Sports

À l’Euro, les buteurs se la jouent perso comme Ronaldo

Repéré par Annabelle Georgen, mis à jour le 01.07.2016 à 18 h 41

Repéré sur Die Zeit, L'Équipe

Les scènes de joueurs massés en grappe autour de leur buteur sont rares.

Antoine Griezmann après avoir marqué contre la République d’Irlande à Lyon, le 26 juin 2016 (Valery HACHE/AFP) et Cristiano Ronaldo célébrant un but contre la Hongrie, à Lyon, le 22 juin 2016 (FRANCISCO LEONG/AFP)

Antoine Griezmann après avoir marqué contre la République d’Irlande à Lyon, le 26 juin 2016 (Valery HACHE/AFP) et Cristiano Ronaldo célébrant un but contre la Hongrie, à Lyon, le 22 juin 2016 (FRANCISCO LEONG/AFP)

L’œil rivé sur les stades français depuis le début de l’Euro, l’hebdo allemand Die Zeit a observé que l’attitude des buteurs a sensiblement changé sur le terrain. C’est comme s’ils avaient perdu le sens du collectif, le goût de la victoire savourée bras dessus, bras dessous.

La plupart des buteurs semblent fuir les leurs à chaque but marqué, comme s’ils se la jouaient perso, à la Cristiano Ronaldo, «dont on craint parfois après ses buts qu’il n’y ait vraiment plus personne qui vienne le féliciter», écrit Die Zeit. Les scènes de liesse collective, de joueurs massés en grappe autour de leur buteur, comme après le but inscrit de la tête par le joueur de l’équipe irlandaise Robbie Brady face à l’Italie le 22 juin 2016, se sont faites rares durant la compétition.

Die Zeit donne pour exemple l’attitude de l’attaquant français Antoine Griezmann lors du match France-Irlande le 26 juin 2016. Alors qu’il venait de marquer un premier but, «il a fui les joueurs qui cherchaient à l’approcher et s’est mis à courir vers la ligne de démarcation pour célébrer d’abord seul sa victoire». Après avoir inscrit un second but, il a nouveau pris ses distances:

«Il a couru là où aucun autre joueur ne pouvait le déranger pendait qu’il laissait sa joie exploser. Il a trouvé une petite place au poste droit de la cage irlandaise, une place peu courante pour s’adonner à un élan de joie. Griezmann s’est livré là à une petite danse qui avait l’air d’avoir été préparée à l’avance. Il dansait pour les images du jour, peut-être même pour la rétrospective de l’Euro, et éventuellement pour le titre de roi des buteurs. Ce n’est que lorsqu’il arrêté de danser que ses coéquipiers sont venus. Ils se sont pris dans les bras, mais personne n’était au sol.»

Obnubilés par leur image

Il dansait pour les images du jour, peut-être même pour la rétrospective de l’Euro

Die Zeit

À l’ère du selfie, les buteurs se la joueraient-ils de plus en plus perso sur le terrain, obnubilés qu’ils seraient par leur image? «Celui qui renonce à la grappe de joueurs a une meilleure photo. Lorsqu’on ne peut même pas faire un selfie et le mettre en ligne, dans ce cas, il faut au minimum qu’un portrait puisse être réalisé pour la postérité», avance Die Zeit.

Le joueur italien Mario Balotelli en sait quelque chose avec la pose qu’il a prise à l’Euro 2012 après avoir marqué un but contre l’Allemagne, seul sur le terrain, le maillot à terre et les bras arqués façon l’Incroyable Hulk. Les images captées durant ces quelques secondes ont fait le tour du monde.

Die Zeit conclut avec un brin d’ironie: «La grappe de joueurs, aussi douillette soit-elle, est une catastrophe en matière de communication: on ne voit pas du tout le buteur.» Entre l’esprit d’équipe et la photo, certains ont donc déjà fait leur choix.

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