Le difficile art du recul, par Jean-Marie Colombani
Le retrait du fils était nécessaire pour que le père tente de reconquérir l'opinion. Sera-t-il suffisant?
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Il est des circonstances qui imposent de reculer: c'est ce qu'ont du se dire Nicolas et Jean Sarkozy — le fils consultant le père — au vu des dégâts provoqués par la perspective de voir le très jeune conseiller général des Hauts-de-Seine accéder à la présidence de l'Etablissement public de la Défense (Epad). Jean Sarkozy a donc pris une position intelligente et habile: il ne renonce pas à entrer au Conseil d'Administration de l'établissement public, mais ne briguera pas sa présidence.
La polémique avait en effet flambé à l'annonce de cette seule perspective et provoqué la désapprobation d'une forte majorité de l'opinion. Plus grave: elle avait redoublé à l'énoncé par le président de la République d'un discours sur le mérite sur le fait que, dans notre méritocratie précisément, rien ne devait aller à un quelconque privilège de la naissance. Jean Sarkozy a fait sienne cette partie-là de la critique en refusant que son éventuelle élection à la présidence de l'Epad puisse être entachée d'un soupçon de «favoritisme».
La victoire de David Douillet
Oubliées donc les lignes de défense de l'Elysée construites pour, selon ses propres dires puisqu'il se savait être la cible principale, se défendre lui-même. Cela peut paraître un élément de psychologie de café du commerce, mais il s'agissait davantage de la mauvaise conscience d'un père vis-à-vis d'un fils dans un foyer désuni. Mais, quelle qu'aient pu être les qualités du fils en question - et à France 2 il en a montré quelques-unes - l'affaire était entendue, dès lors qu'il apparaissait évident qu'il ne pouvait briguer cette fameuse présidence parce qu'il était le fils de son père.
Exit aussi la référence à l'élection de David Douillet face au maire socialiste de Poissy. Victoire qui avait été hissée par l'Elysée et l'UMP au rang de preuve de la solidarité de l'électorat de la droite face à la polémique. Paradoxalement, c'est peut-être cette victoire qui a permis le recul: une défaite de David Douillet, dans une circonscription traditionnellement acquise à la droite, aurait probablement créée un séisme politique, et peut-être un raidissement interdisant tout mouvement.
Dans ce genre de circonstances, deux questions se posent: le recul est-il parfaitement compris? Est-il suffisant?
Sortir de la nasse
Vraisemblablement, l'opinion retiendra que Jean Sarkozy a renoncé et n'entrera pas sans doute pas dans les subtilités d'une candidature maintenue au Conseil d'Administration; attitude qui a l'avantage de préserver ses chances d'en devenir, un peu plus tard, le président. Entretenir la polémique, même si l'opposition ne se privera pas de le faire, sera malgré tout plus difficile, et à tout le moins, moins efficace.
Mais il n'est pas évident de déterminer si ce geste peut suffire à enclencher, au bénéfice du chef de l'Etat, un mouvement de reconquête de l'opinion. Une chose est sûre, il fallait sortir de la nasse. Car même si très peu de gens avaient auparavant entendu parler de l'Epad; même si fort peu nombreux étaient ceux qui imaginaient qu'il s'agit en fait d'un point d'appui important dans la future réforme dite du Grand Paris, la mention que le leadership dans ce domaine allait échoir à un étudiant en droit -«Il faut un juriste pour un tel poste», avait argumenté Laurent Fabius qui pour une fois faisait de l'humour, avant d'ajouter: «et Jean Sarkozy est en deuxième année de droit!» — avait provoqué un profond sentiment d'injustice.
Que l'on songe simplement aux cohortes d'étudiants qui, armés de leurs diplômes, peinent pourtant à trouver ici un stage, là un CDD.
En outre, cette affaire était en train de donner crédit à ceux qui, dans l'opposition, voire comme plus récemment dans la majorité, dénoncent la concentration des pouvoirs. Le candidat Sarkozy n'avait-il pas promis une République «irréprochable»? A quoi il répondait : «regardez la réforme de la Constitution, le rééquilibrage des pouvoirs qu'elle implique au bénéfice du Parlement, la saisine par les citoyens du juge constitutionnel, la renonciation du chef de l'Etat à la présidence du Conseil supérieur de la magistrature, etc... » C'est en effet un catalogue de réformes qui porteront certainement leurs fruits et qui, d'ailleurs, poseront problème à celle ou celui qui sera élu en 2012. Mais que pouvait peser ce catalogue face à l'impression de voir s'installer une «egocratie» (l'expression est de Jean-Luc Mélenchon).
L'enjeu: la gestion de la sortie de crise
Dans des circonstances plus difficiles et des situations plus tendues, François Mitterrand avait porté à son sommet l'art du recul: il avait ainsi, après les graves événements de Nouvelle-Calédonie et sa renonciation à l'idée d'une «indépendance dans l'interdépendance» de ce territoire, inventé la construction d'une grande base aéronavale, qui ne vit jamais le jour; il avait aussi sorti de son chapeau, après que deux millions de personnes eurent défilé de Versailles à Paris en défense de l'école privée, un «référendum sur le référendum» qui masquait un recul pur et simple et qui ne vit jamais le jour non plus. Jacques Chirac en revanche, qui avec Juppé dut reculer devant l'ampleur des grèves contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, dut subir 5 ans de cohabitation avec Lionel Jospin: son recul n'avait servi qu'à le décrédibiliser.
Dans la situation actuelle, deux types de facteurs s'additionnent: les uns sont conjoncturels et donnent à tous ceux qui veulent s'opposer autant d'occasions de faire des adeptes. Il y eut ainsi l'affaire Frédéric Mitterrand, puis la question de l'Epad et de Jean Sarkozy, l'une et l'autre ayant été précédées par le lapsus présidentiel sur les «coupables» de l'affaire Clearstream. De ce point de vue, constatons que la question la plus délicate, en ce qu'elle comportait le risque de voir une partie non négligeable des Français se détourner du Président, a désormais quelque chance d'être déminée. Mais des facteurs plus structurels existent qui tiennent en fait à la gestion de l'après crise.
Autant il est possible de créditer Nicolas Sarkozy de sa gestion de la crise, qu'il s'agisse de son rôle en Europe comme au sein du G20, ou du plan de relance et du renflouement du système financier, autant il peut être fragilisé par la crainte de ce qui peut venir après la crise. Celui qui l'a compris le premier est François Hollande qui, et à l'inverse de son parti, a placé au centre du débat la question du déficit. Qui dit financement du déficit dit forcément fiscalité; or on sait que Nicolas Sarkozy campe sur le refus d'augmenter celle-ci. Mais est-ce crédible?
On le voit, Nicolas Sarkozy a abordé sans doute la partie la plus délicate de son quinquennat.
Jean-Marie Colombani
Image de une: Jean Sarkozy, le 22 octobre 2009, sur le plateau de France2. REUTERS
Mis à jour le 23/10/2009 à 13h41














![[Le 20'12 #7] Dominique de Villepin: «Il faut une politique d'union nationale, sinon nous sommes perdus» [Le 20'12 #7] Dominique de Villepin: «Il faut une politique d'union nationale, sinon nous sommes perdus»](http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/bloc-alaune/villepin_4_0.jpg)





























Les mensonges sur cette candidature qui a dérapé à nous faire croire que M. Jean Sarkosy était un étudiant dont les résultats étaient brillants.
Une partie l'UMP à la botte de l'empereur de M. Coppé, à Mme Balkany à M.Jego celui qui a été sèchement remercié pour ses actions dans les DOM/TOM quelle bassesse.
Non M. Colombani son maintien à la candidature au CA de l'EPAD ne sera pas oublié car il ne faut pas continuer à prendre le citoyen pour un avaleur de couleuvre ne pas confondre politicien et citoyen.
Je crois que M. J.Sarkozy aurait dire qu'il allait d'abord finir ses études trouver un emploi et dans quelques années venir à la politique.
L'UMP a donné une image de politiciens "banniers", le Président l'image d'un despote.
Les commentaires politique de l'UMP,avant 20H, montrent que la décision de la Famille Sarkozy a été prise sans informer les troupes de l'UMP quelle reconnaissance pour le staff politique du Président.
La gauche a-t-elle gagné dans cette affaire certainement pas car elle est toujours aussi pauvre de projets.
Les politiciens doivent réfléchir car les citoyens veulent autre chose que ces histoires d'un autre âge et combien affligeantes.
Le citoyen a gagné par son indignation il a fait reculé le politique, ce dernier devra à l'avenir avoir plus de considération pour l'électeur.
J'attends avec impatience l'édito de M. Coppé sur ce sujet.
En manque de connaissance approfondie du sujet en question mais en pleine conscience de ce qu'est la politique et de comment, dans ce domaine, ce n'est pas forcement une action ou une non-action, une avancée ou un recul qui comptent mais le non ou mauvais timing, je me permets de vous signaler la réponse de El Gato ("Hallucinant") qui dit tout ce qui est au coeur du problème.
Reculer pour mieux sauter ? En tout cas, cette " affaire " laissera des traces sur les plans personnel - crédibilité du chef de l'Etat - et politique ... Le fils renonce à la présidence, tandis que le père a de plus en plus de mal à maintenir le cap pour 2012. La saga Sarkozy continue, sur fond d'incohérence et d'incertitude.
Toute cette histoire, en effet était assez rocambolesque, et sa gestion a consisté à ajouter du grotesque au ridicule.
Jean Sarkozy a bien fait de suivre le judicieux conseil d'Alain Duhamel et de se retirer de cette compétition.
L'opposition va devoir trouver autre chose pour exister. C'est presque dommage pour elle car ainsi que vous le faites remarquer cela avait permis à monsieur Fabius d'intervenir de façon plaisante.
Quant à la reconquête du pouvoir, qui peut dire, si elle a besoin de se faire, si elle se fera ou si elle ne se fera pas ?
C'est une des choses les plus mystérieuses qui soient dans la politique française !
Les deux millions de manifestants dans les rues contre Mitterrand en 1984, ne l'ont aucunement empêché d'être réélu en 1988 !
En revanche, les très nombreux journalistes internationaux qui se sont déplacés pour assister à l'élection de Jean Sarkozy à la présidence de l'Epad - poste, nous dit-on honorifique, qui consistait surtout à vendre des espaces immobiliers dans le monde entier - me font me demander si, finalement il n'était pas, bel et bien, fait pour ce job ?
Certains briguent la présidence de la République Française avec moins que ca : postier (Besancenot), voire rien du tout parfois.
Aux Etats-Unis, des présidents ont été élus sans aucune qualification "institutionnelle" (Reagan, Bush fils et bien d'autres).
Il reste la question de l'age: JS n'a clairement pas assez d'expérience. Mais ce retrait nous aura au moins montré qu'il savait parler, et qu'il le faisait même plutôt bien!
Avant d'accéder à la Maison blanche, Reagan fut gouverneur de Californie (l'Etat le plus peuplé des Etats-Unis) et W Bush gouverneur du Texas.
C'est vrai qu'on ne peut que constater les dégâts.
N. Sarkozy vient d'encore compléter sa longue liste de boulettes: adoption d'un enfant juif dans chaque école, "casse-toi pauvre con", le yacht de Bolloré, Frédéric Mitterrand, Rachida Dati qui se met tout le monde judiciaire à dos, le "descend si t'es un homme", la visite de Pétra, les nuits dans le palace Mexicain du narcotrafiquant, la convocation de salariés de petite taille, les promesses de Gandrange, le discours de Dakar, l'auto augmentation de 200%, la protection de la villa Clavier en Corse, Bigard devant le pape, Martinon parachuté à Neuilly, les propos sur Zapatero, les jeux de mots douteux suite au décès de soldats en Afganistan, le premier ministre traité de collaborateur, la traitrise de M. Besson... Autant de bêtise et toujours là. N. Sarkozy n'a pas le niveau pour diriger un grand pays.
Votre article est assez juste dans l’ensemble, cependant il suscite quelques interrogations et demande quelques précisions sur se qui peut apparaitre incohérent (surtout à la fin) avec le sujet évoqué dans le titre.
Partir d’un sujet sur le recul en politique, d’abord avec un cas précis qui est celui de Jean Sarkozy. Puis montrer qu’il na pas été le seul, que d’autres avant lui ont aussi été « obliger » de reculer, et arriver dans une conclusion sur un autre sujet qui est de savoir comment financer le déficit.., c’est fort !
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Le cas Douillet.
Vous pensez sincèrement que si David Douillet n’avait pas été élu Jean Sarkozy se serait maintenu, ou aurait pu se maintenir coûte que coûte ?
Vous semblez justifier ce recul uniquement sur le fait qu’il soit le fils du président : « Mais, quelle qu'aient pu être les qualités du fils en question - et à France 2 il en a montré quelques-unes - l'affaire était entendue, dès lors qu'il apparaissait évident qu'il ne pouvait briguer cette fameuse présidence parce qu'il était le fils de son père.»
Etait ce la (les) seule(s) raison(s), ou le manque d’expériences la vraie raison ?
Je n’arrive pas à comprendre comment quelqu’un comme vous, ne voit pas le manque d’expérience nécessaire à Jean Sarkozy pour occuper ce poste. Les arbitrages que prend le président de l’EPAD doivent être faits avec un certain recul, une certaine expérience (un vécu) indépendamment des qualités « innées » de la personne et du nombre de conseillers en tout genre pouvant lui mâcher la réponse.
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Sortir de la nasse.
« En outre, cette affaire était en train de donner crédit à ceux qui, dans l'opposition, voire comme plus récemment dans la majorité, dénoncent la concentration des pouvoirs. »
Cette affaire revêt deux aspects.
- L’un symbolique : La nomination du « fils de », au savoir inné (selon ses proches), à un poste acquis (grâce à ses proches), qui est en totale contradiction avec les propos moraliste du président sur la valeur travail et le mérite.
- L’autre réel : L’orientation pour les 50 ans à venir de l’aménagement urbain et du développement économique de l’espace de la Défense.
Il serait même possible d’en rajouter un dernier, révélateur du « mode de fonctionnement de la gouvernance », tant cette dernière à été la risée de tous les média étranger. Ils ont montré (pointés du doigt) comment l’ensemble des ministres et portes paroles en tous genres sont montés au créneau pour défendre le bien fondé de la candidature à la présidence de l’EPAD de Jean Sarkozy, et maintenant défendent avec autant d’ardeur son retrait à la présidence. A croire qu’aucun d’entre eux n’a osé contredire le président de peur d’en supporter sa colère et les conséquences.
La soumission est grande.., même Douillet nouveau venu en politique, est déjà dans le moule de la dépendance cognitive !
Ceci m’amène à penser que le « complot » médiatique qui a orchestré cette affaire (selon les propos de Frédéric Lefebvre) n’était pas national, mais qu’il s’agissait en réalité d’un complot international visant à déstabiliser la présidence...
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L'enjeu: la gestion de la sortie de crise
L’enjeu principal reste les prochaines élections, et donc il faut essayer pour la majorité de se donner une image cohérente entre l’action et le discours présidentiel dont les actes sont souvent en décalages avec les propos.
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PS : « Oubliées donc les lignes de défense de l'Elysée construites pour, selon ses propres dires puisqu'il se savait être la cible principale, se défendre lui-même. »
C’est quoi ce charabia ?
Ne serait ce pas plutôt : « Oubliées donc les lignes de défense de l'Elysée construites pour se défendre lui-même selon ses propres dires puisqu'il se savait être la cible principale. »
Cordialement.
Bonne journée.