Monde

Le créateur de la pétition Brexit est... un électeur pro-Brexit

Repéré par Robin Panfili, mis à jour le 26.06.2016 à 14 h 58

Repéré sur Huffington Post, The Telegraph, The Guardian

La pétition en ligne pour réclamer un second référendum au Royaume-Uni réunit des millions de signatures et a été lancée... par un électeur pro-Brexit, un mois avant le vote.

La pétition destinée au Parlement britannique qui réclame la tenue d'un nouveau vote sur le Brexit atteint des records. Le 26 juin, trois jours après le référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, près de trois millions de personnes l'ont signée, ce qui a même rendu indisponible, pendant quelques heures, le site qui l'héberge. Si le succès de cette pétition en ligne n'a rien d'une surprise vue l'issue du référendum, le profil du créateur de la pétition, en revanche, a de quoi surprendre.

Il ne s'agit pas d'un électeur déçu par la victoire du camp du Brexit réclamant qu'un nouveau vote soit organise, mais tout le contraire, rapporte la version britannique du Huffington Post. Par peur d'une victoire des partisans d'un maintien dans l'Union européenne, William Oliver Healey, un électeur du camp du «Leave» et étudiant en

sciences politiques, a lancé cette pétition, le 25 mai, c'est-à-dire bien avant la tenue du référendum. L'idée de William Oliver Healeypour était la suivante: demander au Parlement britannique qu'un second référendum soit organisé si jamais le camp du «Remain» ou celui du «Leave» n'atteignent pas un minimum de 60% des suffrages lors du vote, ou si la participation est inférieure à 75%.

«Oh mon dieu, Olivier! WTF»

Deux conditions qui ont été remplies lors du référendum du 23 juin où le vote en faveur du Brexit n'a enregistré que 51,9% des voix et une participation de 71,8% des inscrits. Après le vote, la pétition a ainsi rencontré un vaste succès auprès des électeurs favorables à un maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne et déçus par la victoire du camp du «Leave». William Oliver Healey, lui, a certainement de quoi se mordre les doigts.

Sur son compte Facebook, il répète que la pétition a été lancée près d'un mois avant le référendum. «Il n'y avait aucune garantie que l'on remporte la victoire à ce moment-là», écrit-il. Cette prise de liberté a eu le don d'agacer les autres militants pro-Brexit qui lui reprochent son imprudence dans les commentaires de son post Facebook, repérés par L'Obs. «Oh mon Dieu, Olivier! WTF. Tu as vraiment agi prématurément là! Tu aurais pu attendre les résultats! […] Cela peut potentiellement tout ruiner!».  

Quelles influence aura cette pétition sur le gouvernement britannique? Impossible à dire pour le moment. Une chose est sûre: le gouvernement va être contraint d'y répondre sous vingt-et-un jours, au même titre que toutes les autres pétitions qui recueillent un minimum de 10.000 signatures. Avec plus de trois millions de signataires, le Parlement pourrait même envisager de débattre de la question, mais n'a, pour autant, aucune obligation de le faire. Affaire à suivre.

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