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Tesla en pilotage automatique: un mortel sentiment de liberté

Repéré par Bruno Cravo, mis à jour le 01.07.2016 à 15 h 10

Repéré sur Wired, Slate, The Guardian, News

Le premier accident mortel au bord d’une Tesla en mode «pilote automatique» a eu lieu en mai 2016.

La Tesla Model S est sortie pour la première fois des usines en 2012 | harry_nl via Flickr CC License by

La Tesla Model S est sortie pour la première fois des usines en 2012 | harry_nl via Flickr CC License by

Le 7 mai 2016, une Tesla Model S s’est violemment encastrée sous un semi-remorque, tuant au passage son propriétaire Joshua Brown, devenu la première victime d’un système autonome embarqué dans une voiture. À une intersection de Williston, petite commune de Floride, ni le véhicule ni son conducteur, considérant certainement la technologie automatique comme hyper efficace, n’ont déclenché le frein.

«Le pilote automatique, masqué par la lumière éclatante du jour, n’a pu détecter la remorque blanche», a annoncé le constructeur américain, rapporte un article de Wired. Une double faute humain-machine aboutissant à un crash inévitable, que Tesla, par l’intermédiaire de son PDG touche-à-tout Elon Musk et de son site internet, a déploré.

«Nos condoléances pour cette perte tragique»

Ce drame pose la question de la confiance accordée à la technologie. Lorsque le conducteur active le mode «Pilote automatique» (qui n’est pas enclenché par défaut), il lui est dit que ce mode est encore en version bêta. Et les instructions sont claires: il doit garder les mains sur le volant et être prêt à reprendre le contrôle si nécessaire. Or, dans ce cas, le propriétaire du camion impliqué dans l’accrochage, Frank Baressi, a entendu le film Harry Potter dans l’habitacle de la Tesla au moment de l’accident, relaie le Washington Post. Si le modèle de la voiture ne permet pas de regarder un film depuis l’écran tactile de l’habitacle, comme l’a rappelé Tesla, on peut supposer que le conducteur suivait les aventures de l’apprenti sorcier depuis un autre écran et n’était pas prêt à reprendre la main.

Grande confiance implique grande responsabilité

En fait, ce n’est pas seulement la Tesla Model S mais la sensation de liberté nouvelle à la place du conducteur qui nourrit sa dangerosité, en diminuant fortement l’attention des automobilistes. Ces derniers ont d’ailleurs tendance à abuser de ce type d’aide à la conduite, comme le soulignait en octobre 2015 un autre article de Wired. Une confiance aveugle qui aura été fatale.

«Vidéo d’un propriétaire sur le pilote automatique qui se dirige pour éviter une collision avec un camion»

Cette catastrophe devrait faire bouger les lignes, ou du moins accélérer l’encadrement des systèmes autonomes même si Tesla défend, chiffres à l’appui, que ses véhicules sont plus fiables que les humains. En attendant, deux voitures autonomes de Google avaient déjà failli entrer en collision en 2015 et la Google Car a même provoqué son premier accident, cette fois sans gravité, en février 2016. Dans le doute, puisque la confiance totale ne se justifie pas, il faudrait y réfléchir à deux fois avant de lâcher le volant.

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