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Huit raisons de croire que l'Islande peut faire le coup de Leicester

Temps de lecture : 4 min

Quand on regarde bien, il y a plus d'un point commun entre les deux surprises de l'année 2016.

Le milieu Aron Gunnarsson à Annecy, le 30 juin 2016. TOBIAS SCHWARZ / AFP.
Le milieu Aron Gunnarsson à Annecy, le 30 juin 2016. TOBIAS SCHWARZ / AFP.


Quoi qu'il arrive, ce dimanche 3 juillet, lors du quart de finale entre la France et l'Islande, les Islandais sont d'ores et déjà la sensation de cet Euro 2016. Cette saison, le club de Leicester a lui réussi l'exploit de remporter la Premier League en s'imposant face aux mastodontes du championnat d'Angleterre. On imagine mal la sélection islandaise soulever le trophée au Stade de France le 10 juillet prochain mais pourtant, quand on regarde bien, il y a plus d'un point commun entre les deux surprises de l'année 2016...

Et pas seulement le fait, pour l'anecdote, que les populations de la ville et de l'île soient les mêmes.

1.Deux entraîneurs prophètes hors de leur pays

L'Islande et Leicester affichent une première similitude: le fait d'être entraînés par un coach étranger. Lars Lagerbäck, le co-sélectionneur de l'équipe islandaise, est suédois. Il a d'ailleurs été sélectionneur de l'équipe nationale de son pays avant de prendre la tête du Nigéria.

Le coach de Leicester, Claudio Ranieri, est Italien et a enchaîné durant tout sa carrière les grands clubs: Juventus, AS Roma, Valence, Chelsea, Atlético Madrid, pour ne citer qu'eux. Petit bémol, il n'avait remporté aucun titre majeur avec ces écuries prestigieuses avant de finalement atteindre cet objectif avec Leicester.

2.Un passé proche du néant

Les deux équipes ont également en commun d'avoir un passé très pauvre. En 131 ans d'existence, avant de remporter le championnat anglais, Leicester avait seulement remporté trois fois la Coupe de la Ligue anglaise et un Community Shield, l'équivalent du Trophée des champions chez nous.


Côté islandais, c'est encore plus médiocre puisque depuis 1958, les Islandais ont raté à chaque fois qu'ils y étaient inscrits la qualification pour un grand tournoi... En 2010, l'équipe était encore 112e du classement FIFA.

3.Un état d'esprit extrêmement solidaire

La force de Leicester, cette année, a sans doute été la solidarité affichée durant toute cette saison. Un esprit de famille qui a surpris Ranieri.

Dans le très bon documentaire de L'Equipe Explore consacrée à la sélection islandaise, un chapitre entier est dédié à leur état d'esprit. Normal, sur le terrain, les Nordiques ne lâchent rien. «On est tous prêts à courir, tacler, se sacrifier pour l’équipe et la nation. C’est la clé de notre réussite», affirme le latéral gauche Ari Freyr Skulason. Ce n'est pas pour rien si Birkir Bjarnason, milieu de terrain de l'équipe, est surnommé «Thor», le Dieu du Tonnerre dans la mythologie nordique.

Un caractère de guerrier mis en avant par le co-sélectionneur Heimir Hallgrimsson avant le match face à l'Angleterre: «Nous sommes un trop petit pays pour avoir une armée, alors ces gars sont un peu l’armée islandaise.»

4.Un style de jeu loin du «football de possession»

Leicester est devenu champion en ayant le 18e plus faible taux de possession de la Premier League (43,7 %) et un médiocre taux de passes réussies (71,1 %). L’Islande ne joue pas non plus à la barcelonaise (35% de possession de balle et 72% de passes réussies depuis le début de l'Euro).

En outre, les deux équipes utilisent la même formation, le 4-4-2, une tactique qui était quelque peu passée de mode ces dernières années. C'est également la formation préférée de Diego Simeone, le coach de l'Atletico Madrid, finaliste de la Ligue des champions.

Ranieri, qui était surnommé «le bricoleur» pour sa propension à changer constamment sa formation à Chelsea, s'est calmé. Cette année, il a pratiquement toujours gardé la même équipe. C'est le cas du binôme islandais, qui a aligné le même onze lors de ses quatre premiers matchs de l'Euro.

5.Un pays et une ville meilleurs dans un autre sport

Leicester et l'Islande n'ont pas toujours connu la réussite en football mais ils ont été performants dans d'autres disciplines collectives. Ainsi, Leicester excelle dans le monde de l'ovalie: les Tigers ont remporté deux fois la plus prestigieuse des coupes d'Europe de rugby.

L'Islande est l'une des meilleures nations du monde en handball. Ses joueurs avaient d'ailleurs perdu la finale des Jeux olympiques de Pékin, en 2008, face à la France (23-28). En 2012 à Londres, ils avaient pris leur revanche en s'imposant (30-29) lors du premier tour.

6.Les longues touches, leur coup spécial

Les Islandais ont une arme fatale depuis le début de cet Euro: les touches du capitaine Aron Gunnarsson. Ce n'est pas un hasard, le joueur de 1m91 a été un très bon handballeur lorsqu'il était jeune. Contre l'Autriche, lors de la phase de poules, les Islandais ont ouvert le score de cette manière. Même technique en huitièmes contre les Anglais, où l'égalisation de Ragnar Sigurdsson est venue d'une touche de Gunnarsson.

A Leicester, on connaît aussi les longues touches du latéral gauche de l'équipe, Christian Fuchs. L'Autrichien est sans doute l'un des meilleurs du monde dans cet exercice.

7.Des supporters qui font littéralement vibrer le stade

Chauds comme la braise durant cette saison, les fans de Leicester ont provoqué un mini-séisme lors du but de Leonardo Ulloa face à Norwich (1-0), le 27 février dernier. Des étudiants en géologie à l'université de Leicester avaient placé un sismographe à quelques mètres du stade, qui a mesuré une secousse de 0,3 sur l'échelle de Richter au moment du but. Pas mal.


Les Islandais font également vibrer les tribunes des stades dans lesquels ils passent en entonnant leur chant impressionnant.

8.Des histoires de fou

En étudiant les effectifs des deux équipes, on observe des carrières atypiques. A Leicester, on peut ainsi parler du destin de Jamie Vardy, qui a longtemps trimé dans les divisions inférieures anglaises et avait même dû travailler à temps plein dans une usine de prothèses médicales.


En Islande, il y a aussi de belles histoires. Le co-sélectionneur Heimir Hallgrimsson est dentiste. Le gardien Hannes Halldorsson a lui été réalisateur pendant neuf ans, en même temps que footballeur: on lui doit notamment le clip des candidats islandais à l'Eurovision 2012.

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