Epad: la victoire du prince Jean, la défaite de la cour
Le fils du chef de l'Etat renonce à la présidence de l'Epad.
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Nous avions critiqué cette élection toute faite. Aujourd'hui, si comme le prétend Frédéric Lefebvre, nous, «les commentateurs» de la vie politique, sommes la nouvelle opposition, nous devrions dire «victoire, les Sarkozy ont cédé, ils ont reculé». Mais il ne s'agit pas de cela du tout. Jean Sarkozy n'a pas reculé: il a compris et il a gagné. Ses mots d'hier étaient assez forts. Bien sûr, le média training perçait sous un discours pro, policé, presque formaté, mais les mots prononcés étaient les bons. C'était assez troublant parce que le débit et les intonations étaient celles de son père à cette nuance près qu'il n'avait pas la certitude d'avoir raison, le propos péremptoire et dominateur de Nicolas Sarkozy. Jean Sarkozy n'a pas dit, comme un vieux briscard de la politique l'aurait fait, «je renonce parce que je suis une victime de la désinformation». Il a prononcé le mot frédéric-lefèvriste «désinformation» mais ses mots forts à lui étaient «j'ai écouté, j'ai entendu et j'ai appris».
Il y a plusieurs façons de renoncer en politique. La façon habituelle, celle qui ne tient compte que des rapports de force et qui dit «je suis victime d'une cabale, je renonce». Ou il y a la façon, disons plus moderne, qui dit «j'ai compris, j'ai appris, je renonce». On attend d'un jeune homme politique qu'il nous dise qu'il a appris. S'il s'était entêté, il aurait traîné ce boulet de pistonné pendant des années. Son renoncement, et la façon dont il s'est exprimé, le libère. Jean Sarkozy ne ressemblait pas jeudi sur France 2 à l'archétype du jeune loup de la politique des Hauts-de-Seine, il dépareillait au sein du clan Balkany qui donne l'impression d'être propriétaire du département le plus riche de France.
Ce renoncement spectaculaire en forme de contre-pied de dernière minute est aussi une drôle de douche froide pour tous ceux qui, dans la majorité, au gouvernement, ont soutenu le fiston du patron sans l'ombre d'un doute. Sans l'ombre d'un doute affiché! Parce qu'en réalité, la plupart des ministres et autres partons de l'UMP ne faisaient qu'appliquer, en bons petits soldats, la consigne élyséenne de défense sans faille. Ils étaient conscients de la part de ridicule qu'ils devaient endosser mais c'était le prix à payer pour éviter la disgrâce. C'était une sorte de concours de langue de bois que l'on pourrait qualifier d'investissement. Il s'agit de ce payer une future proximité avec le Président. Celui qui défendrait le petit avec le plus de zèle se rapprocherait du père tout puissant. Tant pis pour la contradiction flagrante entre l'idéologie du mérite et de la responsabilité affichée par le sarkozysme officiel et ce cas patent de favoritisme.
Demi-tooooour droite! Maintenant ils vont recevoir de l'Elysée leurs nouveaux éléments de langages (ces documents qui contiennent un argumentaire mis au point au château et qu'il faudra répéter mot pour mot)...Ils diront quelque chose comme «je salue une sage décision». Pourquoi aucun d'eux n'avait osé dire l'évidence avant: «la sage décision» c'est de ne pas briguer ce poste, laissé vacant par le maire de Meudon sur ordre récompensé de l'Elysée. Ils ont défendu Jean Sarkozy en pensant qu'il s'agissait de Nicolas Sarkozy. Ils ont pensé qu'il ne pourrait pas renoncer parce que Nicolas Sarkozy n'aurait pas renoncé. Pour eux, renoncer c'est forcement céder. Pour eux, et ils ont montré à cette occasion qu'ils étaient caporalisés au-delà du raisonnable, il était tout simplement impossible d'imaginer que ce puisse être dans ce cas-là, non pas céder mais comprendre.
Ces courtisans voyaient pourtant bien que cette histoire faisait rire ou stupéfiait la presse du monde entier. 200 journalistes dont la moitié venue de l'étranger avaient prévu de couvrir l'élection-nomination à Nanterre, comme on couvre une bizarrerie exotique dans une république bananière. Jean Sarkozy vient de mettre fin cette mascarade. Il l'a fait assez dignement. Mais il vient aussi de souligner outrageusement un phénomène de cour tristement classique dans notre République au pouvoir centralisé. C'est la fin d'une polémique, mais c'est peut-être le début d'une carrière politique.
Thomas LegrandMis à jour le 24/10/2009 à 15h23










































M. Legrand, il ne faut pas être dupe de cette mauvaise comédie, Jean est l'objet de son père. Tout d'abord tous les outils de communication ont été à son service. Il dispose maintenant du conseiller en communication de son père (voir les détails dans le Canard Enchaîné chaque mercredi). Ensuite M. Pujadas n'a pas vraiment été pugnace; quand on l'entend dire qu'il a une vision pour la Défense, pourquoi ne lui demande-t-il pas de préciser cette vision, c'est finalement le seul problème. Non, on reste dans la com.
Ensuite, il va bien falloir regarder ce quyi va se passer: qui va être président de l'Epad, pour combien de temps et qui va tirer les ficelles derrière.. Je ne crois pas du tout à cet avenir d'un membre du conseil d'administration qui va se faire les dents. On va avoir 8 représentants de l'état qui vont siéger avec le fils du président de la république. Le conflit d'intérêt n'est pas réglé.
Jcroisspas, vous êtes super informé(e): "Jean est l'objet de son père", dites-vous. Et vous savez ça comment SVP?
Pathétique, quel manque d'objectivité. Jean Sarkozy se retire parce que papa Sarkozy sait bien que la nomination de son fils risquait de faire beaucoup de mécontents au sein de son propre électorat. Et honnêtement, qui aurait-il pu convaincre avec son (ridicule) niveau d'étude ? A part les hypocrites de l'UMP, je ne vois pas.
Merci beaucoup pour cette analyse.
Par contre, je ne comprend pas du tout cette obsession sur les "éléments de langage". Où est le problème? C'est tout de même normal de tenter d'unifier la communication. Notamment face à des journalistes et éditorialistes qui se focalisent de plus en plus sur ces mêmes "éléments de langage".
D'ailleurs, pendant qu'on chipote sur les mots, le gouvernement enchaîne les lois, les amendements à l'Assemblée nationale et au Sénat, au pas de course. Les fameuses réformes se mettent en place sans réelles discussions, sans débat d'opinion mobilisateur.
J'ai peur qu'à force de se focaliser sur la communication des politiques on finisse par ne plus voir ce que les politiques font réellement et dans quelle mesure cela change notre quotidien. Les "petites phrases" sont aux éditorialistes politiques ce que les photos floutées sont à la presse people!!
Que dit cet article ? Que Jean Sarkozy est un brave garçon, qui a manoeuvré avec intelligence, à l'inverse de l'establishment UMP. Le message est le suivant : l'auteur de l'article est, lui, un soutient raisonné, intelligent, du parti de l'Elysée, là où tous les autres ne sont que des courtisans. Beau travail. Encore un effort, petits marquis, courbez bien l'échine, et avec le sourire s'il vous plaît...
« Ce renoncement spectaculaire en forme de contre-pied de dernière minute est aussi une drôle de douche froide pour tous ceux qui, dans la majorité, au gouvernement, ont soutenu le fiston du patron sans l'ombre d'un doute. Sans l'ombre d'un doute affiché ! »
30 voix sur 30, gageons que ce score aurait été le même s’il n’avait pas renoncé à la présidence.., mais ce n’est plus le cas.
La douche froide devient encore plus glacée lorsque l’on réfléchit à la liste des possibles prétendant après son retrait. Une seule peut briguer le poste, la mairesse Joëlle Ceccaldi-Raynaud de Monputeaux, les autres ayant atteint la limite d’âge son devenu hors jeu.
Lorsque l’on connait la gestion et l’administration pour le moins « chaotique » de la commune de Monputeaux, la majorité a vraiment des craintes à avoir. Sauf à ce que la majorité vote pour le candidat communiste, seul pour l’instant en lice. Mais là non plus, il n’y a pas de soucis à se faire, le crime de lèse majesté serait puni si sévèrement que personne ne si risquera.
Il semble cependant se décider une troisième voie, celle d’un haut fonctionnaire de l’état, nommé par l’état, et dont le plus haut représentant n’est autre que Nicolas Sarkozy.
Le président pourra après avoir voulu placer son fils, continuer malgré tout à avoir la main mise sur le plus riche cartier de France. Au final, ce qui compte dans cette nomination, ce n’est pas d’avoir des compétences pour diriger l’EPAD, il suffit juste d’être inféodé au roi.., la cour se chargeant du reste.
Lefebvre pas Lefèvre....
Au dela de la piteuse farce familiale (pauvre Jean qui a du se couper les cheveux, mettre des lunettes, apprendre a parler comme un apparatchik, il etait bien plus mignon avant!...), ce qui m'a le plus deprime a ete le comportement de nos "elites republicaines". Si elles ne peuvent pas dire au Prince qu'il se fourvoit sur un sujet aussi evident, comment voulez vous que la cour de sa Majeste puisse aider NS a prendre les bonnes decisions (je fus particulierement deprime par la reaction de Kosciusko Morizet aux questions perverses de F Olivier Giesbert (il en jouissait le diable...) sur France 2). Faut il s'humilier pour exister?
Et s'etonnera t'on de la gestion catastrophique (du super GW: deficits don't matter!) de la crise economique et financiere par notre president (qui risquait de mener a la guerre tant elle etait divergente de celle de nos voisins d'outre Rhin) qui pense pouvoir s'affranchir des contraintes economiques? (Dieu merci, il semble que les Allemands font un pas vers plus de convergence parce que s'il fallait compter sur Fillon pour dire a sa majeste qu'elle ne fait que des c...ies, on ne serait pas sorti de l'auberge!...)
Peut etre que tous ces petits Marquis ont peur de se faire pendre a un croc de boucher? Vois tu Nicolas, si tu terrorises tes ouailles, ya un prix a payer!