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Filatures et excréments: les États-Unis accusent la Russie de harcèlement

Temps de lecture : 2 min

Le secrétaire d'État aux Affaires étrangères s’est saisi de l’affaire.

Barack Obama et Vladimir Poutine, au siège des Nations-Unies, le 28 septembre 2015.  MANDEL NGAN / AFP
Barack Obama et Vladimir Poutine, au siège des Nations-Unies, le 28 septembre 2015. MANDEL NGAN / AFP

Depuis 1991 et la fin de la Guerre froide, les tensions entre la Russie et les États-Unis ont fortement diminué, mais n’ont jamais totalement disparu. Et si le bras de fer se joue la plupart du temps au plus haut niveau de l’État et sur le terrain géopolitique, on apprend aujourd’hui qu'il existe une autre ligne de front pour le moins improbable.

Le Washington Post a publié le 27 juin un article sur le harcèlement qu’aurait mis en place la Russie à l’égard de diplomates américains en poste à Moscou et dans plusieurs capitales européennes. Ceux-ci se seraient plaints d’agents du renseignement russe, qu’ils accusent d’avoir «constamment perpétré des actes de harcèlement à l’égard de leur équipe diplomatique, allant du plus bizarre au plus effrayant». Selon eux, des agents russes mèneraient des filatures, payeraient la presse pour écrire des articles négatifs sur eux et se rendraient à des événements où ils ne sont pas invités.

Une conséquence des tensions en Ukraine

Mais ce n’est pas tout, parfois les agents russes franchiraient la limite de la légalité.

«Dans une série de mémos secrets envoyés à Washington, que nous ont décrit plusieurs actuels et anciens officiels américains qui les ont écrits ou lus, les diplomates rapportent que des intrus russes se sont introduits chez eux tard la nuit, seulement pour réorganiser les meubles, allumer les lumières et les télévisions, et partir. Un diplomate a rapporté qu’un intrus a déféqué sur le tapis de son salon.»

Ajoutez à cela des pneus crevés et vous obtenez une version potache des séries The Americans ou Veep.

Sauf que l'article du Washington Post nous apprend également que des agents russes suivraient la famille des diplomates en poste à Moscou lors de leurs déplacements.

«Depuis le retour de Poutine, la Russie a mis en place une guerre grise agressive à travers l’Europe, explique au journal Norm Eisen, ancien ambassadeur de la République Tchèque. Maintenant, ce sont des représailles contre les sanctions à la suite de ce qui s’est passé en Ukraine. Les harcèlements largement rapportés sont un autre front dans cette guerre grise.»

Les États-Unis ont logiquement réagi. Selon CNN, le secrétaire d'État aux Affaires étrangères John Kerry a eu une discussion avec Vladimir Poutine à ce sujet fin mars. Le Washington Post affirme que les diplomates reçoivent désormais une formation pour gérer ces situations.

De leur côté, rappelle CNN, les Russes accusent également des officiels américains de harcèlement sur leurs diplomates en poste Outre-Atlantique. La porte-parole du ministre des Affaires étrangère, Maria Zakharova, a déclaré la semaine dernière que Moscou «a senti une augmentation significative de la pression sur l’ambassade russe et les consulats généraux» aux États-Unis. Les employés du gouvernement feraient «régulièrement l’objet de provocations de la part des services secrets américains. Ils font face à des restrictions et éprouvent des difficultés à avoir des contacts officiels», a-t-elle ajouté. La Guerre froide n’a pas complètement disparu: elle se joue donc désormais en coulisses.

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