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Washington reconnaît que ses drones ont tué une centaine de civils

Temps de lecture : 2 min

L'administration Obama a publié pour la première fois une estimation du nombre de victimes non-combattantes causées par ses frappes hors des zones de guerre.

Nabila Rehman, une jeune Pakistanaise de neuf ans blessée en 2013 dans une frappe de drone qui a coûté la vie à sa grand-mère. JIM WATSON / AFP.
Nabila Rehman, une jeune Pakistanaise de neuf ans blessée en 2013 dans une frappe de drone qui a coûté la vie à sa grand-mère. JIM WATSON / AFP.

Pour publier un chiffre aussi polémique, l'idéal était d'attendre un vendredi après-midi juste avant un week-end prolongé: la Maison Blanche a donc choisi le 1er juillet, trois jours avant la fête nationale américaine du 4-Juillet, pour révéler pour la première fois une estimation du nombre de civils tués par des frappes américaines dont ils n'étaient pas la cible, qui va de 64 à 116 morts. Ces frappes, pour l'essentiel dues à des drones, ont également tué 2.500 personnes qualifiées de terroristes par l'administration américaine.

Ces chiffres, qui couvrent 473 opérations menées par la CIA et l'armée, n'incluent pas les zones de guerre officielle (Afghanistan, Syrie, Irak) mais des pays comme le Pakistan, la Libye, la Somalie ou le Yémen. C'est ce qui explique, note USA Today, qu'ils soient bien plus bas que ceux des organisations indépendantes, qui vont de 200 à 1.000 morts.

Comme l'explique le New York Times, Barack Obama a également publié, à sept mois de son départ de la Maison Blanche, un décret demandant que chaque année, l'administration publie ainsi une estimation des victimes civiles. Un décret qui, note le quotidien, «institutionnalise et normalise encore plus ces frappes aériennes en dehors des zones de guerre conventionnelle comme une dimension routinière de la politique de sécurité nationale au XXIe siècle».

«Quand la Maison Blanche nous dira-t-elle la vérité sur les frappes de drones?», s'interroge le Guardian, en pointant lui aussi ces divergences de chiffres et en concluant ainsi: «Les communautés qui vivent à l'autre extrémité du feu des drones souffrent déjà d'une invisibilité particulière auprès du grand public américain. Les médias utilisent des mots aseptisés comme "bâtiment" ou "convoi". Des chiffres bruts, comme ceux d'ajourd'hui, peuvent contribuer au processus d'effacement: nous avons des chiffres à assigner aux gens qui ont été tués, et maintenant le gouvernement leur a assigné une catégorie, mais nous n'avons pas de noms. Si on ne va pas plus loin, cela restera la vie des autres.»

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