Monde

Après le Brexit, postes haut placés à pourvoir ou en voie de disparition

Bruno Cravo, mis à jour le 29.06.2016 à 13 h 23

Avec une décision aussi forte qu'une sortie de l'Europe, le Brexit implique un grand remue-ménage chez ceux qui font le Royaume-Uni à l'échelle nationale et européenne.

 Le Parlement britannique | Rennett Stowe via Flickr CC License by

Le Parlement britannique | Rennett Stowe via Flickr CC License by

Fonctions étatiques cherchent nouveaux récipiendaires. Pour eux, le Brexit change tout. Cette date du 23 juin 2016, synonyme de victoire des partisans d'une sortie de l'Union européenne, marque la fin prochaine de leur mandat ou bouscule sérieusement leurs habitudes. Qu'ils soient des poids lourds du paysage politique de Grande-Bretagne ou les voix du Royaume-Uni au perchoir européen, cette décision balaie plus de quarante ans d'histoire européenne. Rien ne sera plus comme avant.
 

1.Premier ministre britannique
Le loser en chef

Il a bien tenté de sauver la face dans son discours après le scrutin qui a couronné le «Leave». Réelu en 2015 sur la promesse d'une convocation d'un référendum sur le maintien ou la sortie de l'Europe du Royaume-Uni, David Cameron a connu le plus cuisant des échecs depuis sa prise de fonction en 2010. Le chef du gouvernement britannique, le regard hagard depuis sa résidence du 10 Downing Street, a pris acte de la victoire des pro-Brexit. Favorable au «Remain», il a annoncé le 24 juin sa démission à venir. Le chef du parti conservateur a prévu son retrait en octobre. D'ici là, l'excentrique Boris Johnson, ancien maire de Londres pressenti pour occuper le poste de Premier ministre, disposera du temps nécessaire pour parfaire sa ligne politique.

 

2.Leader de l'opposition
La fronde

C'est une catastrophe qui s'abat sur le Parti travailliste britannique. Le Labour a pris la vague du Brexit de plein fouet et cherche désormais les coupables. Hilary Benn, membre du cabinet fantôme et accusé de ne pas avoir fait preuve d'assez d'investissement dans la campagne du «remain», s'est vu remercié pour ses loyaux services. Déjà la cible des éléments les plus centristes du parti avant le référendum, le leader de l'opposition, Jeremy Corbyn, a quant à lui refusé de démissionner. Mais ses jours à la tête des travaillistes semblent incertains. Une motion de défiance des députés du parti s'est prononcée en sa défaveur à plus de 80% ce 28 juin 2016. Pour l'heure, Corbyn se revendique de la légitimité des 60% de sympathisants qui ont voté pour lui en septembre 2015. S'il se retire, c'est tout le Parti travailliste qui devra renaître de ses cendres.

3.Commissaire européen
La victime collatérale

D'abord eurosceptique, Jonathan Hill est peu à peu devenu un pro-européen convaincu pendant ses deux ans passés au cœur de la machine européenne. Le Britannique, commissaire européen à la stabilité financière, aux services financiers et à l'Union du marché des capitaux depuis 2014, avait promis de démissionner en cas de victoire du «Leave». S'il s'est dit «très déçu», par le vote de ses concitoyens, il a tenu parole et a donc abandonné son poste le 26 juin, soit deux jours après le résultat du scrutin. 

 

4.Eurodéputés britanniques 
Sursis accordé

Si on en croit l’article 50 du traité sur l’Union européenne, tant que la sortie du Royaume-Uni de l'Europe n'est pas effective, les 73 eurodéputés britanniques peuvent toujours siéger au Parlement européen et participer à la vie politique de l'Union. La fin de l'actuelle législature est prévue pour 2019.

Certains membres de partis eurosceptiques comme l'Ukip, dans le sillage du controversé Nigel Farage qui a prononcé un discours tonitruant le 28 juin 2016, pourraient décider d'eux-mêmes de ne plus se rendre dans l'hémicycle européen. D'autres ont promis qu'ils s’abstiendraient de voter sur les questions qui touchent au futur de l’Union.

5.Fonctionnaires britanniquesL'incertitude

Ils sont quelque centaines de fonctionnaires, nous apprend Le Monde, résidant entre Bruxelles et Luxembourg et travaillant pour les institutions communutaires. Pour l'heure, leur sort semble très incertain. «Il a été dit [au printemps, ndlr] qu’il n’y avait aucune certitude, mais que nos cas ne seraient pas réglés dans l’immédiat, qu’on aurait le temps d’aviser», confie une fonctionnaire au quotidien français. Pourtant, le Code du travail de la haute fonction publique européenne est clair sur le sujet. Ces emplois sont réservés à des ressortissants de pays membres de l'Union européenne, même s'il existe quelques rares exceptions. Pour l'heure, la Commission a plutôt communiqué des messages encourageants en interne. Le point devrait donc faire partie de la négociation à venir entre le Royaume-Uni et les États restants. En attendant, certains seront sûrement tentés d'obtenir une binationalité pour être sûrs de sauver leur poste.

Bruno Cravo
Bruno Cravo (41 articles)
Journaliste
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