Monde

Après le Brexit, au Royaume-Uni, les racistes se lâchent

Repéré par Bérengère Viennot, mis à jour le 27.06.2016 à 8 h 14

De nombreux incidents et délits racistes ont été signalés depuis la victoire du «Leave».

À Londres, le 25 juin 2016. JUSTIN TALLIS / AFP.

À Londres, le 25 juin 2016. JUSTIN TALLIS / AFP.

Le Royaume-Uni a choisi de sortir de l’Union Européenne après une campagne qui a beaucoup joué sur le racisme, la peur de l’autre et l’immigration. Comme le rapporte Slate.com, à présent que le divorce est prononcé, le pays découvre avec angoisse que «certains éléments extrémistes de la société» laissent libre cours à leurs pulsions racistes. Les incidents et délits racistes sont en augmentation depuis que l’issue du référendum est connue. D’après The Independent, «nombre des auteurs supposés [de ces incidents racistes] ont évoqué explicitement la décision de quitter l’Union européenne». Un album Facebook intitulé «Worrying signs» («signaux inquiétants») a été créé pour signaler les incidents à caractère xénophobe.

À Huntington, dans le Cambridgeshire, des cartes où l’on pouvait lire «Quittez l’UE/La vermine polonaise, ça suffit» ont été déposées dans les boîtes aux lettres de familles polonaises le lendemain du scrutin. D’autres ont été distribuées devant des écoles primaires, en anglais et en polonais.

Dans les rues, les insultes racistes contre des personnes «perçues comme des immigrés» se sont multipliées. «J’ai passé une grande partie du week-end à parler à des associations, des individus et des militants qui travaillent dans le domaine des crimes de haine, qui surveillent les occurrences de crimes de haine, et ils révèlent des premiers résultats dérangeants révélés par des personnes arrêtées dans la rue pour s’entendre dire: “Écoutez, on a voté Leave, alors il est temps pour vous de partir”», déplore la baronne Warsi, ancienne présidente du parti conservateur.

Heaven Crawley, directrice des études sur les migrations internationales à Coventry University, a twitté le 24 juin:

«Ce soir, en quittant son travail à Birmingham, ma fille a vu un groupe de gars encercler une musulmane en criant: “Dégage, on a voté Leave.” Horrible époque.»

De nombreux incidents sont même reportés à Londres, s’étonne Slate.com. Un jeune français et son ami se sont par exemple fait hurler dessus: «Leave, leave!» («Partez, partez!») par un homme qui les avait entendus parler français.

Pour Jasvir Singh, avocat à Londres et militant du parti travailliste cité par Bloomberg, le ton de certains discours de campagne a «légitimé la rhétorique raciste. Il y a dorénavant une minorité qui se fait entendre et se sent autorisée à utiliser les résultats du référendum comme prétexte pour cracher sa haine».

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