Histoire / Monde

Aux Etats-Unis, les profits de «Mein Kampf» seront reversés à des rescapés de la Shoah

Temps de lecture : 2 min

La maison d'édition qui publie le livre d'Hitler depuis 1933 aux États-Unis gagne environ 60.000 dollars par an grâce aux ventes.

Deux pages d'une édition allemande de Mein Kampf. TOBIAS SCHWARZ / AFP.
Deux pages d'une édition allemande de Mein Kampf. TOBIAS SCHWARZ / AFP.

La maison d'édition américaine Houghton Mifflin Harcourt, qui publie Mein Kampf aux Etats-Unis depuis 1933, a décidé de reverser les profits des ventes du livre à une organisation qui aide des rescapés de la Shoah dans la région de Boston, rapporte le Boston Globe.

Depuis 2000, la maison d'édition, également basée à Boston, donnait déjà cet argent à des organisations liées à l'éducation sur la Shoah et l'antisémitisme, mais la direction avait récemment décidé de financer des associations culturelles sans lien avec la Shoah. Ce changement avait été critiqué, et le musée pour enfants de Boston avait refusé une de ces donations, trop chargée symboliquement pour un musée qui n'a rien à voir avec l'histoire du nazisme. Houghton Mifflin Harcourt vient donc d'annoncer que les fonds iraient à une association aidant plus de deux cent rescapés de la Shoah à vivre dans de bonnes conditions.

Ces dernières années, le manifeste antisémite d'Hitler générait environ 60.000 dollars par an pour la maison d'édition, une somme dérisoire par rapport aux profits totaux de l'entreprise.

Si la décision de ne pas garder les profits des ventes de Mein Kampf semble maintenant évidente, c'est loin d'avoir toujours été le cas. En effet, dans les années 1980 et 1990, Houghton Mifflin Harcourt conservait les profits du livre d'Hitler, comme pour n'importe quel autre ouvrage. Ce n'est qu'après un article publié en 2000 dans le magazine US News & World Report que la maison d'édition a commencé à verser les profits à des organisations caritatives. Selon cette enquête, l'éditeur aurait gagné entre 300 et 700.000 dollars grâce à Mein Kampf pendant deux décennies.

Dans les années 1930, Houghton Mifflin Harcourt reversait les droits d'auteur directement à l'éditeur allemand d'Hitler, Eher Verlag. A partir de 1941, conformément à une loi interdisant le commerce avec l'ennemi, le gouvernement américain a obligé la maison d'édition à verser les profits au ministère de la Justice, qui les reversait à un fond pour aider les réfugiés et prisonniers de guerre. Ce n'est qu'en 1979 que l'éditeur a pu racheter le copyright du livre au gouvernement américain.

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