Sciences / Culture

Les peuples les plus puritains sont-ils les plus menacés par les microbes?

Temps de lecture : 2 min

La première étude examinant les rapports entre le niveau de «physicalité» de diverses normes comportementales et la densité en agents pathogènes de l'environnement vient d'être publiée.

Prelude to a Kiss / Rennett Stowe via Flickr CC License by.
Prelude to a Kiss / Rennett Stowe via Flickr CC License by.

Plus une culture valorise les contacts physiques, moins il y a de risque que son atmosphère ait longtemps croulé sous les bactéries et les virus. A l'inverse, si les us et coutumes d'une société font la part belle à la pudibonderie, il y a de grandes chances que ces normes aient vu le jour sous des latitudes riches en germes et qu'elles aient perduré dans l’histoire parce qu'elles contribuaient à diminuer la propagation des maladies.

Telle est, grosso modo, la conclusion de la première étude évaluant l'impact adaptatif direct des rituels et autres comportements prescrits ou modelés par une culture et la concentration en agents pathogènes de l'environnement qui l'aura vu prospérer.

En analysant trois types de normes comportementales –régissant les salutations, le baiser «amoureux» et les soins funéraires– à l’œuvre dans diverses sociétés pré-industrielles et en les comparant à des données épidémiologiques permettant d'estimer cette fameuse prévalence microbienne, l'équipe dirigée par Damian R. Murray, de l'Université de Tulane (Nouvelle-Orléans), observe que les deux premiers permettent de confirmer leur hypothèse: la variation culturelle en matière de contacts physiques est, en partie, liée à la variation de la prévalence des maladies infectieuses.

Pour les scientifiques, en attendant les travaux ultérieurs qui permettront d'y voir plus clair, si aucune corrélation significative n'apparaît avec les soins funéraires, c'est sans doute qu'ils sont bien moins courants que les deux autres comportements et ont donc, logiquement, moins influé sur la co-évolution des cultures humaines et des risques infectieux. De même, comme le potentiel immunitaire de ces trois comportements est loin d'être équivalent –en dix secondes de bouche à bouche, nous transmettons en moyenne 80 millions de bactéries, ce qui a probablement eu une influence considérable sur l'évolution de notre microbiote–, l’hétérogénéité de leur impact adaptatif tombe plutôt sous le sens.

Cette étude a beau être la première à étudier le rapport entre la physicalité de diverses normes socio-culturelles et les risques épidémiologiques des sociétés qui les adoptent, d'autres la précèdent depuis plusieurs dizaines d'années pour mettre en lumière l'évolution croisée de la culture et de la biologie. En particulier, la littérature montre que les régions du globe où le risque pathogénique (et notamment parasitique) est le plus élevé sont aussi celles où les populations sont plus à même d'adopter et de privilégier des valeurs qui, fonctionnellement parlant, sont susceptibles de minimiser les interactions avec les membres d'autres groupes –collectivisme, ethnocentrisme, xénophobie, etc. Et à l'inverse, la libéralisation des sociétés, en particulier sur un plan moral et comportemental, s'accompagne très souvent de progrès majeurs en matière d'hygiène et de santé publiques.

«Tout comme les génomes qui évoluent en réaction à des pressions écologiques», notent Murray et ses coauteurs, «c'est aussi le cas des normes, des valeurs et des prescriptions comportementales qui définissent les cultures humaines».

Slate.fr

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