaissait comme un moyen de limiter le centralisme jacobin français; la participation syndicale dans les entreprises était une manière de redonner du pouvoir aux salariés (on ne dit plus aujourd’hui «autogestion» mais empowerment!); le dialogue social et le contrat étaient des outils privilégiés plutôt que l’usage de la loi et de ses abus. À sa façon, le livre de Jacques Julliard, François Furet et Pierre Rosanvallon, La République du centre (1988), résume bien cette pensée. Il est d’ailleurs signé par trois des intellectuels qui ont le plus représenté notre famille politique.

Michel Rocard et François Mitterrand, le 19 avril 1988. PATRICK HERTZOG / AFP.

De là, peut-être, le péché original du «rocardisme»: sa pente à droite. Dans les années 1970, les amis de Michel Rocard sont critiqués (par exemple par le Ceres de Jean-Pierre Chevènement) pour incarner «l’aile droite du PS»; dans les années 1980, ils sont encore taxés d’être la «gauche américaine» –c’est alors une insulte, une sorte de parti démocrate modéré et centriste. Les rocardiens, bien sûr, ne se sont pas laissés enfermer dans ce débat et ils ont toujours défendu l’idée que la droiture intellectuelle de Michel Rocard n’était pas un basculement à droite et son choix du compromis, pas une antichambre de la compromission (procès que l’on retrouve aujourd’hui contre le «hollandisme» et le «vallsisme»). Il n’empêche, au congrès de Nantes en 1977, au congrès de Metz en 1979 et jusqu’au congrès fratricide de Rennes en 1990, le rocardisme ne cessera jamais d’apparaître comme la droite du PS, alors qu’il a toujours rêvé d’en être le centre de gravité: non pas le centre-gauche mais le point d’équilibre –sa centralité.

De là vient la raison politique fondamentale qui anime les jeunes rocardiens qui rejoignent les clubs Forum à la fin des années 1980 et au début des années 1990: l’anti-mitterrandisme. Être rocardien en 1986-1987 comme en 1992-1993 (c’est à dire avant ou après le passage de Rocard à Matignon), c’est être un déçu de François Mitterrand. Chacun a ses raisons: pour certains, c’est l’échec du premier septennat; pour d’autres, c’est le rapport ambigu de Mitterrand au parti communiste et à la CGT; son étatisme par refus de faire confiance à la «société civile» –l’expression magique du rocardisme; ou encore sa manière d’exercer le pouvoir en s’étant coulé dans les institutions de la Ve République (qu’il avait pourtant tellement critiquées); pour d’autres, enfin, ce sont les relations internationales, notamment la guerre en ex-Yougoslavie qui joue alors, au début des années 1990, un rôle dans la séparation des mitterrandistes et des rocardiens. Et bien sûr, l’économie est au centre du débat.

Avec Mitterrand, une opposition caricaturale

Les rocardiens se sont toujours donnés le beau rôle sur le plan économique. À la fin des années 1970, ils auraient anticipé l’impasse économique de 1981-1983 et prévu le tournant libéral «inévitable» des années 1983-1984; dans les années 1980, ils auraient contribué à faire accepter par le PS l’économie de marché; enfin, lorsque Michel Rocard est à Matignon, entre 1988 et 1991, il aurait réussi à tempérer cette économie de marché par des régulations essentielles, en créant notamment le RMI et la CSG.

Reste que cette dichotomie est trop caricaturale pour être vraie: François Mitterrand n’a jamais été en matière économique un étatiste pur jus, pas plus que Rocard n’a été seulement social-démocrate. On pourrait même montrer le contraire, un Rocard plus à gauche que Mitterrand sur bien des sujets (la matrice antiautoritaire, l’autogestion et l’anarcho-syndicalisme ont joué un rôle longtemps dans le rocardisme) et des politiques économiques plus proches qu’on ne l’a dit entre les deux hommes (bien que Mitterrand n’ait guère été un économiste, et Rocard peut-être un peu trop). Au vrai, c’est toute la famille socialiste qui s’est adaptée, peu à peu, durant les années 1980, aux contraintes budgétaires et à la réalité, au point qu’il est difficile de dire aujourd’hui qui du mitterrandisme ou du rocardisme a véritablement éloigné les socialistes de leurs vieilles lunes et contribué à fonder la gauche de gouvernement.

Le rocardisme a-t-il incarné une autre façon de faire
de la politique?
Nous le croyions à l’époque mais rien n’est moins sûr

Quant à la pratique politique du pouvoir et la maîtrise de l’appareil, le rocardisme a-t-il incarné une autre façon de faire de la politique? Nous le croyions à l’époque mais rien n’est moins sûr, rétrospectivement. De l’usage permanent du 49-3 à Matignon à l’usage tactique des congrès, jusqu’à Rennes en 1990, les rocardiens n’ont été ni meilleurs, ni pires que les autres socialistes. Et la défaite stratégique de Michel Rocard ne garantit pas, comme on l’a pensé, sa moralité. Les militants des clubs Forum appartenaient à un courant politique, le rocardisme, dupliqué d’ailleurs au sein du syndicalisme étudiant à l’Unef, qui avait aussi sa tendance rocardienne, mais aussi à la MNEF et au Mouvement des jeunes socialistes (ce qui permettra à Benoît Hamon, à partir de 1993, de débuter son ascension). Cette pratique politique n’était en rien différente de ce qu’avaient construit, de leur côté, Laurent Fabius ou Jean-Pierre Chevènement. Michel Rocard a su être un apparatchik tout autant, et peut-être davantage, que François Mitterrand et le fait qu’il ait échoué ne confirme pas nécessairement son «parler vrai» ou sa «pureté». Elle ne l’infirme pas non plus.

Une gauche «américaine»

Reste les idées. Leur inventaire a été dressé en ce qui concerne le rocardisme «canal historique» (par exemple dans la bonne biographie de Jean-Louis Andreani, Le Mystère Rocard, ou dans l’essai croisé de Robert Schneider, La Haine tranquille), mais un peu moins en ce qui concerne la seconde génération rocardienne, celle des clubs Convaincre et Forum. Ce bilan reste à faire, mais je peux ici avancer quelques premières idées, sans chercher à être exhaustif.

D’abord l’Europe et, au delà, une certaine vision non nationaliste de la politique étrangère, des droits de l’homme et des relations internationales (ce qui fait qu’un Bernard Kouchner ait pu apparaître dans les années 1990 comme un héritier du rocardisme et un anti-védrinien, avant d’évoluer vers un certain néoconservatisme américain et sarkozyste). Un seul exemple ici: l’erreur d’analyse majeure de François Mitterrand sur la chute du communisme et la guerre en ex-Yougoslavie, lequel n’a pas su comprendre le conflit, du fait de son histoire personnelle et de sa lecture du communisme, et que Michel Rocard a contribué au contraire à corriger à partir d’une réflexion portée notamment au sein des clubs Forum. Ensuite, la question de la laïcité, trou noir de la pensée du mitterrandisme, qui n’a pas permis d’anticiper l’urgence, lorsqu’il en était encore temps, d’une politique de la ville audacieuse, la priorité à l’intégration et, de fait, la question de l’islam –sujets qui ont été vus précocement dans les clubs Convaincre et Forum, ou parallèlement au sein de la fondation Saint Simon, qui en était proche (on se souvient de la phrase célèbre de Rocard: «La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit y prendre toute sa part»).

On peut citer enfin le renouveau de la pensée en matière de politique sociale qui a notamment été imaginée par des rocardiens au sein des clubs Convaincre (où les idées du RMI ou de la CSG ont infusé lentement) ou des clubs Forum (où, par exemple, l’idée du Contrat d’union civile et sociale a émergé, bien qu’elle soit née auparavant au sein du mouvement militant, avant de déboucher sur le Pacs et, par la suite, le mariage gay). De l’analyse critique du communisme à la priorité de la politique urbaine, en passant par l’acceptation de l’économie de marché ou la défense du mariage gay: on le voit, et jusqu’au bout, le rocardisme aura bien été à sa façon une gauche «américaine».

Il y a pourtant ici une contradiction fondamentale dont le rocardisme ne s’est jamais relevé. Plus militant que le mitterrandisme, plus décentralisé et plus favorable à la «société civile», comment se fait-il que le rocardisme soit devenu, à Matignon sous Rocard, ou depuis, à travers les gouvernements Jospin et Valls, qui lui empruntent sa matrice idéologique, un simple technocratisme? Le «parler vrai» de Rocard (c’est le titre du beau recueil de ses discours en 1979) a perdu de sa créativité dans l’exercice du pouvoir. Il a été broyé par la machine d’État qu’il a voulu, plus qu’aucun autre, transformer. Celui qui s’est rêvé en Franklin Roosevelt s’est révélé au pouvoir comme une sorte de Jimmy Carter.

Pour avoir enfanté une technostructure, et peut-être un monstre administratif (Michel Rocard était lui-même énarque et inspecteur des finances), le rocardisme a laissé au mitterrandisme le bénéfice de la politique. Et celui qui était à la gauche du PS, au temps du PSU et de mai 68, Michel Rocard, est alors apparu comme à sa droite, ne réussissant plus à incarner une «utopie dans la modernité». Face à Mitterrand, Rocard est devenu l’apôtre du seul réalisme –et n’a plus fait rêver.

Trop de logique ou trop de sentiment?

Avec la mort de Michel Rocard ce samedi 2 juillet, après celle de François Mitterrand il y a juste vingt ans, s’achève peut-être la bataille des deux gauches –qui était finalement moins une bataille d’idées qu’une bataille d’hommes. À eux deux, ces géants de la politique ont façonné la gauche française durant quatre décennies comme peu d’hommes, sous la Ve République, avant eux –ni depuis. Mais ce succès ne va pas sans un double échec.

La France serait mieux armée si un grand homme d’État avait combiné les qualités de Rocard

et Mitterrand

Leur principal échec, c’est d’abord de ne pas avoir eu de véritable filiation. Ni François Hollande, qui se réclame du mitterrandisme mais est le fils de Rocard, ni Manuel Valls, qui est assurément le fils spirituel de Rocard mais fait de la politique comme Mitterrand, n’ont encore réussi à incarner «la gauche», ni même simplement «une gauche». Les anciens militants des clubs Forum sont loin d’avoir réussi à renouveler la gauche, si tant est qu’ils s’y soient seulement essayés. Et ils ont tellement brouillé les pistes que ce n’est plus entre la première et la seconde gauche que se joue désormais le débat, mais plutôt de savoir s’ils sont encore de gauche ou si la gauche n’est pas déjà morte!

Leur second échec, c’est que dans leur guerre fratricide, marquée par la victoire politique définitive de Mitterrand et la victoire intellectuelle durable de Rocard, ils ont peut-être manqué l’essentiel: la France serait mieux armée aujourd’hui si un grand homme d’État avait combiné les qualités des deux hommes et évité de réunir leurs défauts. Car pour paraphraser la fin de L’Éducation sentimentale de Flaubert, Mitterrand, homme de littérature et de fiction, a manqué «de ligne droite» quand Rocard, l’homme de la non-fiction par excellence, a «péché par excès de rectitude, sans tenir compte de mille choses secondaires, plus fortes que tout». Le premier a eu «trop de sentiment» et le second «trop de logique». Toutes choses qui ont peut-être empêché la gauche –et la France–, faute de faire la synthèse entre ces deux familles, d’avoir hier, comme aujourd’hui, une grande figure de gauche qui fasse l'unanimité.

Frédéric Martel
Frédéric Martel (82 articles)
Journaliste et chercheur
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