Monde

La BBC a-t-elle bien fait d'inviter le British National Party?

Slate.fr, mis à jour le 23.10.2009 à 12 h 51

Nick Griffin sur le plateau de Question Time

Nick Griffin sur le plateau de Question Time

La participation de Nick Griffin, le leader du parti d'extrême droite British National Party (BNP), à l'émission de débat politique phare de la BBC a crée la polémique en Grande-Bretagne. Installé à la tête du BNP depuis 1999, Nick Griffin, le politicien d'extrême droite le plus important du pays depuis Oswald Mosley dans les années 1930, n'avait jusque-là jamais été convié à un débat télévisé en prime time.

Pour la BBC, «en tant que membre élu du parlement européen, son inclusion était justifiée, et correspond au devoir d'impartialité de l'organisation». Le patron de la BBC Mark Thompson a ajouté qu'«il s'agit d'une question très simple... le BNP a démontré un niveau de soutien populaire qui mène normalement à une invitation occasionnelle à joindre le panel de Question Time. C'est pour cette raison... qu'une invitation a été envoyée.»

Le Secrétaire d'État au Travail, aux Retraites et au Pays de Galles Peter Hain a ouvertement critiqué la décision de la BBC: «Il [Thompson] oublie le fait que le BNP est un parti raciste et fasciste en contradiction totale avec la politique antiraciste et d'égalité des chances de la BBC. [...] C'est sans doute la pire décision prise par la BBC depuis longtemps.»

Scotland Yard avait mobilisé jeudi soir près de 300 policiers et un hélicoptère pour protéger l'accès au bâtiment de la BBC dans l'Ouest de Londres face à un millier de manifestants venus perturber l'enregistrement de l'émission.

L'émission s'est déroulée dans un climat tendu et les questions se sont focalisées sur le néo-eurodéputé Nick Griffin et son parti. «J'ai dit que si Churchill était là aujourd'hui il ferait partie du BNP car aucun autre parti le voudrait. Il a dit que les immigrés venaient seulement pour bénéficier de nos avantages sociaux, et qu'il était très critique des dangers de l'Islam fondamentaliste, des propos qui seraient aujourd'hui décrits comme islamophobes», a expliqué Griffin sur le plateau. Il a également dû se justigier sur des propos négationnistes qu'il a tenus au cours de sa carrière, décrétant: «Je ne suis pas un nazi et je ne l'ai jamais été».

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