Deux pilotes américains dépassent l'aéroport où ils devaient atterrir de 240km

Que ceux qui n'ont jamais raté une sortie d'autoroute lèvent le doigt... Mais dans les airs, point de panneaux pour rappeler aux distraits les étapes du parcours. Résultat: des pilotes de la Northwest Airlines, en pleine discussion animée sur la politique de leur compagnie, en ont oublié l'heure et ont largement dépassé sans y penser l'aéroport de Minneapolis, où ils devaient atterrir. Ils ne se sont rendus compte de leur erreur que 240 km et 16 minutes plus tard.
Panique au sol, où le contact a été perdu pendant une heure avec l'appareil qui volait à 11.000 mètres d'altitude: suite à l'alerte de l'Autorité Aérienne Fédérale (AAF) craignant un détournement, deux avions de chasse étaient même prêts à décoller. Après plusieurs tentatives infructueuses, les contrôleurs ont finalement réussi à contacter les pilotes en demandant l'aide de deux autres appareils de la Northwest Arilines, dont les équipages ont utlisé une autre fréquence radio. Les réponses des pilotes étaient alors tellement vagues que la tour de contrôle leur a ordonné de faire plusieurs manoeuvres inutiles pour vérifier qu'ils n'étaient pas sous la menace des terroristes.
Le contact a finalement pu être repris et l'avion venu de San Diego a atterri à Minneapolis un peu après 21h heure locale (4h jeudi matin, heure de Paris); les 147 passagers, eux, n'ont pas vraiment réalisé ce qu'il se passait.
Les deux pilotes ont été suspendus et deux enquêtes sont en cours: une interne à la compagnie filiale de Delta Airlines, une autre menée par la direction fédérale de l'aviation (AAF). Alors qu'ils disent avoir «perdu la notion du temps», certains les soupçonnent de s'être tout simplement endormis. L'automatisation du pilotage pour des avions comme l'A320 est telle que le plus grand danger qui guette les pilotes d'aujourd'hui semble être l'ennui. Alors que le plupart des employés se plaignent d'une charge de travail trop importante, chez les pilotes, ce serait plutôt l'inverse: entraînés pour faire face à des situations de crise, tenus d'avoir des réflexes irréprochables, ils doivent dans les faits faire face à des heures de vol des plus monotones, bien loin des séances catastrophistes en simulateur.
Cette difficulté se combine à des plages de repos irrégulières qui dérèglent leurs cycles de sommeil: fatigue et ennui, toutes les conditions sont réunis pour un petit somme involontaire et à haut risque dans le cockpit. Les boîtes enregistreuses du cockpit vont être analysées: les enquêteurs verront bien si le débat était aussi chaud que les pilotes le prétendent...
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Image de une: Avion de la Northwest Airlines par Eric Kilby via Flickr
Mis à jour le 23/10/2009 à 12h46

























On ne peut que souhaiter, à tous les passagers de toutes les compagnies, que les pilotes aux commandes de leurs avions ne s'endorment pas trop vite au cours des différents vols, car ce n'est pas d'ennui qu'ils mourraient alors ! Et dire que dans le domaine de l'aviation, la priorité des priorités reste la sécurité ... En tout cas, on ose l'espérer. Il est des informations, comme ça, qui font froid dans le dos !
[quote="claudeg"]On ne peut que souhaiter, à tous les passagers de toutes les compagnies, que les pilotes aux commandes de leurs avions ne s'endorment pas trop vite au cours des différents vols, car ce n'est pas d'ennui qu'ils mourraient alors ! Et dire que dans le domaine de l'aviation, la priorité des priorités reste la sécurité ... En tout cas, on ose l'espérer. Il est des informations, comme ça, qui font froid dans le dos ![/quote]
Il est important de signaler que les médecins aéronautiques ainsi que les responsables opérationnels des compagnies aériennes encouragent les pilotes à effectuer des siestes en vol. Etant moi-même pilote de long-courrier depuis 15 ans j'en loue les bienfaits. Simplement il est primordial de l'effectuer EN CORRELATION avec son confrère. Si j'ai les yeux qui tombent j'en avise mon collègue et je lui spécifie que si lui à son tour ressent le besoin de se reposer il le fait APRES M'AVOIR REVEILLE. Mais dans tous les cas le but est le même, profiter des phases de vol en croisière (longues souvent de plusieurs heures dans le cas du long-courrier, avec une plus faible charge de travail) pour se reposer. Ceci afin que les deux pilotes (ou les 3 si le vol fait plus de 10 heures) soient raisonnablement réveillés et proactifs pendant les phases d'approche et d'atterrissage, même au petit matin après avoir volé toute la nuit.
Merci pour toutes ces précisions ... Personnellement, je n'ai pas peur en avion et fais entièrement confiance aux équipages. Cet incident, fort rare, est plutôt à mettre sur le compte de l'imprévoyance, de l' "accident de parcours ". Dieu merci, la plupart des pilotes ont le sens des responsabilités et, bien entraînés, sont capables de faire face à toutes sortes d'ennuis ... Têtes dans les nuages, certainement, mais, en aucune façon, " têtes en l'air " !
Cordialement.