Culture

«Victor Hugo, en son avenue, à Paris»

Temps de lecture : 2 min

Victor Hugo est Paris. Des «Misérables» à «Notre-Dame de Paris», l’auteur français n’a eu de cesse de considérer la capitale comme sa muse… qui le lui a bien rendu, y compris –fait rarissime– de son vivant.

Victor Hugo mascaron - 124 avenue Victor Hugo, Paris 16th arr / Monceau via Flickr CC License by.
Victor Hugo mascaron - 124 avenue Victor Hugo, Paris 16th arr / Monceau via Flickr CC License by.

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Victor Hugo a passé les premières années de son enfance sous le soleil. Entre la Corse et l’île d’Elbe, en passant par Marseille, le jeune garçon n’est arrivé à Paris qu’en 1809, à l'âge de sept ans, avec sa famille. Il quittera la capitale sous la pression politique instaurée par Napoléon III, lors de son fameux exil, pour mieux la retrouver vingt ans plus tard («Citoyens! J’avais dit: "Le jour où la République rentrera, je rentrerai". Me voici!»). Au cours de sa vie, l’écrivain eut pas moins de vingt-cinq adresses parisiennes différentes, du IIe au XVIe arrondissement.

Il rencontra sa future femme, Adèle Faucher, dans un ancien couvent devenu hôtel particulier, impasse des Feuillantines. Il étudia avec son frère au lycée Louis-le-Grand. Il devint maire du VIIIe arrondissement de la ville à l’aube de la Révolution de 1848. Ses cinq enfants, Léopold, Léopoldine, Charles, François-Victor et Adèle, virent tous le jour à Paris, où ils y rencontreront des destins plus ou moins tragiques. En 1867, il publia Paris-guide, un court essai où il explore et raconte la dimension de Paris, citant John Howard («C’est ici que les petits faits sont grands»), et allant jusqu’à affirmer «Paris travaille pour la communauté terrestre».

Abolitionniste fervent, militant pour les droits des femmes et intellectuel admiré de ses pairs, Victor Hugo était aimé des Parisiens, qu’ils soient ouvriers ou écoliers. Tant est si bien qu’en 1881, une avenue fut rebaptisée à son nom: l’avenue d’Eylau, dans le XVIe arrondissement, se transforma en avenue Victor-Hugo. Celle-ci ne fut pas choisie au hasard. Victor Hugo y résidait alors, au numéro 50 (désormais numéro 124), dans un hôtel particulier nommé «La Princesse de Lusignan».

Pour lui écrire rien de plus simple, il suffisait de rédiger sur l’enveloppe: «Victor Hugo, en son avenue, à Paris». Si d’habitude, les rues sont nommées à titre posthume, l’auteur français aura eu le privilège d’avoir son adresse personnalisée, quatre ans avant sa mort. Difficile de rester secret après ça. Pour son quatre-vingtième anniversaire, lui qui venait d’écrire «l’Art d’être grand-père» vit 6.000 personnes défiler sous ses fenêtres pour l’acclamer.

Victor Hugo mourra chez lui en 1885. Les obsèques, décrétées nationales, rassemblèrent 2 millions de personnes venues de toutes parts pour lui rendre un dernier hommage dans les rues de Paris.

En 1907, «La Princesse de Lusignan» fut détruite pour y construire un immeuble haussmannien. Mais si vous approchez un peu de l’actuel numéro 124, vous y verrez, au-dessus de la lourde porte, sculpté dans la pierre, le visage de Victor Hugo.

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