Culture

Quand «Walk this Way» faisait s'écrouler le mur séparant rock et rap

Temps de lecture : 13 min

Il y a trente ans, un classique rock signé Aerosmith et Run-D.M.C. se transformait en classique hip-hop et officialisait le mariage de deux cultures que l'industrie musicale croyait opposées.

Capture d'écran du clip de la chanson d'Aerosmith et Run-D.M.C.
Capture d'écran du clip de la chanson d'Aerosmith et Run-D.M.C.

Les uns n'en voulaient pas, les autres n'étaient pas sûrs d'avoir encore une carrière, mais leur rencontre a créé un des plus gros tubes de la décennie, et un symbole générationnel. L'histoire de «Walk this Way» deuxième du nom ressemble à un «buddy cop movie», un film policier où deux personnes que tout semble opposer finissent par devenir potes en joignant leurs forces pour résoudre une affaire. Pour aller plus loin dans la métaphore, c'est un peu comme si Axel Foley du Flic de Beverly Hills rencontrait Martin Riggs au début de L'Arme fatale, le jeune Noir qui veut aller plus vite que le système assigné au Blanc en pleine perdition. Run-D.M.C. et Aerosmith. Et Rick Rubin en chef de la police.


Au milieu des années 1980, Aerosmith n'a vraiment plus grand chose du groupe qu'il était une décennie auparavant. Les rockeurs de Boston sont plutôt une caricature de leur genre, et le surnom des «Toxic Twins» (nom donné à Steven Tyler et Joe Perry en raison de leur importante consommation de drogues sur scène et en privé qui a failli les détruire) semble de plus en plus approprié.

Formé en 1970, le quintet a à son actif deux albums majeurs, Toys in the Attic puis Rocks, (la musique de Metallica, Guns'N'Roses, ou même Nirvana en sera largement influencée, d'après les artistes en question), et le cultissime «Dream On». Mais à force d'enchaîner les tournées, vivre dans l'excès en ayant de moins en moins de temps pour prendre du recul et trouver un nouveau souffle, Aerosmith a fini par s’autodétruire. Un constat qui pourrait résumer la carrière impressionnante mais éphémère de nombreux grands noms du rock. Mais contrairement à Led Zeppelin avec John Bonham, ou The Who avec Keith Moon, les «Bad Boys de Boston» n'ont connu aucun drame.

«La vieille méthode ne marchait plus»

Alors le groupe a pu se déchirer sur des histoires de couple, d'argent, d'ambition personnelle, les deux guitaristes ont pu claquer la porte (et même bosser ensemble sur le Joe Perry Project), Steven Tyler devenir presque incapable d'écrire des paroles et s'évanouir sur scène à cause de l'héroïne, rien n'était vraiment perdu. Officiellement en perdition en 1979, Aerosmith se donne une nouvelle chance en 1984. Il y a toujours des tensions, et la drogue a encore largement sa place, mais le quintet croit en ses talents sur scène. Prouver au public qu'ils ont encore une énergie impressionnante avant de penser à de nouvelles compositions.

Je savais qu'on devait changer, mais j'ignorais encore ce que ça allait donner

Joe Perry

Mais en cinq ans, la musique populaire a beaucoup changé. Si le retour du groupe dans sa forme originelle est apprécié du public, il peine à trouver sa place. Sorti en novembre 1985, l'album Done with Mirrors semble incomplet, et malgré quelques critiques positives, le succès commercial est absent.


Surtout, l'échec d'une collaboration professionnelle va à l'époque marquer le guitariste Joe Perry, comme il le raconte dans son autobiographie:

«Avant de signer chez Geffen, on a essayé de travailler avec Rick Rubin, qui avait lancé Def Jam Records et se faisait un nom dans le rap. Rick était un de ces génies à longue barbe, fan de hard rock, qui adorait nos albums des années 1970 et voulait nous relancer. On s'est rencontrés dans un studio de Boston, où je suis entré avec du Xanax dans une poche et de la poudre dans une autre. J'ai été incapable de bien jouer toute la journée et la relation avec Rubin n'a pas fonctionné. C'est là que j'ai compris que la vieille méthode ne marchait plus. Je savais qu'on devait changer, mais j'ignorais encore ce que ça allait donner.»

Les pionniers

Dire que Run-D.M.C. naviguait à vue dans l'industrie musicale serait presque un euphémisme. Le promoteur Russell Simmons avait de grandes ambitions pour son trio, composé de son petit frère Run, de D.M.C., ancien DJ poussé au rap, et d'un archéologue méticuleux de la platine baptisé Jam Master Jay.

Mais les trois gamins du Queens étaient en décalage avec la scène rap et plus largement la musique new-yorkaise de l'époque. «Le R&B nous détestait et nous le détestions. On était du ghetto. Les Noirs qui faisaient du R&B portaient des chaussures en croco, et pas de chaussettes. Ils étaient de la classe moyenne et n'aimaient pas le ghetto. Non seulement l'Amérique blanche ne voulait pas entendre parler de nous, mais l'Amérique noire non plus», a récemment déclaré Russell Simmons au Washington Post.

Ils ont donné une portée sombre au rap comme personne avant eux. Ou plutôt, ils ont été les premiers à faire du rap un art de la confrontation. S'ils n'ont pas créé la pratique de la battle, aucun artiste ne l'avait mis sur platine avant «Sucker M.C.'s» en 1983. Leur style est dur, arrogant et irrévérencieux, et ça se ressent dans des choix de productions plus rentre-dedans, plus rock.


Cette posture sans compromis les amène sur des terrains inattendus. «Rock Box» est le premier clip de rap à passer sur MTV (il fallait bien une grosse guitare électrique pour que le chaîne daigne programmer un genre musical censé choquer son public cible).


D'ailleurs, s'il y a bien un morceau qui à l'époque donnait un gros coup de pied dans l'hégémonie du rock (ou en tout cas de son industrie), c'est bien «King of Rock». Un ego trip sur fond de gros riffs de guitare, où les deux rappeurs font bien comprendre qu'eux aussi sont rock'n'roll. Le clip est encore plus marquant avec Run et D.M.C. qui s'incrustent au Rock'n'Roll Hall of Fame (une version fictive, le panthéon des rock stars n'existait pas à l'époque !), écrasent le célèbre gant de Michael Jackson et se moquent ouvertement des artistes des générations précédentes. Des vrais petits punks, mais plus amusants que menaçants.


Pour le prochain album, Raising Hell, ils vont alors collaborer avec le comparse de Russell Simmons, le cofondateur de Def Jam, Rick Rubin. Après avoir enregistré la plupart des morceaux, dont le célèbre «My Adidas» (qui leur vaudra un contrat avec la marque, une première pour des non-athlètes), le producteur de 22 ans a envie d'un morceau qui pourrait enfin donner plus de lumière au groupe, qu'il puisse enfin être diffusé à la radio. Quelque chose qui puisse atteindre un public plus large, pourquoi pas une reprise.


Le coup de pression

Pendant qu'Aerosmith essayait désespérément de sortir de la drogue, ses tubes d'autrefois trouvaient toujours preneur. Il faut dire que même en 1975, «Walk this Way» avait une saveur particulière: le riff principal était inspiré d'un groupe de funk, The Meters, la rythmique de batterie aussi; les paroles étaient pleines de double-sens, dans un style purement blues, et prononcées plus que chantées, le tout enveloppé dans le son rock et naturellement criard du groupe.

Ce serait génial si vous refaisiez la chanson avec eux. Pas juste un sample, vraiment refaire le morceau. Moi et Run, on se tourne vers lui, genre “Mais de quoi tu parles?”

D.M.C.

Dès 1978, Grandmaster Flash puis d'autres DJ à la recherche de beats de tous horizons musicaux vont se passionner pour l'intro du morceau. Toys in the Attic devient une source de sons parmi tant d'autres, peu importe l'auteur, dont le nom finit par disparaître des vinyls. C'est ainsi que Jam Master Jay, précurseur dans l'utilisation de samples rock, joue souvent avec son exemplaire de Toys, et notamment la quatrième piste.

Dans I Want my MTV, ouvrage très complet sur l'histoire de la chaîne musicale, D.M.C. revient longuement sur la génèse d'un coup de génie.

«Si ça avait été nous, notre version de Walk this Way aurait été juste le beat, quelques guitares, et moi et Run en train de vanter à quel point nous sommes géniaux. Mais Rick Rubin est entré dans le studio, genre “Qu'est-ce que vous écoutez?”. On a répondu: “C'est Toys in the Attic”. Et lui nous dit: “Non, le nom du morceau est 'Walk this Way’ et le nom du groupe est Aerosmith. Ce serait génial si vous refaisiez la chanson avec eux. Pas juste un sample, vraiment refaire le morceau.” Jay, en bon visionnaire, répond: “Wow, super idée”, et moi et Run, on se tourne vers lui, genre “Mais de quoi tu parles?”. Rick retire l'album de la platine et nous le donne en nous disant d'aller apprendre la chanson. Pour nous, c'était des conneries.»

En écoutant le morceau, les deux rappeurs sont perdus face aux jeux de mots et sous-entendus de Steven Tyler. Pour eux, c'est «du baragouin de bouseux», et ils n'hésitent pas à le dire à Russell Simmons. «On n'arrivait même pas à comprendre ce que ce type disait. On ne savait pas que ça parlait d'un gars qui découvre le sexe, mais seulement qu'on détestait le morceau», se rappelle D.M.C..

«Si tu leur hurles dessus, ils ne vont jamais le faire»

Simmons va alors leur passer un joli savon pour les pousser à faire l'enregistrement. Mais Run et D.M.C. sont bornés et raccrochent. Leurs producteurs ont beau rappeler, ils refusent de répondre. Et ce petit jeu va durer environ six heures. Pendant ce temps, Joe Perry reçoit un coup de téléphone inattendu et surprenant de Rick Rubin. Le producteur lui explique qu'il considère «Walk this Way» comme du proto-rap. «À moitié parlé, à moitié chanté et avec une arrogance digne du rap», définit-il.

Après avoir pensé à une recette classique avec samples et boîte à rythme, le gourou veut faire une reprise de la chanson, avec réenregistrement des guitares et de la voix. Aerosmith n'a rien à perdre, et un nouveau public à attirer. Les «Toxic Twins» sont partants.

Du côté de Run-D.M.C., c'est un peu plus compliqué: il y a d'abord une réputation à défendre. Hors de question de devenir un cliché, celui des rappeurs qui ont besoin d'un son rock pour réussir. C'est donc Jam Master Jay qui sauve encore la situation en jouant les médiateurs, en expliquant à Russell Simmons que ses camarades sont «des sales gamins, si tu leur hurles dessus, ils ne vont jamais le faire».

Pendant que Steven Tyler est déjà en studio à travailler son chant, le DJ trouve les mots pour rassurer ses deux rappeurs: «Faites le comme un morceau de Run-D.M.C.. Comme vous le sentez, à votre façon». Alors les paroles sont quelque peu réadaptées par Run et D.M.C. pour être plus compréhensibles, et chacun prend un couplet, soutenu une fois sur deux par la voix de Tyler.

Joe Perry refait simplement ses parties de guitare, et le tour est joué. Ah non, il faut ajouter de la basse, mais les musiciens n'en ont pas. Heureusement, quelques ados qui traînent au studio ont la gentillesse d'aller en chercher une. Ces gamins bien arrangeants s'appellent... les Beastie Boys.

La puissance du clip

Après l'enregistrement, il devient évident que ce morceau doit avoir sa place sur Rising Hell. «Walk this Way» deuxième du nom est d'ailleurs placée en quatrième position sur l'album. Il faut maintenant faire un clip et convaincre MTV, en pleine expansion et véritable booster de carrière à l'époque, de passer la vidéo. Jusque-là, Run D.M.C. a fait figure d'exception sur la chaîne, où le rap et les artistes noirs en général ne sont pas les bienvenus.

Par ailleurs, il y a le mystère Aerosmith: si leur présence devrait faciliter la diffusion sur MTV, Steven Tyler et Joe Perry n'ont jamais fait de clip. Le réalisateur Jon Small va alors avoir une idée simple mais ô combien symbolique: un décor séparé en deux, avec d'un côté le monde du rock, où Aerosmith joue la fin de «Walk this Way» version originale, et de l'autre, le monde du rap, où Run D.M.C. commence à remixer la chanson.

Le mur qui les sépare est ensuite littéralement cassé, et les deux groupes se retrouvent sur scène pour finir le morceau ensemble. En termes de métaphore, on peut difficilement faire plus simple. Le guitariste analyse avec fierté cette expérience:

«Les rappeurs portent des Adidas sans lacets, des chapeaux noirs, des longues chaînes en or, pendant que nous sommes avec nos foulards à paillettes, nos cuirs à franges et nos bottes blanches. Au final, les deux styles concordent. La vidéo est une célébration tapageuse, le mariage heureux de deux genres.»

Le succès de la vidéo est immédiat, et MTV la passe en boucle. Le pari de Rick Rubin et Russell Simmons est plus que réussi.

«Une colossale emmerde»

Aerosmith va connaître une deuxième vie dans la foulée. Les «Bad Boys» ont réussi un improbable et inédit comeback. Permanent Vacation sort en 1987 et cartonne, porté par le tube «(Dude) Looks like a Lady» et une grosse médiatisation. Le groupe reprend les codes visuels du glam metal, ou plus péjorativement du «hair rock», alors en plein âge d'or, tout en s'appuyant sur sa crédibilité des années 1970.


Steven Tyler et Joe Perry passent extrêmement bien à la caméra (quand les trois autres sont quasiment invisibles, ils n'étaient d'ailleurs pas là pour «Walk this Way»), ce qui lance une longue série de clips à succès.

Leurs trois albums suivants seront chaque fois de gros succès commerciaux. Malgré une tendance aux balades bien sirupeuses, ils montrent toujours une certaine créativité et une bonne dose d'énergie. Si cette deuxième carrière est très inégale et se joue énormément sur le charisme du chanteur, Aerosmith est aujourd'hui toujours bien vivant. Du moins pour une année encore: le 26 juin dernier, Steven Tyler a confirmé la fin de l'aventure, après une dernière tournée en 2017.

Beaucoup de gamins voulaient toujours apprendre la guitare en grandissant, mais après que “Walk this Way” est passée sur MTV en 1986, beaucoup ont décidé que devenir DJ était plus cool

David Thigpen

Sans doute parce que le groupe n'a plus grand chose à offrir, sinon une marque à vendre. Le guitariste Brad Whitford a même exprimé il y a quelques semaines qu'Aerosmith était «une colossale emmerde». Une grosse machine, qui n'a plus grand chose de son identité d'origine, et qui va pouvoir faire ses vrais adieux.

La conclusion en douceur d'un groupe de près de cinquante ans, quasiment ressuscité par des rappeurs new-yorkais, et qui a désormais vendu plus de 150 millions d'albums dans le monde, ce qu'aucun autre groupe de hard rock américain n'a réussi à atteindre.

L'héritage

Ils resteront pour beaucoup des miraculés du rock, sauvés par une idée de génie qu'ils n'ont bizarrement jamais réexploitée par la suite (à la semi-exception du «Sing for the Moment» d'Eminem). Mais d'autres avaient compris qu'une porte était désormais ouverte.

Car le premier gros impact de ce morceau, c'est que Run D.M.C., et par extension le rap, va se faire connaître dans les chaumières blanches américaines. Dans son ouvrage consacré au DJ, Jam Master Jay: The Heart of Hip-hop, David Thigpen exprime ainsi l'impact du morceau et notamment du clip.

«La vue de Jam Master Jay aux platines, pendant que Run, D.M.C. et Steven Tyler d'Aerosmith sont en train de danser, a poussé toute une nouvelle génération à s'intéresser aux platines, et ça a ouvert une porte vers une infinité de possibilités devenues réelles grâce au mélange du rap et du rock. Beaucoup de gamins voulaient toujours apprendre la guitare en grandissant, mais après que “Walk this Way” est passée sur MTV en 1986, beaucoup ont décidé que devenir DJ était plus cool. Et leur modèle était Jam Master Jay.»

«Walk this Way» est le premier titre de rap à rentrer dans le top 5 du Billboard Hot 100 (classement des titres les plus populaires du moment, tous genres confondus), et c'est tout l'album qui bénéficie d'une énorme notoriété, bien au-delà des États-Unis, d'une large reconnaissance critique et d'une jolie réussite commerciale. En fait, c'est probablement au moment où le rap a fait un compromis qu'il a convaincu le monde qu'il n'était pas juste une mode.

«Run D.M.C. a permis aux majors de voir que le rap et le hip-hop étaient aussi de la musique d'album, et que les artistes de rap étaient des rock stars. Run-D.M.C. s'est totalement sacrifié pour tout ceux qui ont eu du succès après 1986», estime aujourd'hui Chuck D, le légendaire rappeur de Public Enemy, interrogé par le Washington Post.

À la même époque, les Beastie Boys (eux-mêmes issus du punk hardcore) prouvaient que des Blancs pouvaient aussi avoir leur place dans le hip-hop, que cette culture était bien plus large qu'on le laissait penser.

La première passerelle

À partir de là, un public jeune et en manque d'une musique novatrice va se passionner pour un genre et des artistes qui montrent une autre facette de la société. C'est ainsi qu'Ice-T, N.W.A., ou Public Enemy, puis le gangsta rap californien, vont être connus bien au-delà des ghettos des grandes villes, malgré et grâce à des attitudes provocatrices et des paroles sans concession. De quoi effrayer les parents et ravir leurs bambins. Un phénomène générationnel que le rock ne peut renier.


Alors que chacun a fait son chemin de son côté, l'alliance des deux genres musicaux a elle aussi fait des petits. S'il serait totalement faux de dire que la fusion rock-rap est née avec «Walk this Way», le tube a montré qu'il y avait un public large pour ce style hybride, et a initié une vague de collaborations, et surtout l'émergence de groupes à l'identité mixte.

Comme le résume Rob Markman dans le très pertinent The Rap Year Book, cette reprise a été «la première vraie passerelle du hip-hop, et a montré au monde le potentiel sans limite du genre. Vraiment, à partir de là on peut tracer autant de lignes qu'on veut, car c'est la chanson qui la première a fusionné du rock et du rap, ce qui est arrivé un nombre incalculable de fois depuis».

Derrière la démocratisation des samples issus du rock, il suffit de regarder le nombre de rencontres inattendues mais efficaces entre des artistes venus du metal ou du punk et des pointures du rap à partir de la fin des années 1980: Anthrax avec Public Enemy, Slayer et Ice-T, ou encore Biohazard et Onyx pour la célèbre BO du film Judgment Night.


Après l'apparition de Body Count en 1990, Rage Against the Machine va, dès sa création, devenir l'exemple le plus abouti de cette double culture. Et c'est sans compter l'influence de groupes comme Urban Dance Squad, et même Cypress Hill. Certes, le succès de ce genre aura aussi créé de nombreuses caricatures, forçant les gimmicks des deux genres, notamment à la grande époque très contestée du nu metal à l'aube du nouveau millénaire.

On peut d'ailleurs remarquer que le rock a connu peu de vrais moments de gloire depuis cette période, là où le hip-hop est devenu le dénominateur le plus commun de la musique populaire. Mais il ne s'agit plus de compétition entre les deux. Ils se côtoient depuis trop longtemps, et la famille commune qu'ils ont créé compte plusieurs générations d'adeptes. Il n'y a qu'à voir le culte instantané voué à la formation du supergroupe Prophets of Rage cette année. Trente ans déjà, et toujours autant de plaisir à célébrer la chute du mur.

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