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À cause de l’embargo, les jeunes Russes sont en manque de fromage

Repéré par Annabelle Georgen, mis à jour le 29.06.2016 à 18 h 42

Repéré sur Bento, Libération

Les jeunes consommateurs russes ressentent au quotidien l’embargo alimentaire déclaré par Moscou en riposte aux sanctions occidentales en 2014.

Fromages dans un supermarché de Saint-Pétersbourg le 7 août 2014 | OLGA MALTSEVA/AFP

Fromages dans un supermarché de Saint-Pétersbourg le 7 août 2014 | OLGA MALTSEVA/AFP

Depuis que l’Union européenne a mis en place en 2014 des mesures restrictives pour sanctionner la Russie pour son rôle dans la guerre en Ukraine, la vie quotidienne des Russes a quelque peu changé. Surtout à cause de l’embargo alimentaire déclaré par Moscou en riposte aux sanctions occidentales. Les importations de viande, de poisson, de produits laitiers et de nombreux fruits et légumes en provenance des pays de l’UE sont interdites en Russie depuis août 2014. En conséquence, l’achalandage des rayons des supermarchés russe n’est plus le même.

Et qu’est-ce qui manque le plus aux jeunes consommateurs russes, plus cosmopolites dans leurs goûts alimentaires que leurs aînés? Le fromage! C’est ce que répondent à l’unanimité plusieurs jeunes Russes interrogés par le magazine en ligne allemand Bento.

«Je prends conscience des sanctions chaque fois que je vais faire mes courses. Le fromage finnois que j’aime tant, par exemple, est désormais introuvable au supermarché», explique Aleksandr, 26 ans, à la tête d’une entreprise de produits nettoyants. «Je ne ressens que les conséquences de l’embargo alimentaire, ajoute Olga, 26 ans, secrétaire. On ne peut plus trouver le délicieux fromage français, le jambon espagnol ou le yaourt finnois dans les supermarchés. De plus en plus de produits russes apparaissent dans les rayons.» Natalia, 23 ans, manageuse culturelle, n’a elle aussi que ce mot à la bouche: «La seule chose que j’ai dû changer, c’est de manger d’autres sortes de fromage.»

Ricotta et mozzarella biélorusses

L’entrepreneur de 27 ans Oleg essaye de voir le côté positif de cet embargo: «Les entreprises locales se sont développées par le biais des sanctions, elles produisent par exemple plus de produits laitiers, car elles ne peuvent plus importer.» Ce qui donne lieu sur place à des initiatives assez surprenantes, comme l’explique l’étudiante Sofya, 21 ans:

«Au début nous avions peur que les rayonnages se vident, comme à l’époque soviétique, et que les produits russes finissent par manquer. Mais les producteurs russes et biélorusses font des efforts pour diversifier leurs produits, il y a désormais même de la ricotta et de la mozzarella biélorusses. Mais la qualité de ces produits divise les consommateurs.»

Le quotidien Libération expliquait d’ailleurs récemment que la Biélorussie était sortie gagnante de la pénurie de fromages européens orchestrée par la Russie:

«La Biélorussie s’est taillé la part du lion, en fournissant désormais 96% du lait importé en Russie (contre 72% en 2014), 78% du beurre (39% en 2014), 81% du fromage (41% en 2014).»

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