Science & santé

Le sexe sans lendemain, tellement banal, si peu connu

Repéré par Aude Lorriaux, mis à jour le 29.06.2016 à 13 h 07

Repéré sur The New Yorker

Site participatif, le casual sex project tente d'avoir une approche qualitative inédite d'un sujet qui fait l'objet de nombreux clichés.

Morning / Aline Avila via FlickR CC Licence by

Morning / Aline Avila via FlickR CC Licence by

Les histoires d’un soir sont souvent regardées comme des expériences négatives, moralement condamnables parce qu’elles risquent de blesser l’autre. Elles peuvent être perçues comme inégalitaires, voire violentes. Certaines féministes décrivent ces expériences comme potentiellement dangereuses pour les femmes. Des philosophes critiques du système économique actuel y voient un effet pervers de la société de consommation. Et d’autres estiment qu’elles dénotent avec la nature profonde de l’être humain, voire qu’elles sont une atteinte à la nature humaine, comme l’a écrit l’anthropologiste Peter Wood.

Tous ces jugements moraux empêchent d’étudier vraiment, en toute objectivité, le phénomène, pour voir quels en sont les effets psychologiques, estime Maria Konnikova dans le New Yorker. Presque toutes les données actuelles sont tirées des applications de rencontres, et les rares études universitaires disponibles portent sur des étudiants uniquement. Il manque donc d’une recherche indépendante, explique le New Yorker, dirigée vers tous types de publics. C’est ce que tente de faire le projet casual sex project, qu’elle défend ardemment dans les colonnes du magazine.

Le sexe sans lendemain est devenu banal, nous apprend ce projet, et il a sans doute toujours existé, contrairement à une idée reçue qui l’érige en nouveau modèle. Il est pratiqué par toutes les générations, les jeunes et les plus âgés, comme l’explique l’article: «Les normes de l’amour libre et de la rencontre amoureuse ont évolué dans les années 1960, et elles n’ont certainement jamais retrouvé leur point de départ».

L'objectif du casual sex project n'est pas de suivre une approche scientifique et purement quantitative, mais d'offrir une fenêtre sur un monde encore trop méconnu. À l'aide notamment de nombreux témoignages librement recueillis. «Ma vision est devenue plus équilibrée au fil du temps, confie Zhana Vrangalova, à l'orgine du projet. Auparavant, j'avais une perspective très positive pour tout ce qui touche au sexe. J'étais entourée de personnes qui profitaient vraiment de leur exploration, de leurs expériences. En étudiant le sujet de plus près, je me suis rendue compte que la réalité était plus contrastée.» D'un long forum intitulé «pas d'orgasme» aux nombreux jeunes qui témoignent d'un sentiment de honte, le casual sex project démontre qu'en matière d'éducation sexuelle, il y a encore beaucoup de choses à faire.

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