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La Russie se met à l’heure de Big Brother

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 27.06.2016 à 12 h 05

Repéré sur The Guardian, The Verge

La Russie est sur le point d'adopter une nouvelle loi antiterroriste, qui va restreindre certaines libertés.

Les mesures de la loi antiterroriste Yarovaya sont effrayantes | Jedimentat44 via Flickr CC License by

Les mesures de la loi antiterroriste Yarovaya sont effrayantes | Jedimentat44 via Flickr CC License by

C’est une loi qui ferait pâlir d’envie certains législateurs un peu partout dans le monde. La Douma, la chambre basse du Parlement russe, a adopté à la quasi-unanimité (354 voix pour, 1 contre) la loi Yarovaya, du nom d’Irina Yarovaya, membre du parti de Vladimir Poutine, Russie unie. Et les nouvelles mesures adoptées par le parlement russe sont effrayantes, raconte le Guardian:

«Cette loi rend criminel le fait de ne pas prévenir les autorités d’informations “fiables” concernant des attaques terroristes planifiées, des soulèvements armés, des détournements et plusieurs autres crimes. Exprimer son approbation du terrorisme sur internet sera punissable de sept ans de prison.»

Mais ce n’est pas tout, poursuit le quotidien britannique: «La loi oblige les opérateurs et fournisseurs d’accès à internet à conserver les enregistrements de toutes les communications pour une durée de six mois et les métadonnées pendant trois ans, ainsi qu’à aider les agences de renseignement à décoder les services de messageries chiffrés.»

D’autres aspects sont également abordés, et les opposants au Kremlin n’ont pas été oubliés: «La peine maximale d’emprisonnement pour extrémisme, une accusation utilisée contre de plus en plus d’utilisateurs de réseaux sociaux critiques de l’implication de la Russie en Ukraine, va passer de quatre à huit ans. Encourager les gens à prendre part à de “fortes perturbations” sera un crime punissable de dix ans de prison.»

Programme de surveillance

Comme en France, la Russie semble avoir connu quelques débats sur la déchéance de nationalité, disposition qui faisait partie de la proposition de loi initiale mais a finalement été retirée, «un citoyen russe ne pouvant être déchu de sa nationalité sans aucune exception», selon la Constitution, rappelle Tanya Lokshina, de Human Rights Watch:

«Les promoteurs de la loi avançaient que cette provision ne s’appliquerait qu’à ceux qui ont une seconde nationalité ou sont “en mesure d’obtenir” une autre nationalité. Mais leurs tentatives de justification ne rendaient pas cela plus constitutionnel ou moins incohérent.»

Toute cette loi a été également largement critiquée par Edward Snowden, qui bénéficie d’un asile en Russie, quasiment depuis son départ des États-Unis il y a deux ans, après avoir fourni à Glenn Greenwald et Laura Poitras des milliers de documents révélant l’ampleur des programmes de surveillances des agences de renseignements américaines.

Cette proposition de loi, explique The Verge, est une réponse à l’attaque terroriste dont ont été victimes les 224 passagers et membres d’équipage de vol Metrojet qui devait faire la liaison entre Charm-el-Cheikh et Saint-Pétersbourg, en octobre 2015. Vladimir Poutine avait alors estimé que ce crash marquerait «la Russie à jamais». Elle doit encore passer devant l’équivalent russe du Sénat, avant que Vladimir Poutine ne le valide définitivement en y apposant sa signature. À en croire le Guardian, ce ne devrait cependant être qu’une formalité.

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