Monde

Pékin est un immense gruyère qui s’affaisse de onze centimètres par an

Repéré par Cyril Simon, mis à jour le 28.06.2016 à 12 h 51

Repéré sur The Guardian

La capitale chinoise tente de freiner ce désastre géologique, causé en grande partie par l'exploitation intensive des eaux souterraines.

Pékin est comme une éponge desséchée | Christian Van Der Henst S. Suivre via Flickr CC License by

Pékin est comme une éponge desséchée | Christian Van Der Henst S. Suivre via Flickr CC License by

En 2015, fut inauguré en Chine un gigantesque projet de déviation des eaux nord-sud. Le projet consiste à alimenter en grande pompe le nord du pays très industriel grâce aux eaux du sud. Ainsi, 2.400 kilomètres de canaux et de tunnels approvisionnent la capitale et ses vingt millions d'hbaitants, pour une capacité de 44.8 milliards de mètres cubes.

Cela suffira-t-il à enrayer l'affaissement continu, aussi appelé subsidence, dont souffre la mégalopole, déjà réputée pour ses ses nuages de pollution et ses tempêtes de sable? Rien ne permet à l'heure actuelle de le garantir, rapporte le Guardian. Une récente étude publiée dans la revue scientifique Remote Sensing a mesuré que Pékin coule chaque année de onze centimètres.

Les recherches, réalisées grâce à la technologie InSAR, une sorte de radar-satellite des changements d’élévation des terres, soulignent notamment les menaces qui pèsent sur le centre des affaires et ses gratte-ciel, dans le quartier de Chaoyang. Au centre des inquiétudes, se trouvent également le réseau de trains à grande vitesse, à tel point qu’une étude déconseille fortement d’installer un puits à proximité des rails.

«Il y a quelques règles mais leur application est incertaine»

Si Pékin est installée sur une plaine aride, elle abrite de gigantesques réserves d'eaux souterraines. Un pompage excessif des nappes par les secteurs de l'agriculture et de l'aménagement paysager est à l'origine de ce phénomène géologique. Des dizaines de milliers de puits d’eau ont ainsi été creusés dans la capitale et ses alentours, selon les estimations. Voilà pourquoi, aujourd'hui, les sols se compriment comme une éponge desséchée.

Seulement, le gouvernement n’arrive pas à réguler ces forages. «Il y a quelques règles mais leur application est incertaine», explique Ma Jun au Guardian, le directeur de l’Institut des Affaires publiques et environnementales de Pékin. Tout sauf surpris par cet affaissement régulier, il s’attend même à ce que la subsidence s’amplifie à l’est, direction dans laquelle la ville se développe.


Les cités asiatiques comme Pékin, Shanghai, Bangkok, Tokyo, Dacca ou Djakarta, à la croissance foudroyante, sont les plus exposées par ce type de menaces. «L'urbanisation chaotique et le pompage excessif des nappes phréatiques, ainsi que la multiplication des barrages (45.000 à la surface du globe) entraînent l'affaissement des sols et leur liquéfaction», développe dans La Dépêche Nicolas Koutsikas, auteur du documentaire «Inondations, une menace planétaire», diffusé en mai 2016 sur Arte.

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