Sports

Euro 2016: les Bleus peuvent dire merci à leurs trois jours de repos en plus

Grégor Brandy, mis à jour le 26.06.2016 à 18 h 37

Les subtilités du calendrier ont mis face à eux une équipe d'Irlande non seulement qualifiée in extremis, mais qui avait bouclé son premier tour bien plus tard.

L'Irlande éliminée en huitièmes de finale de l'Euro 2016. PHILIPPE DESMAZES / AFP

L'Irlande éliminée en huitièmes de finale de l'Euro 2016. PHILIPPE DESMAZES / AFP

Ils se sont fait peur, mais les Français se sont finalement sortis du piège irlandais et se sont qualifiés pour les quarts de finale de cet Euro 2016, grâce à un doublé d'Antoine Griezmann (2-1). Tout avait pourtant très mal commencé, avec ce pénalty concédé après à peine une minute de jeu, que Robbie Brady s'était fait une joie de transformer.

Pendant toute la première période, les Français ont semblé ne pas trouver la solution, mais ils ont finalement réussi à revenir au score en début de seconde période, avant de prendre l'avantage et de se retrouver en supériorité numérique, le tout en tout juste dix minutes, entre la 56e et la 66e minute. La fin de match a ensuite été un long calvaire pour les Irlandais, au bord de la rupture à plusieurs reprises.

Certains diront que les hommes de Martin O'Neill ont loin d'avoir été avantagés par le calendrier. Alors que les Français bénéficiaient d'une semaine quasi-complète de récupération après leur match nul face à la Suisse (0-0), le 19 juin, rencontre avant laquelle ils étaient déjà qualifiés, les Irlandais ont eux dû aller chercher une victoire en toute fin de match contre l'Italie (qui avait fait tourner) pour se qualifier, le 22 juin, avant de n'avoir que quatre jours pour récupérer et préparer cette rencontre. Une inégalité imputable au calendrier très complexe de cet Euro: alors que, dans les grandes compétitions, ce sont généralement des groupes «consécutifs» (A et B, C et D...) qui croisent au début de la phase à élimination directe, avec donc des calendriers assez proches, le système des meilleurs troisièmes a ici produit un duel entre les groupes A et E.

Comme l'expliquait 20 minutes avant la rencontre, «on comprend bien que les Irlandais [partaient] de très loin». C'est d'ailleurs ce qu'a souligné Arsène Wenger après la rencontre sur beIN Sports, quand il a indiqué que «physiquement, l'équipe d'Irlande s'est écroulée en deuxième mi-temps». Après une première période où il a empêché les Français de trouver des solutions, le pressing irlandais semblait se faire moins dur au fur et à mesure du match, et les petites fautes qui ralentissaient le jeu se sont faites plus rares. 

Alors, ces trois jours de récupération ont-ils pesé sur le résultat? Le thème avait déjà été largement abordé avant la rencontre. Si l'entraîneur adjoint des Bleus, Guy Stéphan, avait admis que «trois jours, ça compte», il avait cependant tenu à rappeler que cela ne suffirait pas forcément:

«Ce n'est pas une garantie. Il y a un risque de sortie mentale de la compétition. Il y a des exemples d'élimination pour l'équipe qui a eu le plus de récupération même si, à choisir, je préfère notre situation.» 

Il est vrai que trop de récupération peut aussi être un mal, rappelait 20 minutes:

«Dans l’Equipe, Lizarazu expliquait avant la Suisse que dans une situation comparable, les Bleus de 98 avaient souffert du manque de rythme contre le Paraguay en huitièmes car certains étaient restés dix jours sans jouer. Ce qui peut expliquer que la France ait dû attendre la prolongation pour battre Chilavert.»

Evidemment, le sélectionneur irlandais, Martin O'Neill, avait un avis légèrement opposé:

«Ça semble disproportionné pour la récupération entre deux équipes, et ça peut devenir très important.»

 Il avait ensuite préféré en rigoler:

«Je comprends que le pays hôte soit favorisé. Si la compétition était en Irlande, je ferais exactement la même chose. Les autres équipes joueraient toutes les nuits et nous ne jouerions pas pendant un an.»

Comme le soulignait LCI dans un de ses sujets d'avant-match, pour une équipe qui mise une grosse partie de ses chances sur son physique et sa fraîcheur comme l'Irlande, ces trois jours de moins pouvaient en effet avoir une importance cruciale. La seconde période irlandaise semble lui avoir donné raison.

La France, elle jouera son prochain match face à l'Islande ou l'Angleterre dimanche prochain. Et cette fois-ci, elle n'aura qu'un peu plus de 24 heures de récupération supplémentaires.

Grégor Brandy
Grégor Brandy (439 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte