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Durant Italie-Espagne, l'homme du match était sur le banc transalpin

Grégor Brandy, mis à jour le 28.06.2016 à 0 h 20

L'Italie a réalisé un exploit en sortant le champion en titre en huitièmes de finale, et elle le doit en grande partie à son sélectionneur, Antonio Conte.

Antonio Conte lors d'Italie - Espagnem le 27 juin 2016. PHILIPPE LOPEZ / AFP

Antonio Conte lors d'Italie - Espagnem le 27 juin 2016. PHILIPPE LOPEZ / AFP

Stade de France (Saint-Denis)

Ils étaient peu à y croire, mais les Italiens ont mis tout le monde d'accord, ce lundi 27 juin, en sortant l'Espagne de cet Euro 2016 après une victoire 2-0 au Stade de France en huitièmes de finale. Les Espagnols, doubles tenants du titre, partaient cependant favoris malgré leur défaite surprise face à la Croatie lors du dernier match des phases de poule, qui leur avait coûté la première place et un tableau sans doute plus facile. Avec cette victoire, les joueurs transalpins ont créé l'une des grosses surprises de ces huitièmes de finale après l'élimination, justement, de la Croatie, qui laisse hors de cet Euro toutes les formations du «groupe de la mort», le D.

D'autant plus que l'Espagne était loin d'être l'adversaire préféré de la Nazionale. La sélection italienne restait sur presque 22 ans sans victoire face à son adversaire du jour en compétition internationale. Depuis leur victoire en quarts de finale de la Coupe du monde 1994, les Italiens s'étaient inclinés à trois reprises (dont deux aux tirs au but, à l'Euro 2008 et à la Coupe des confédérations 2013) et avaient fait un match nul. Et lors de cette victoire très contestée de 1994 (l'Espagnol Luis Enrique avait fini le visage en sang après un coup de coude de l'Italien Tassotti), le sélectionneur actuel de l'Italie, Antonio Conte, était sur le terrain.


Suractivité

Si Leonardo Bonucci a été déclaré homme du match à l'issue de la rencontre, Antonio Conte aurait sans doute pu prétendre au titre. Le sélectionneur italien avait d'ailleurs rappelé à une presse pas vraiment rassurée pour lui que l'Italie avait toutes ses chances avant ce huitième de finale.

Et il fallait le voir pendant toute cette rencontre sur le bord du terrain. À chaque fois que l'on jetait un coup d'oeil sur le banc italien, il était debout à la limite de son rectangle en train de crier, de haranguer ses joueurs, de remuer les bras, de les lever au ciel sur chaque occasion manquée, de leur demander de se replacer, d'aller chercher les Espagnols plus haut, de remonter la ligne de défense, de balancer le ballon sur un contre raté, de prendre à partie le quatrième arbitre quand une faute était oubliée ou qu'il aurait bien aimé la voir sanctionner d'un carton, ou de fêter le deuxième but synonyme de qualification avec encore plus de joie que ses joueurs, courant le long de la ligne avant d'étreindre ses assistants et de sauter sur le banc de touche.

Et ce dès le début du match, quand une grosse averse a commencé de s'abattre sur le stade, le forçant à aller chercher son manteau, pendant que son homologue Del Bosque passait la rencontre sur son banc, se risquant parfois à quelques sorties. Une véritable opposition de styles qui a tourné à l'avantage de l'Italien.

Trois ans à la Juve, trois titres de champion

Après six saisons à Lecce, treize à la Juve (295 matchs, quand même) et vingt sélections, Antonio Conte avait dit adieu à sa carrière de joueur en 2004, avant de retrouver les terrains en 2006 comme entraîneur avec Arezzo, en Serie B italienne. Après avoir permis à Bari de remonter en première division, il quitte le club et rejoint l'Atalanta Bergame où la réussite n'est pas au rendez-vous. Après sa démission en milieu de saison, il passe six mois sans entraîner avant de rejoindre Sienne, alors relégué en Serie B. Un an plus tard, le club retrouve la Serie A. C'est là qu'il rejoint la Juventus, avec qui il gagnera trois titres de champion (2012, 2013, 2014) et deux Supercoupes d'Italie (2012, 2013), mais sera également rattrapé par le Calcioscommesse, une affaire de matchs truqués.

Conte purgera finalement quatre mois de suspension et retrouvera le banc juventino grâce à une suspension réduite. Il est relaxé par la justice italienne en mai 2016, un mois avant le début de cet Euro dans lequel les Italiens arrivaient tout juste avec un statut d'outsider, la faute aux blessures de Marco Verratti (PSG) et de Claudio Marchisio (Juventus Turin). Mais malgré cela, l'Italie continue de surprendre et est toujours en course pour remporter le deuxième titre européen de son histoire. Peut-être parce que, comme le soulignait Eurosport avant le premier match de l'Italie face à la Belgique, le meilleur atout de cette sélection transalpine se trouve sur le banc, parce qu'il exploite au mieux les qualités de son groupe et qu'il «prépare mieux les matchs que quiconque».

Après avoir fini les phases de poule en tête, les Italiens auraient pu regretter ne pas avoir fini à la deuxième place et profiter d'un tableau peut-être plus facile. Après un premier exploit, ils vont désormais devoir sortir l'Allemagne championne du monde en titre, impressionnante dimanche contre la Slovaquie (3-0). Après cela, les joueurs de la Squadra Azzurra pourraient bien se retrouver sur la route de la France si tout se passe bien pour les hommes de Didier Deschamps. Et là, Antonio Conte n'aura même pas besoin de motivation: il était sur le banc en 2000 quand l'Italie avait connu la plus cruelle défaite de son histoire, en finale de l'Euro, sur un but en or de David Trezeguet.

Grégor Brandy
Grégor Brandy (439 articles)
Journaliste
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